Tout sur les tulipes

De la couleur au jardin dès le début du printemps? Pensons tulipes! Et préparons-nous cet automne à planter nos bulbes.

 
Photo: Unsplash/Kwang Mathurosemontri

Les tulipes sont originaires des régions montagneuses de Turquie et d’Asie centrale, où les hivers sont froids et les étés, frais et secs. Là-bas, ce sont des vivaces robustes et durables. Mais quand elles poussent dans des climats plus humides, dans des terres plus riches ou lorsque l’été est très chaud, bien des tulipes hybrides, après s’être épanouies pleinement pendant quelques années, deviennent plus petites ou ne fleurissent plus du tout. Dans de telles conditions, il arrive même parfois que les bulbes disparaissent. Il faut se rappeler que plus on plante les bulbes profondément et que plus le sol est bien drainé, plus les tulipes seront résistantes. Il est nécessaire de choisir avec soin les variétés à planter. On obtiendra un plus bel effet en en combinant plusieurs au même endroit.

Disposition des bulbes

On plante les bulbes entre des groupes de grosses fleurs vivaces à feuillage luxuriant, comme des pivoines, des pigamons ou des hémérocalles, qui aideront à camoufler les feuilles des tulipes lorsqu’elles fanent. Si on ne peut résister à l’envie de s’offrir des massifs de tulipes colorées, mais qu’on aime moins les feuilles jaunies qui s’ensuivent, on les traite comme des annuelles: on retire les bulbes de la terre une fois la floraison terminée. On sera assurée d’avoir de belles fleurs colorées chaque printemps et, en prime, on pourra essayer de nouvelles variétés ou agencer les couleurs différemment d’une année à l’autre.

Bien choisir les bulbes

Les gros bulbes sont préférables, car les petits donnent de petites fleurs. On évite les bulbes mous, gorgés d’eau ou qui portent des traces de moisissures. Les bulbes de tulipes ont une pelure qui ressemble à celle de l’oignon; une «pelure» relâchée ou déchirée peut accélérer l’apparition de racines une fois le bulbe planté. Si on ne peut mettre les bulbes en terre tout de suite après les avoir achetés, on les conserve dans un sac de papier, dans un endroit sombre et frais.

Trois étapes de plantation

1. On place les bulbes dans la terre, côté pointu vers le haut. La grosseur du bulbe déterminera la profondeur – généralement, on creuse un trou égal à trois fois la hauteur du bulbe. On espace les gros bulbes de 7 à 15 cm et les petits, de 3 à 6 cm.

2. Si on veut que les bulbes fleurissent année après année, on ajoute de l’engrais pour plantes à bulbe en suivant les directives du fabricant.

3. On couvre les bulbes de terre et on arrose généreusement. Quand le sol commence à se refroidir (en octobre ou en novembre, selon la région où on habite), on les couvre d’un paillis de 5 à 8 cm d’épaisseur (compost, fumier, écorces de bois ou feuilles déchiquetées…) pour en préserver l’humidité et on protège l’espace où sont plantés les bulbes pendant l’hiver.

Photo: Unsplash/Rupert Britton

 

Quelques conseils en rafale

– Les tulipes ont besoin de froid pour fleurir. Plus le climat est froid, plus on doit planter les bulbes tôt à l’automne, idéalement six semaines avant que le sol ne gèle.

– Les tulipes poussent mieux au grand soleil. Un peu d’ombre ne nuit pas, du moment que les fleurs profitent d’au moins six heures de soleil par jour. Il faut assurer un bon drainage du sol: s’il est trop mouillé, les bulbes risquent de pourrir pendant l’hiver.

– Pour préparer le terrain où on plantera les bulbes, il est nécessaire de travailler la terre avec une fourche à bêcher. On retire les cailloux et les mauvaises herbes. On creuse une tranchée ou un trou bien large; on peut aussi faire des trous séparés pour chaque bulbe ou planter les bulbes par grappes.

– Avec les tulipes, moins ce n’est pas mieux. La plupart des gens sont trop parcimonieux au moment de planter les bulbes des tulipes. Pour avoir un bel effet, des bouquets généreux sont préférables à quelques fleurs par-ci, par-là. Dans le jardin, on essaie de former au moins trois groupes de six à douze bulbes disposés en triangle, la pointe supérieure du triangle vers l’avant. On évite d’aligner les bulbes comme de petits soldats!

– Il faut les protéger. Les bulbes sont très vulnérables quand on vient de les mettre en terre, alors que le sol qui les entoure est encore meuble. Si des écureuils risquent de venir les manger, on doit les planter plus profondément, tasser bien la terre et placer des feuilles sur le sol pour cacher les trous qu’on a creusé. Si on croit que cela ne suffira pas à éloigner les intrus, on place du grillage sur le terreau et on maintient le tout en place à l’aide d’un gros fil de fer.

– Et quand les fleurs sont fanées? On les enlève; cela permettra à la plante de concentrer son énergie à renforcer son bulbe au lieu de produire des graines. On laisse le feuillage en place pour permettre au bulbe de refaire ses forces pour le printemps prochain. En effet, les feuilles ont une tâche essentielle à accomplir: elles utilisent l’énergie du soleil pour fabriquer des nutriments qui seront emmagasinés dans le bulbe pour la prochaine floraison.

– Le feuillage jaunit et se dessèche. Il faut compter environ six semaines, puis le couper. Si on veut se débarrasser des feuilles plus tôt, on choisit des tulipes hâtives.

– Le printemps prochain, lorsqu’on verra les tulipes commencer à sortir de terre, on aspergera les jeunes plants d’engrais pour plantes à bulbe.

Photo: Unsplash/Ad Muller

Les périodes de floraison

– Hâtives : La Purissima, aussi conne sous le nom de White Emperor, est une tulipe d’un beau blanc pur appartenant à la famille Fosteriana. Madame Lefeber, de la même famille, est aussi connue sous le nom de Red Emperor. Les Heart’s Delight de la famille Kaufmanniana de même que les Red Riding Hood et les Donna Bella, en crème et rouge, de la famille Greigii, fleurissent toutes très tôt en saison : avril-début mai, dans la région de Montréal.

– Hybrides : Certaines variétés de tulipes existent à l’état naturel. Elles ont été utilisées pendant des siècles pour créer les tulipes d’aujourd’hui, que l’on appelle tulipes hybrides. Pour une floraison hâtive ou à la mi-saison, on essaie des variétés comme la Tarda, qui déploie une fleur blanche et or, en forme d’étoile, la Turkestanica, la Tulipa batalinii Bright Gem ou la Tulipa praestans Fusilier.

– Mi-saison : La Bastogne, de couleur rouge sang, la Don Quichotte, rose-mauve et la Early Glory, pourpre fuchsia, font partie de la famille Triomphe. Elles sont plus courtes que celles de la famille Darwin, qui comprend entre autres la tulipe Apeldoorn, d’un beau rouge vif, la Holland’s Glorie et la Pink Impression. Ces tulipes fleurissent à la mi-mai à Montréal.

– Tardives : Les tulipes simples tardives (fin mai-début juin) sont reconnues pour leur fleur opulente, leur grande variété de couleurs et leur tige très longue. Elles sont magnifiques en bouquets. Parmi les variétés les plus prisées, on trouve la Queen of Night, d’un violet marron velouté presque noir, ainsi que la Maureen, toute blanche, la Menton, rose tendre et l’Angélique, d’un beau rose pâle très odorante.

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