Voyages et escapades

Je reviendrai à Mexico

Même s’il a souvent mauvaise presse, le Mexique 
est une terre accueillante. Séduite par les paysages, l’histoire et la gastronomie, notre journaliste y a fait 
un séjour mémorable.

Basilique Notre-Dame de Guadalupe (Photo : Getty Images)

Basilique Notre-Dame de Guadalupe (Photo : Getty Images)

J’adore explorer à pied – et même au pas de course – une nouvelle ville. Dès mon arrivée à Mexico, j’ai demandé à une amie qui y vit des suggestions de quartiers à visiter. « Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de te promener seule », m’a-t-elle répondu, alarmée.

C’est vrai que Mexico a une réputation peu flatteuse – pollution, criminalité, violence à l’endroit des touristes. Mais les incidents concernent surtout les régions du nord, où les cartels de la drogue et les pirates de la route représentent une véritable menace.

Le lendemain, pour mon jogging matinal, j’ai tout de même enfilé mon short et mes baskets avec une certaine inquiétude. J’ai consulté le concierge de l’hôtel pour une recommandation de parcours. C’est ainsi que je me suis retrouvée en train de courir le long de l’élégant Paseo de la Reforma, un superbe boulevard ponctué de monuments inspiré des Champs-Élysées, et au bois de Chapultepec. Plus grand parc urbain d’Amérique latine, ce boisé compte en outre plusieurs musées ainsi que de vénérables cyprès de Montezuma, de splendides 
fontaines, un zoo consacré aux espèces indigènes et le somptueux Château de Chapultepec, édifié au 19e siècle pour 
servir de résidence estivale à la monarchie espagnole.

Le bois de Chapultepec (Photo : Getty Images)

Le bois de Chapultepec (Photo : Getty Images)

À l’entrée du parc, je me suis jointe à d’autres joggeurs sur une piste ombragée dotée de bornes kilométriques. Personne n’a porté attention à ma présence et je me suis trouvée un peu ridicule en pensant aux précautions que j’avais prises – comme ranger mon alliance dans le coffret de sûreté de ma chambre…

Tout au long de mon séjour, je ne me suis jamais sentie en danger dans mes allées et venues en solitaire.

Photo : Jeffry W. Myers / Corbis

Photo : Jeffry W. Myers / Corbis

Après un petit-déjeuner vite englouti, je suis retournée au parc pour visiter le Musée national d’anthropologie. En franchir les portes, c’est comme plonger dans un livre pour enfants où l’on choisit sa propre aventure. De chaque côté d’un vaste patio et d’un bassin, le musée compte 23 salles distinctes, dont chacune nous transporte dans un monde différent. J’ai présenté mon plan à un préposé à l’information pour lui demander ce qu’il fallait voir si on disposait de peu de temps. Celui-ci y a encerclé trois salles : Teotihuacan, Aztèques et Mayas. J’ai donc exploré les ruines de ces civilisations anciennes et profité au maximum de cette heure pour m’imprégner de l’art, de l’architecture et des récits complexes de batailles. Je m’y serais attardée beaucoup plus longtemps si je n’avais pas eu à assister à un match de polo.

Ce sport jouit d’une immense popularité au pays et, à Mexico, c’est au Campo Marte, un parc d’activités équestres militaire historique, qu’on le joue. C’est l’un des sports les plus anciens au monde (la première joute rapportée aurait été disputée par les Perses en 600 av. J.-C.), et aussi l’un des plus rapides : les montures peuvent galoper à une vitesse de 60 km/h, alors que la balle peut atteindre 170 km/h. Idéalement, on se fera accompagner de quelqu’un qui connaît le jeu et qui pourra expliquer ce qu’est une chukka (période de sept minutes), pourquoi les gauchers ne peuvent pratiquer ce sport (trop dangereux) et comment il se fait que la monture et le cavalier semblent ne faire qu’un (les chevaux de polo sont des athlètes extraordinaires qui apprennent à suivre d’eux-mêmes la balle). C’est un jeu électrisant. On présente même un spectacle de mi-temps pendant lequel la foule est invitée à se rendre sur le terrain, verre de champagne à la main, pour replacer les mottes de gazon avec un stylet.

Photo : Wendy Connett / Robert Harding

Photo : Wendy Connett / Robert Harding

Il m’a semblé de mise de conclure cette journée de culture et de sport par un bon repas. Mexico offre un éventail diversifié d’expériences culinaires : échoppes de rue, fondas (cafés familiaux sans prétention) ou tables gastronomiques. Même si ce n’est pas une ville portuaire, des camions partent chaque jour des côtes pour y transporter les produits de la mer. J’ai d’ailleurs dégusté un succulent saumon au Mora Blanca, propriété du réputé chef mexicain Daniel Ovadia, de Paxia, dans le quartier de Polanco. Un autre soir, j’ai choisi le menu dégustation du J&G Grill, au St. Regis, qui comprenait une savoureuse soupe à la citrouille relevée de huitlacoche et de ciboulette ainsi qu’une assiette de mérou du Yucatan servie avec des haricots noirs aromatiques et une purée de coriandre.

« Les gens croient souvent que la cuisine mexicaine se limite aux tacos, à la garnacha ou aux amuse-gueules comme le guacamole, les nachos et les burritos, souligne Guy Santoro, chef cuisinier au St. Regis. Mais le patrimoine culinaire de notre pays remonte bien au-delà de l’ère pré-hispanique et compte tout un univers de possibilités et d’éléments. » L’un de ces éléments est d’ailleurs la banane à la crème glacée 
aux pacanes et au whisky – un dessert auquel je n’ai pu résister, même si je n’avais 
plus faim.

Pour bien des gens, un voyage au Mexique n’est pas complet sans un séjour sur la côte. Les jolies rues pavées de Puerto Vallarta ne sont qu’à un peu plus d’une heure de vol de Mexico. On y trouve des centres de villégiature et des hôtels pour tous les budgets, et les excursions en mer y sont nombreuses, que l’on veuille faire de la pêche ou nager avec des dauphins.

Puerto Vallarta (Photo : Getty Images)

Puerto Vallarta (Photo : Getty Images)

J’ai séjourné dans le village côtier de Punta Mita, d’où un bateau peut nous amener, en 15 minutes, aux îles Marietas, un parc national mexicain. Décembre est la période de frai des baleines à bosse, et ce spectacle magique attire nombre de microbiologistes et de touristes dans la région. Mais peu importe le moment de l’année, l’eau autour des Marietas est si claire qu’on n’a pas besoin de masque pour admirer les reflets jaunes et bleus des poissons tropicaux nageant à ses pieds.

Ce soir-là, après une margarita mémorable, j’ai savouré en plein air un repas rafraîchissant : céviché de vivaneau rouge et salade de melon d’eau jicama au St. Regis Punta Mita Resort. Ma soirée s’est terminée sur une chaise longue à contempler mes orteils se découpant sur le rouge feu du soleil qui plongeait dans l’océan.

C’est à ce moment que j’ai commencé à planifier mon prochain voyage au Mexique en me disant : « Au diable les manchettes des journaux ! »