Voyages et escapades

3 destinations hivernales où se lâcher lousse

Comme le dit Vigneault, mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver. Alors aussi bien en profiter ! On trouve ici plein d’endroits magnifiques pour des vacances dans la neige, en famille ou en amoureux. Voici trois idées de séjour mémorable.

Charlevoix

L’incontournable Massif de Charlevoix, inégalable dans la région par son envergure. (Photo : Alain Blanchette)

À l’abri d’une vallée glaciaire

La Malbaie, Charlevoix
La région de Charlevoix en été, c’est admirable. Et ce l’est tout autant pendant la période hivernale. La quiétude et la blancheur des champs, les maisons ancestrales sous leur lourd manteau de neige, les plaques de glace sur le Saint-Laurent, les montagnes qui se profilent au loin… Pas de doute, le décor est ravissant.

Parfait camp de base pour vivre l’hiver charlevoisien, La Malbaie se démarque par sa proximité de la Vallée des glaces – c’est ainsi qu’on appelle le parc national des Hautes-Gorges-de-la-RivièreMalbaie durant la froide saison. La rivière est la star des lieux. Lorsqu’elle gèle, elle se transforme en un vaste terrain de jeu : plus de 7 km où l’on peut patiner, skier et pédaler en vélo à pneus surdimensionnés entre des falaises de roc de plus de 800 m de hauteur.

Charlevoix

Le mont Grand-Fonds : des pistes à découvrir. (Photo : André Olivier Lyra)

Les amatrices de ski alpin peuvent satisfaire leur passion au Mont GrandFonds, à 15 km de La Malbaie. Sans avoir l’envergure du Massif de Charlevoix, cette station tire son épingle du jeu avec un dénivelé engageant de 335 m, de la neige en quantité industrielle (moyenne de 5 m par saison) et un versant horspiste comprenant des couloirs qui ne sont pas l’apanage des experts. Mais son trésor caché, ce sont ses 35 km de pistes de ski de fond qui serpentent dans l’arrière-pays, nous menant dans un environnement montagnard à la forêt clairsemée.

Pour celles qui ne craignent pas l’eau froide, l’entreprise d’aventure Katabatik offre plusieurs sorties en kayak de mer sur le fleuve Saint-Laurent en mars et avril. Pagayer entre les glaces, les phoques et les hareldes kakawis (des canards maritimes hivernant dans l’estuaire), tout en contemplant les falaises de Capà-l’Aigle, c’est magique !

En quête de sensations fortes ? La via ferrata La Charlevoix nous propose de surplomber le Saint-Laurent en parcourant un itinéraire de 500 m aménagé sur la paroi rocheuse au sommet de laquelle se dresse le Manoir Richelieu. Plaisir, sueurs froides et joues rouges sont au rendez-vous !

Le coin regorge aussi de bons restaurants. Dans la sympathique rue Richelieu se concentrent plusieurs excellentes adresses comme Chez Truchon (table d’hôte trois services à 44 $), le Resto Tandem (environ 150$ pour deux, vin, cocktails et café inclus) et l’Auberge La Marmite (table d’hôte trois services pour 38$).

Pour un cadre plus décontracté (et abordable), on se dirige vers le centre-ville afin d’aller reprendre des forces au resto-pub Belles et Bum, qui met le terroir à l’honneur avec ses burgers et autres plats réconfortants, comme des côtes levées, des tartares et des poutines.

Soif de découvertes ? Les adeptes de spiritueux n’hésitent pas à faire un petit détour chez Menaud, une distillerie et brasserie de Clermont – à 6 km de La Malbaie. On y déguste vodkas et gins produits exclusivement avec des grains de Charlevoix, ainsi que des bières raffinées, dont les brassins varient en fonction des saisons.

