Voyages et escapades

Guadeloupe: la destination pour se la couler douce

Balades dans la forêt tropicale, le jour, repas aux accents créoles, le soir, l’archipel français se parcourt autant qu’il se savoure. Et c’est bon.

La passerelle de bois suspendue entre les arbres à 20 mètres de hauteur s’étire sur des dizaines de mètres. Je m’y aventure d’un pas assuré… avant de ralentir, alors que son tablier tangue sous l’impulsion de la personne qui me précède.

Je sens tout à coup mon aplomb ramollir. Qu’à cela ne tienne, pas question de rebrousser chemin. J’éprouve une joie quasi enfantine à marcher en tentant de garder mon équilibre. Me voici entourée du vert profond de la forêt tropicale, tout près de la cime des palmiers et des goyaviers. Au-dessus de nos têtes, les acajous tendent un dôme feuillu.

Nous avancerons ainsi dans la canopée pendant une trentaine de minutes, traversant une quinzaine de passerelles, d’abord à 10 mètres du sol, puis à 20, bien protégés par de hautes rambardes, dans la chaleur moite de la Guadeloupe.

Photo: Getty Images/Nadejda Sacara

Cet archipel des Antilles offre une variété de paysages que je me suis réjouie de découvrir en sortant du tout-inclus où je logeais, le Club Med La Caravelle. En moins d’une heure de bus, les plages de sable blanc bordées de cocotiers ont fait place à un relief escarpé couvert de la luxuriante végétation typique de la forêt tropicale.

Entre les deux, une succession de hameaux aux habitations de tôle cèdent la place tantôt à des champs de canne à sucre, tantôt à des plantations d’ananas, si étonnantes la première fois qu’on en voit. Chaque plant n’offre qu’un seul fruit, perché au centre d’un bouquet de longues feuilles lisses. Dans le sud de Basse-Terre – la plus grande des six îles (et de la multitude d’îlets inhabités) qui forment la Guadeloupe –, le volcan La Soufrière, toujours actif, laisse échapper des fumerolles que les randonneurs peuvent observer de près après un trekking assez sportif d’environ deux heures.

Toucan

Toucan au Zoo de Guadeloupe. (Photo: iStock.com/Kynny)

Farniente et joie de vivre

À 4 h 45 min de vol de Montréal, direction plein sud, ce territoire français d’outre-mer offre la douceur de vivre des Caraïbes et l’accueil chaleureux de ses 400000 habitants, qui parlent créole et français.

«Il n’y a rien de venimeux dans cette forêt, ni araignées, ni serpents », nous a rassurés notre guide avant notre promenade au sommet des arbres. Ce parcours constitue le point d’orgue de la visite du Zoo de Guadeloupe. Un zoo qui n’a rien à voir avec ceux qu’on a l’habitude de fréquenter en Amérique du Nord. Installés à même la végétation naturelle, les enclos et les cages vitrées sont répartis de part et d’autre d’un étroit sentier de bois qui monte en pente douce sur la colline et qu’il suffit de suivre. Au fil de la visite, on découvre des iguanes, des mangoustes, de grosses tortues charbonnières, des aras et des toucans, ainsi que près de 80 autres espèces animales des Caraïbes et de la Guyane. Des grappes de fleurs tropicales décorent l’endroit : roses de porcelaine, Alpinia purpurata rouges et rose bonbon, oiseaux de paradis, daturas blancs en forme de trompettes… Un ravissement pour les yeux.

 

marchande

Les marchés regorgent de fruits et de légumes locaux. (Photo: Robert Harding/Doug Scott/Age Fotostock)

Couleur caribéenne

Contrairement au Mexique ou à la Jamaïque, où les voyageurs n’ont parfois pas le choix d’être sur leurs gardes, la Guadeloupe offre un havre tranquille. Le lendemain, je pars avec deux copines rencontrées au tout-inclus explorer le centre-ville de Sainte-Anne, ville côtière de 25 000 habitants que j’aperçois au loin, depuis la plage de l’hôtel.

Chemin faisant, je découvre un sympathique petit marché aux épices installé en bord de mer. «Viens goûter, ma chérie ! » me lance Mimos, une marchande à la quarantaine joyeuse. Elle plonge une pelle à épices dans l’un de ses odorants mélanges moulus, présentés en vrac dans des sacs de madras, ce tissu à carreaux de couleurs vives typique des Antilles. Le nez dans le colombo, un assemblage ambré d’une douzaine d’épices où dominent le curcuma, la coriandre, la moutarde, le paprika et le cumin, je cède à la tentation. J’en achète un sachet pour quelques euros. Oui, des euros.

Après tout, ici, c’est la France!

Tous les marchands, ou presque, proposent aussi une collection de bouteilles de punch artisanal peintes à la main, qui dessinent sur les étals de véritables arcs-en-ciel. Ananas, goyaves et fruits de la passion y macèrent dans le rhum.

 

Piscine guadeloupe

Piscine à débordement avec vue sur l’océan. (Photo Club Med)

L’esprit Club Med

Je passerai le reste de ce séjour à profiter du confort du Club Med La Caravelle, tout juste rénové et agrandi au coût de 65 millions de dollars, sur l’une des plus belles plages de la Guadeloupe. Protégée de l’assaut des vagues par une barrière de corail, la longue bande de sable blanc descend doucement dans l’eau turquoise et chaude. Des transats nous attendent à l’ombre des palmiers.

