Culture

12 classiques d'ici à lire en ces temps de COVID-19

C’est le moment ou jamais de plonger dans ces classiques qu’on se promet toujours de lire. Personne ne sait pour combien de temps on sera en confinement. COVID-19 oblige. Et, pour les prochaines semaines, nul n’a envie de rester collé à son écran… Pourquoi ne pas en profiter pour faire découvrir toute la richesse de la littérature d’ici à la maisonnée ?

Voici quelques suggestions de livres qui résistent au passage du temps.

 

L’avalée des avalés

Bérénice Einberg, une jeune fille de 11 ans révoltée et anticonformiste, raconte sa relation conflictuelle avec ses parents, son amour pour son frère et son exil à New York et en Israël. Portée par une prose poétique et insoumise, l’œuvre de Ducharme outrepasse les frontières de la littérature québécoise et chante l’hymne à la liberté d’un peuple en marche vers la Révolution tranquille.

L’avalée des avalés, Réjean Ducharme, Gallimard, Les libraires, 17,95 $

 

 Dolce Agonia

Lors d’un repas de l’Action de grâce, 12 convives voyagent au cœur de leurs souvenirs et de leurs désillusions pour partager leur vision de la vie, de l’amour et de la mort. Alors que les personnages se gorgent d’illusions sur leur avenir, Dieu tient malicieusement le lecteur informé du destin qu’il réserve à chacun d’entre eux. Réflexion sur la mémoire et le temps, ce roman prodigieux explore comment l’Histoire et ses grandes tragédies s’enracinent au cœur de notre propre existence.

Dolce Agonia, Nancy Huston, Actes Sud, Amazon, 17,99 $

 

Volkswagen Blues

Dans ce roman d’errance inspiré de Jacques Kerouac, un écrivain se lance à la recherche de son frère Théo, dont il est sans nouvelle depuis plusieurs années. En compagnie d’une jeune métisse surnommée « la Grande sauterelle », son périple le conduira de Gaspé à San Francisco, sur les traces d’un héritage canadien-français empreint de violence et de liberté.

Volkswagen Blues, Jacques Poulin, Leméac, Renaud-Bray, 13,95 $

 

Nikolski

À l’aube de la vingtaine, trois personnages quittent leur lieu de naissance pour entamer une longue migration vers Montréal. À travers des erreurs de parcours, des amours défectueuses et des arbres généalogiques tordus, ils se croient seuls. Pourtant, par une étonnante symétrie quotidienne, ils ne cessent de se croiser. Fable d’une précision chirurgicale sur les liens familiaux et l’exil, Nikolski rend hommage au pouvoir de la littérature dans une société ébranlée par la consommation à outrance.  Nikolski, Nicolas Dickner, Alto, 9,99 $

 

Une saison dans la vie d’Emmanuel

Porté par un souffle lyrique envoûtant, ce quatrième roman de Marie-Claire Blais s’inscrit dans un univers littéraire peuplé d’enfances solitaires et d’innocences bafouées. Dans le Québec froid et hostile de la Grande Noirceur, des gamins cherchent, accrochés aux jupes de leur grand-mère, à préserver les derniers soubresauts de leur enfance. Alors que leur avenir est occulté par la pauvreté, l’inceste et la violence, ils trouvent, dans la richesse de la poésie et du rêve, l’audace de la rébellion. Prix Médicis en 1966.

Une saison dans la vie d’Emmanuel, Marie-Claire Blais, Boréal, 17,95 $

 

Putain

Il y a un peu plus de dix ans, l’écrivaine Nelly Arcan mettait fin à ses jours, laissant en héritage une plume lucide, empreinte de colère et de désespoir. Son œuvre la plus marquante, Putain offre une incursion brute dans la psyché d’une prostituée en attente de son prochain client. Cette autofiction viscérale et torrentielle prend la forme d’un cri de révolte envers la tyrannie de la beauté et la violence du désir masculin.

Putain, Nelly Arcan, Seuil, Archambault, 22,95 $

 

L’énigme du retour

Dans ce roman grave, d’une poésie tant onirique que réaliste, Dany Laferrière interroge les racines de l’identité et les limites de l’exil à travers le retour aux origines d’un homme appelé au chevet de son père mourant, dans son Haïti natal. Trente-trois ans après son départ, il redécouvre une île empreinte des échos de son enfance. Un récit universel, bercé d’une douce humanité.

L’énigme du retour, Dany Laferrière, Boréal, 24,95 $

 

La femme qui fuit

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a jamais connu sa grand-mère, Suzanne Meloche. Femme révoltée, cette artiste est aux côtés des Borduas, Riopelle et Barbeau – elle est en couple avec ce dernier – au moment de la signature du Refus global en 1948. Très tôt, elle abandonne mari et enfants, et devient poétesse, peintre et militante. À contre-courant, elle a su se libérer des carcans qui entravaient la liberté des femmes. Une plongée fascinante dans l’histoire artistique du Québec.

La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette, Marchand de feuilles, Les libraires, 23,95 $

 

Le roman de Julie Papineau, tome 1 : La tourmente

« Derrière chaque grand homme se cache une femme », dit l’adage. C’est le pari que s’est lancé Micheline Lachance en donnant vie à Julie Papineau, épouse déterminée et dévouée du chef des Patriotes. Alors que son homme est contraint de fuir aux États-Unis lors de la célèbre bataille de Saint-Denis, la jeune femme demeure campée et lucide dans ses convictions. Personnage complexe et passionnant, Julie Papineau incarne toutes les contradictions de l’époque et témoigne des pas de géants réalisés par les femmes.

Le roman de Julie Papineau, tome 1 : La tourmente, Micheline Lachance, Québec Amérique, Librairie Gallimard, 9,99 $

 

Le plongeur

Immersion étourdissante dans l’univers méconnu de la restauration, le premier roman de Stéphane Larue entraîne le lecteur dans les entrailles du Montréal nocturne. Entre la cacophonie des casseroles et l’odeur de friture, les excès grisants et les amours de passage. Parmi une galerie mouvante de personnages, un jeune homme de 20 ans tente de juguler son obsession pour le jeu. Le plongeur est un poème chaotique, un thriller hyper réaliste sur la dépendance sous toutes ses formes.

Le plongeur, Stéphane Larue, Le Quartanier, Renaud-Bray, 18,99 $

 

Les Fous de Bassan

Été 1936. Dans un village du Québec où le fleuve a l’immensité de la mer, Olivia et Nora, deux adolescentes enviées et désirées pour leur beauté, sont retrouvées mortes sur le rivage. À travers les points de vue et les lettres de différents habitants du village, une tragédie se joue, dévoilant peu à peu son secret. Anne Hébert esquisse les contours d’une communauté emmurée dans le déni et la loi du silence dans ce roman qui n’a rien perdu de sa pertinence.

Les Fous de Bassan, Anne Hébert, Points, Les libraires, 13,95 $

 

Maryse

À la fois satire sociale, chronique des années 1970 et roman d’apprentissage, Maryse évoque avec ironie et lucidité l’effervescence de cette décennie d’émancipation, des rapports amoureux faussement libérés aux idéologies d’un milieu intellectuel embourbé dans ses privilèges. De sa plume féroce et fulgurante, Francine Noël raconte les espoirs d’une femme que ni l’époque, ni le milieu, ni les hommes ne réussiront à entraver.

Maryse, Francine Noël, Leméac, Renaud-Bray, 17,95 $