Place à la détente dans la piscine du Manoir Richelieu. (Photo : André Oliver Lyra)

Berceau de la villégiature au pays, La Malbaie possède un vaste choix d’hébergement, dont l’iconique hôtel Fairmont Le Manoir Richelieu, avec ses piscines et bains à remous intérieurs et extérieurs ouverts à l’année, ainsi que son bain de vapeur à l’eucalyptus (à partir de 200$ la nuit).

Pour une ambiance grande nature, rien de tel que le parc national des HautesGorges-de-la-Rivière-Malbaie, où 10 chalets Écho accueillent les exploratrices dans un décor digne des magazines d’architecture. À travers l’imposante fenestration de ces logis tout équipés (autour de 200$ la nuit), on contemple le Cran des Érables, une gigantesque falaise qui change de couleur au fil de la journée.

Pour une vue à couper le souffle, on va à l’assaut du mont Olivine, dans le parc national de la Gaspésie. (Photo : Roger St-Laurent)

Dans les grands espaces de l’Estuaire

Sainte-Anne-des-Monts, Gaspésie
Il y a belle lurette que la Gaspésie n’hiberne plus. Le secret s’est ébruité : les hauts sommets des Chic-Chocs, l’épine dorsale de la péninsule, reçoivent une quantité astronomique de belle neige duveteuse chaque année. Bien sûr, il y a les conditions hivernales et la longue route à parcourir pour se rendre à Sainte-Anne-des-Monts, qui en est la porte d’entrée. Mais une fois sur place, on ne le regrette pas !

Dès qu’on dépose ses bagages dans cet éden blanc, on se sent en vacances. Sur les rives de l’estuaire, une balade sur la grève nous plonge dans une délicieuse aventure maritime d’hiver où chaque paysage est instagrammable.

Pour explorer les alentours, on loue un vélo à pneus surdimensionnés à la boutique Biseak (de «bicycle» et «sea») pour environ 30$ la demi-journée.

Si l’on préfère le ski de fond, le club local Les Lynx propose une vingtaine de kilomètres de pistes aménagées à deux pas de la ville. À 30 minutes de Sainte-Anne-desMonts se déploient les immensités sauvages du parc national de la Gaspésie, paradis de neige unique dans la Belle Province. Ce territoire protégé possède les plus hautes montagnes du Québec méridional, avec 25 sommets de plus de 1000 m.

Un défi pour les plus aguerries, le mont Hog’s Back. (Photo : Steve Deschênes)

Nul besoin d’affronter les plus grands reliefs pour être éblouies, car plusieurs pistes tout en douceur mènent à des panoramas extraordinaires. C’est le cas du sentier qui sillonne le mont Ernest-Laforce, un 4km aller-retour qui se parcourt en deux heures. De là-haut, la vue sur le mont Albert est renversante.

Pour les plus aguerries, le mont Hog’s Back représente un beau défi avec ses 450m de dénivelé. Une fois sur son sommet dénudé, on a l’impression de toucher le ciel, rien de moins. Une magnifique (mais difficile) rando de 6,4 km aller-retour qu’on parcourt en raquette ou à pied, en une demi-journée.

Intriguées par le ski de haute route, qui se fait à l’écart des remontées mécaniques ? Le parc national de la Gaspésie est l’endroit idéal pour s’y initier. Son École de montagne offre des sorties guidées en terrain enneigé où l’on apprend à manipuler des détecteurs de victimes d’avalanche et autres bidules indispensables afin de manœuvrer en toute sécurité. Ensuite, place à l’euphorie de la descente en traçant ses propres pistes dans la neige folle, entre les épinettes éparses !

Le mont Logan, un des sommets des Chic-Chocs, les « Alpes québécoises ». (Photo : Jérôme Landry)

Pour l’après-ski, rendez-vous au bistrobar panoramique du Gîte du Mont-Albert, niché au pied des « Alpes québécoises », ou à la microbrasserie Le Malbord, qui se dresse face à l’immensité du Saint-Laurent.

