Culture

L’invention d’un visage, de Mathieu Laca : un roman hors normes

Le peintre Mathieu Laca sort son premier roman, L’invention d’un visage. Le résultat : une fiction ambitieuse où l’art transcende toutes les limites tangibles.

Le grenier d’un immeuble situé rue Notre-Dame, à Montréal, est le fil qui relie deux époques qui se réflètent en miroir dans cette histoire de passions. Antoine a 17 ans quand la peinture devient sa vocation. Étudiant, il partage son temps entre son studio près de l’université et un atelier dans le Vieux-Montréal. Puis, survient un bête accident sans gravité pour la plupart des gens – mais pas pour un peintre. En raison de séquelles neurologiques, Antoine n’arrive plus à reconnaître les visages. (En termes scientifiques, il s’agit de prosopagnosie.)

Tant pis, ces visages, il les imaginera à travers son art…

Un jour, derrière une cloison de son atelier, il découvre une toile : Autoportrait, Émile Aubin, 1920. Dès lors, il partira sur les traces de cet artiste dont le tableau est doté de propriétés magiques.

« Avalé par la spirale du temps », Antoine va rencontrer Émile. Ce fils de médecin a habité l’immeuble, de 1910 à 1929, qui a abrité L’Atelier de l’Arche, société regroupant des artistes rebelles qui se nommeront la Tribu des Casoars. Émile lui confiera qu’il a combattu en Europe pendant la Première Guerre mondiale afin de ne pas être séparé d’un homme qu’il ne pouvait aimer au grand jour.

Ébranlé par ces révélations, Antoine ignore qu’il n’en n’a pas fini avec les événements insolites. Après une nuit torride avec un inconnu, celui-ci, en le quittant, lui lance son prénom : Sébastien. C’est son ami d’enfance qu’il n’a pas reconnu ! Et le garçon qu’il a toujours aimé…

Intense, ce roman explore plusieurs pistes, en faisant une large place aux allers-retours spatio-temporels, aux phénomènes paranormaux et au symbolisme. Un travail de virtuose.

Mathieu Laca Auteur

Photo : Julie Langenegger Lachance

L’auteur

Mathieu Laca est né en 1982 à Laval, où il habite avec Jean, son mari. Adolescent solitaire, il est toujours plongé dans les livres, particulièrement dans L’étranger de Camus, avec qui il se reconnaît une parenté. Deux professeurs décèlent ses aptitudes artistiques et l’orientent vers des études en art. Il décrochera d’ailleurs un bac en arts visuels de l’Université Concordia.

Le reste appartient à l’histoire…

Mathieu Laca peint principalement des portraits d’artistes, œuvres qu’il réalise à l’huile avec des empâtements. Le résultat est saisissant : visages embrouillés pourtant parfaitement reconnaissables, entre autres Michel Tremblay, Samuel Beckett, Riopelle, Margaret Atwood et, bien sûr, Camus.

Peintre célébré et dont les toiles s’envolent, Mathieu Laca aborde maintenant l’écriture avec la même fougue.

L’invention d’un visage, de Mathieu Laca, Leméac éditeur, 280 pages.

 

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