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Société

Justice sociale au Québec: trois parcours inspirants

Les progrès sociaux et économiques réalisés de 1960 à 2025 n’ont pas bénéficié à tous de manière égale. Voici trois femmes d’exception qui se sont battues pour les droits des enfants, des travailleuses, des femmes autochtones et des personnes racisées: Régine Laurent, Michèle Audette et Juanita Westmoreland-Traoré.
Par Isabelle Pronovost
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Justice sociale au Québec: trois parcours inspirants

PHOTO: Intexto.ca / droits d'auteur, Sénat du Canada / Marie-Pier Bruneau

L’avocate montréalaise Juanita Westmoreland-Traoré a fait ses premières armes en 1969 – peu de temps après avoir été admise au Barreau – en représentant 10 manifestants traduits en justice à la suite de l’émeute de l’Université Sir George Williams (aujourd’hui Concordia), un événement déclenché lorsque la police a tenté de déloger d’un laboratoire informatique des étudiants qui protestaient depuis 13 jours contre le rejet, par l’établissement, de plaintes de racisme à l’encontre d’un professeur.


Lauréate du Prix Châtelaine: Françoise David
Catégorie: Justice sociale


En 1985, Me Westmoreland-Traoré a été élue présidente du Conseil des communautés culturelles et de l’immigration – mis sur pied par le ministre de l’Immigration de l’époque, Gérald Godin – où elle a formulé des politiques visant à favoriser l’intégration des nouveaux arrivants à la société québécoise. Elle s’est aussi démarquée en devenant la première femme noire à occuper le poste de juge à la Cour du Québec, en 1999.

L’engagement de Michèle Audette s’articule, quant à lui, autour de la cause des femmes des Premières Nations. Dès l’âge de 27 ans, cette Innue-Québécoise a été élue présidente de l’organisme Femmes autochtones du Québec. À la fin de son mandat, en 2004, elle est devenue sous-ministre associée au Secrétariat à la condition féminine, où elle a mis sur pied une politique en matière de violence conjugale tenant compte de la réalité des femmes autochtones.

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Portée à la tête de l’Association des femmes autochtones du Canada, en 2012, elle a mis quatre ans pour obtenir la tenue de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (2016-2018), dont elle a été l’une des cinq commissaires. Elle est membre du Sénat canadien depuis 2021.

Pour Régine Laurent, la défense des femmes passe par l’action syndicale. Quelques années après avoir commencé sa pratique d’infirmière à l’Hôpital Santa Cabrini, dans l’est de Montréal, elle s’est impliquée dans le syndicat local, dont elle est devenue présidente. De 2009 à 2017, elle a présidé la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), où elle s’est battue pour améliorer les conditions de travail des infirmières. «La défense des droits des travailleuses est fondamentale, et elle les a défendues avec vigueur et intelligence», fait valoir Léa Clermont-Dion, chercheuse et chargée de cours en science politique à l’Université du Québec à Montréal.

En 2019, Mme Laurent a pris la barre de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, créée à la suite de la mort de la tristement célèbre «fillette de Granby». Son rapport a mis en lumière les lacunes du système et proposé des solutions concrètes pour mieux protéger les enfants vulnérables.


COLLABORATION À LA RECHERCHE: Marie-Ève Paré

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