Vie pratique

Comment mettre fin à une amitié en 5 étapes

Les relations amicales se métamorphosent avec le temps. Que faire quand elles deviennent insatisfaisantes ou même toxiques ? Voici quelques conseils pour une rupture sans trop de heurts ni de souffrance.

1. Reconnaître les signes

« Comment se sent-on avec l’autre personne ? Il est important d’y prêter attention », conseille la psychologue Andrea Riddle. On n’a plus envie de la voir ? Le niveau de stress monte à l’idée de passer du temps avec elle ? On a l’impression de marcher sur des œufs en sa présence ? Ce sont des signes qui nous indiquent que la relation ne nous nourrit peut-être plus ou qu’elle est même devenue nocive. « Si on se rend compte que le déplaisir est supérieur au plaisir, à ce moment-là, l’amitié va commencer à s’effriter », affirme Josée Jacques, psychologue et professeure au Département de psychologie du Collège de Rosemont.

2. Faire le bilan

La psychologue et coach de vie Sylvie Boucher propose de faire le point sur différents aspects des liens qui nous unissent à l’autre. « On tente de cerner la nature de son malaise, d’évaluer l’importance de cette personne dans sa vie et la possibilité de réparer cette relation pour qu’elle devienne ou redevienne positive », explique-t-elle. On peut amorcer la réflexion seule, mais il pourrait être bénéfique de parler à une confidente et même à une thérapeute.

3. Choisir les mots adéquats

Pourquoi mettre fin à cette amitié ? On doit le comprendre avec précision. « On réfléchit aux comportements ou aux actions qu’on n’apprécie pas chez son ami, aux émotions qui en découlent et aux besoins qui se cachent derrière », suggère Josée Jacques. On essaie aussi de déterminer si on veut réellement rompre ou simplement que certaines choses changent. « Si on pense que c’est irrémédiable, on doit le dire clairement et ne pas laisser une porte ouverte », précise Sylvie Boucher.

4. Avoir une bonne discussion

Les expertes interrogées sont unanimes : choisir un moment opportun pour les deux parties est primordial. L’endroit où aura lieu l’échange compte aussi. « La personne qui espère des changements doit expliquer le tout avec délicatesse, mais avec clarté et en parlant au “je” », recommande Sylvie Boucher. Et elle doit assumer « pleinement la responsabilité de ses pensées, de ses émotions et de ses gestes », précise-t-elle. On craint de se montrer trop émotive ou trop froide ? On appréhende que l’autre personne ne soit pas ouverte à la discussion ou qu’elle réagisse de façon excessive ? On met alors par écrit ses réflexions dans une lettre ou un courriel – les mots choisis sont plus précis. Cela donne aussi à l’autre le temps d’y aller à son rythme au moment de la lecture, selon la psychologue.

5. Apprendre de cette épreuve

Le moment est propice pour une remise en question. « L’amitié est souvent un miroir de qui l’on est », indique Sylvie Boucher. Essayer de comprendre sa responsabilité dans cette rupture permet d’en apprendre beaucoup sur soi-même et sur ses façons de fonctionner. Une prise de conscience qui pourrait nous éviter de répéter certaines erreurs.


Couverture numéro Septembre-octobreCet article est paru dans notre numéro de septembre/octobre.
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