Pour se loger, on a l’embarras du choix en Haute-Gaspésie, de la mignonne auberge au motel, en passant par l’hôtel quatre étoiles.

Une suggestion : les chalets du lac Sainte-Anne, dans la réserve faunique des Chic-Chocs, qui se trouvent tout près de nombreux sentiers fort intéressants (à partir de 150$ la nuit).

La région de Banff est populaire autant pour son décor grandiose que pour le ski. (Photo : Noel Hendrickson)

Décor de carte postale

Parc national de Banff, Alberta
La ville de Banff est unique en son genre. Blottie dans les Rocheuses albertaines, elle est une des rares au Canada à être située à l’intérieur d’un parc national, l’un des plus vastes au pays.

Ici, les montagnes nous encerclent. Les pistes de trois domaines skiables s’y déroulent: Sunshine Village, Lake Louise et Mt. Norquay. La particularité des stations de Banff, c’est que, protection du milieu naturel oblige, il n’y a aucun village en carton-pâte au pied des pentes, et donc pas de condos jet-sets, de bars bruyants ni de casinos. Que de la neige et du ski!

À 20 minutes de la ville de Banff, se trouve Sunshine Village, seule station en Amérique du Nord accessible uniquement en télécabine ultrarapide. Les skieurs arrivent au creux d’un amphithéâtre en forme d’arc proposant 120 pistes réparties sur trois montagnes et deux provinces (Alberta et ColombieBritannique). Neuf mètres de neige s’y déversent chaque année. On y va autant pour le décor grandiose que pour le ski.

Les plaisirs à Lake Louise ne se limitent pas au vertige des pentes. La Great Divide Trail ravit les skieurs de fond. (Photo : Noel Hendrickson)

Deuxième arrêt, Lake Louise Ski Resort, où se tiennent chaque année les épreuves de la Coupe du monde de ski alpin. L’immensité de ce centre de 145 pistes le rend comparable aux domaines de ski européens qui s’explorent de télésiège en télésiège. Bien que dotée de pistes double diamant en abondance, la station comporte une grande sélection de descentes faciles.

Quant à Mt. Norquay, à un jet de boule de neige de Banff, cette petite station locale est l’endroit parfait pour une excursion en famille.

Mais Banff ne se résume pas au ski vertigineux et aux wapitis qui déambulent le long de la route Transcanadienne. Le ski de fond y occupe aussi une place de choix. Plusieurs pistes serpentent en périphérie du village. D’autres font leur chemin dans les montagnes, comme à Lake Louise, offrant des panoramas à couper le souffle.

Les divines Rocheuses se découvrent également en raquette et à pied. Un incontournable: l’exploration du canyon Johnston et sa chute figée de 30 m de hauteur.

Se mesurer aux versants des Rocheuses entraîne son lot de fatigue musculaire. Le remède parfait aux courbatures: les sources naturelles d’eau chaude de Banff, un site historique à l’origine de la création de ce parc national en 1885. À 4 km de la ville, sur le mont Sulphur.

Rue de la ville de Banff, animée le soir. (Photo : Noel Henrickson)

Côté hébergement, deux hôtels légendaires se trouvent dans les parages : le Fairmont Banff Springs (à partir de 450 $ la nuit) et le Fairmont Château Lake Louise (à partir de 380$ la nuit). Y séjourner, c’est un rêve. Évidemment, les frais y surpassent parfois l’altitude des montagnes environnantes… Mais Banff possède des logis pour tous les budgets. Alors, nul besoin de s’astreindre au camping d’hiver.

Si, au pied des pentes, la quiétude règne, il en va tout autrement à Banff. La ville foisonne de pubs, de bars et de bons restaurants. Le bœuf et le bison, sources de fierté des Albertains, occupent une place de choix sur les ardoises. Que les végétariens se le tiennent pour dit: il ne sera pas facile, ici, de respecter leurs principes… Mais en Alberta, on fait comme les Albertains, non ?