En faisant le tour du propriétaire, je m’attarde entre autres au nouvel Oasis Zen, réservé aux adultes, où l’on peut se rafraîchir dans la piscine à débordement avec vue sur l’océan, ou encore se laisser traiter aux petits oignons au spa. J’y reçois d’ailleurs un vigoureux gommage suivi d’un soin de réflexologie, un massage des pieds assez efficace pour que mon esprit s’évade.

À l’autre bout du complexe, des suites pour les familles viennent de sortir de terre. Décorées avec goût – touches de bleu et de vert, ameublement contemporain, imprimés qui évoquent la végétation des tropiques –, les chambres du complexe n’ont cependant pas le luxe des hôtels quatre ou cinq étoiles, alors qu’elles coûtent environ le même prix.

De toute façon, si on vient au Club Med, ce n’est pas pour se cloîtrer à l’intérieur, mais pour vivre une expérience. Ici, par exemple, on voudra profiter des activités diversifiées – du trapèze à la planche à voile –, des équipements sportifs neufs et de qualité et, surtout, de l’accueil et de l’encadrement des fameux G.O. (gentils organisateurs), présents en grand nombre et prêts à nous enseigner la planche aérotractée (kitesurfing) l’après-midi et à chauffer la piste de danse le soir.

Que nous souhaitions perfectionner notre coup de raquette ou expérimenter un nouveau sport, ces G.O. font preuve du même empressement à notre égard. Je peux l’observer auprès de Maxime, le moniteur de tir à l’arc à la patience d’ange, un jeune homme svelte dans la vingtaine venu de la France métropolitaine. Novice en la matière, je mets à profit ses judicieux conseils, jusqu’à ce que, débordante de fierté, j’atteigne le centre de la cible.

En kayak et sur planche à bras (paddle board), le lendemain, je fais le tour – trop vite à mon goût – du petit espace autorisé devant le complexe hôtelier. La prochaine fois… je prendrai le large en catamaran!

À la tombée de la nuit, alors que le chant des cigales emplit l’air, je me plie au code vestimentaire en vigueur ce soir-là: «funky chic». Je l’avoue, quand je suis partie de Montréal, j’ai fait mes valises en ronchonnant, cherchant dans ma garde-robe ce qu’il me fallait pour respecter la thématique de chaque soirée, comme «blanc et couleurs» et «bleu et blanc». C’est une fois sur place, entourée de convives souriants tous habillés dans les mêmes tons, que je me laisse gagner par l’esprit festif du Club Med.

 

Enfants à la plage

Havre tranquille, l’archipel est une belle destination familiale. (Photo: Getty Images/Rebecca Nelson)

Paradis des familles

Les enfants ne sont pas laissés-pourcompte, avec les «clubs» conçus pour eux selon leur groupe d’âge. Après s’être rafraîchis dans les glissades d’eau et autres jeux aquatiques, les plus dégourdis apprennent ce jour-là une chorégraphie sur un air de Shakira.

David Lévesque et Mélissa Berger, croisés au lounge de l’hôtel à l’heure de l’apéro avec leurs deux enfants, aiment bien cette approche où l’on a pensé à tout le monde. Ce couple d’entrepreneurs de Rivière-du-Loup, habitué des tout-inclus en Jamaïque et au Mexique, a choisi le Club Med cette année justement pour ça.

«Dans les pays où les gens parlent anglais ou espagnol, on hésite davantage à envoyer les enfants au service de garde parce qu’on ne sait pas si les monitrices vont les comprendre», dit Mélissa, pendant que ses deux blondinets de quatre et six ans, Marilou et Matteo, font du coloriage sur une table basse. La famille profite de ses vacances en passant la journée à la plage, puis de 15 h à 17 h, les parents jouent au tennis tandis que les enfants s’amusent au Mini Club. «Ailleurs, on finit par faire la crêpe au soleil toute la semaine», remarque David.

Autre particularité des Club Med: ici, pas de restaurants à la carte sur réservation, asiatique, indien, italien… comme dans la majorité des tout-inclus. Et on y gagne au change. Le chef, Simon Chazelle, originaire d’Auvergne, en France, offre un généreux éventail des cuisines française et créole dans une formule buffet d’un grand chic. Il se fait un point d’honneur de s’approvisionner auprès de producteurs locaux en fruits, poissons et produits fins, comme le sel marin récolté à la main à Marie-Galante, l’une des îles de la Guadeloupe.

Les classiques français (carré d’agneau, haricots verts à la moutarde, ratatouille) partagent ainsi la vedette avec les spécialités caribéennes, telles que poisson au court-bouillon, boudin noir, riz créole, colombo d’agneau et acras de crevettes. Les amoureux des produits de la mer sont choyés: carpaccio de marlin, thon et mérou entiers tranchés et grillés sous nos yeux, rillettes de dorade, tout est savoureux.

Je garde le souvenir d’un repas où ce mariage des saveurs françaises et créoles n’a été rien de moins que fabuleux. J’y ai goûté un foie gras accompagné de deux coulis, l’un au rhum et au citron vert et l’autre à la mangue. La soirée s’est terminée par une dégustation de rhums vieux, produits de deux distilleries de l’archipel, Longueteau et Damoiseau, au bar de la plage. Les pieds dans le sable, la tête légère (merci au rhum!) et les papilles comblées. Que demander de plus…

plage guadeloupe catamarans

Les catamarans attendent les vacanciers en quête d’aventure. (Photo: Club Med)

À partir de 2 229 $ par personne en occupation double, séjour de 7 nuits, vol au départ de Montréal, en formule tout compris.
(Les prix varient selon la disponibilité.)

Notre journaliste était l’invitée du Club Med La Caravelle, qui n’a eu aucun droit de regard sur le contenu du reportage.