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Voyages et escapades

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Cuba change, et vite, surtout depuis l’assouplissement de l’embargo américain. Notre journaliste en a fait le tour, avant que le pays de soit pris d’assaut par les McDo.
Par Mylène Tremblay
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Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclusPhoto: Ingolf Pompe/Robert Harding

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Pour moi, Cuba, c’était lézarder sur la plage dans le confort des resorts, avec une ou deux excursions au programme, question de « voir du pays ».

Pas cette fois... Pendant sept jours, j’ai levé l’ancre et élargi mes horizons à bord d’un paquebot qui tient lieu d’hôtel et de resto. Santiago de Cuba, La Havane, María la Gorda, Trinidad... D’escale en escale, j’ai découvert des trésors d’architecture et pris le pouls d’une île en pleine mutation.

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Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclusPhoto: Mylène Tremblay

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Dans les quartiers en vogue, les restos branchés avec T-bone au menu se multiplient. Le coût de la vie ne cesse d’augmenter. Mais les panneaux-réclames et les grandes enseignes n’ont pas droit de cité. Au quotidien, les Cubains continuent leur train-train modeste et affichent toujours leur ­intarissable joie de vivre. On les voit palabrer à l’ombre des palmiers, danser la salsa dans les parcs et rafistoler leur vieille Lada dans la rue. Le samedi, ils se retrouvent pour faire du troc ou du commerce. Dans ce pays de la débrouille où le salaire moyen s’élève à moins de 20 [rdm-gallery]thinsp;US par mois, les pourboires sont une question de survie. J’avais donc prévu cette dépense, en pesos convertibles (CUC).

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclusPhoto: Mylène Tremblay

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Embarquement immédiat pour…

Parti de Montego Bay en Jamaïque, le bateau pénètre au petit matin dans l’étroit labyrinthe de la Bahía de Santiago de Cuba, inaccessible aux monstres des mers de 4 000 passagers (le Celestyal Crystal en accueille 1 200).

À l’entrée du port se dresse le château fort de San Pedro de la Roca, construit sur un promontoire rocheux (El Morro) qui offre une vue imprenable sur la mer des Caraïbes et les montagnes de la Sierra Maestra. Je longe les remparts et explore les petites salles où sont retracés les affrontements entre les Espagnols et les Américains, du temps où l’île était une colonie espagnole et les Cubains, des amis des Yankees. J’en fais vite le tour. Le soleil plombe sur la pierre jaune et un mojito glacé m’attend à la terrasse.

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Après le calme de la forteresse, le cœur battant de la ville. Santiago de Cuba, capitale de l’Oriente, grouille de vie. Son énergie est tapageuse. À n’importe quelle heure, on peut danser la salsa dans un café. Ou écouter de la musique en plein air.

Au Parque Céspedes, entouré d’églises et de maisons converties en musées, je déambule dans les rues animées bordées de bâtiments colorés. Heredia, Plaza de Dolores, Aguilera, Plaza de Marte... L’ambiance de fête qui règne met de bonne humeur. Rien à voir avec celle, austère, de la Plaza de la Revolución aux allures soviétiques, de la caserne de Moncada – où Fidel tenta une première attaque armée qui échoua mais qui fut le point de départ de la révolution cubaine – et du cimetière Santa Ifigenia, où reposent les héros de la guerre d’indépendance et de la révolution.


À LIRE: Nos bonnes adresses à Cuba

 

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclusPhoto: Alan Copson/Robert Harding

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

La Havane, la distinguée

Deux jours en mer plus tard, le soleil se lève sur La Havane, à l’autre bout de l’île. Des bateaux de croisière mouillent dans l’imposant terminal Sierra Maestra, à deux pas de la Plaza de San Francisco.

La journée commence en lion avec un tour de ville à bord d’une décapotable américaine du siècle dernier. Cheveux au vent et yeux tout le tour de la tête, j’essaie de retenir les jalons historiques incontournables – le Pavillón Granma, qui abrite une reproduction du yacht de Fidel et de ses guérilleros, le Gran Teatro, où Barack Obama s’est adressé aux Cubains lors de sa visite historique, El Capitolio en restauration... Après une pause au Parque Central, on bifurque vers le quartier aisé du Vedado, où se déploie la Plaza de la Revolución (chaque province a la sienne). Puis on emprunte le fameux boulevard du Malecón jusqu’au mythique hôtel Nacional, qui a vu défiler les Winston Churchill, Marlon Brando, Ava Gardner...

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La Havane fait penser à une élégante vieille dame en cure de jouvence. Grâce à la société Habaguanex, qui profite des retombées du tourisme pour retaper le patrimoine bâti et investir dans des projets sociaux, le quartier de La Habana Vieja se refait une beauté et une santé. Ce n’est pas un luxe. En dehors des places pavées bordées de terrasses et d’hôtels chics, on voit beaucoup de rues défoncées et d’édifices délabrés. L’économie se porte mal et les problèmes sociaux s’amplifient (pauvreté, prostitution, corruption, marché noir...). Pourtant, tout le monde a l’air heureux ! Et ce n’est pas juste une impression, confirme avec optimisme Jorge González Arocha, professeur de philosophie cubain qui donne des conférences sur le bateau. « C’est l’essence même du peuple cubain. Qu’importe la crise, les gens dansent et sourient. T’as besoin de quelque chose ? Demande au voisin ! T’as un problème ? Allons danser ! Ça remonte au temps de l’esclavage et des colonies... » Avec son faible taux de criminalité, le pays demeure sécuritaire. La plupart des Cubains sont pauvres, mais fiers. D’ailleurs, à aucun moment je ne me ferai embêter.

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclusPhoto: Mylène Tremblay

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Ma visite de la capitale se clôt par une veillée bien arrosée au rhum & Tukola (on oublie le Coke !) dans un décor kitsch à souhait, au cabaret Tropicana. Paraîtrait qu’un danseur pailleté aux déhanchements endiablés gagne mieux sa vie qu’un chirurgien...

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

María la Gorda, la balnéaire

C’est beau la ville mais, après tout ce bitume, je suis ravie d’accoster à la station touristique María la Gorda, dans la péninsule sauvage de Guanahacabibes (cette escale a été remplacée depuis par Punta Francés, à la Isla de la Juventud). Bain de soleil, plongée, farniente : c’est tout ce qu’il y a à faire dans cette réserve de la biosphère, et c’est parfait ainsi ! J’explore les récifs de corail en plongée libre à quelques minutes de yacht du littoral, puis j’étends ma serviette sur le sable blanc. Maravilloso ! 


À LIRE: Cuba, après Fidel

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclusPhoto: Lee Frost/Robert Harding

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Cienfuegos, la française et Trinidad, l’Espagnole

Nous voici déjà à la dernière étape de notre parcours, à Cienfuegos et Trinidad, toutes deux inscrites à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Le temps étant limité, je ne vois pas grand-chose des bâtiments néoclassiques de Cienfuegos construits par des colons français. On file vers Trinidad, à 1 heure 30 de route, à travers la verdoyante campagne de la Sierra del Escambray. Je craque pour cette ancienne colonie espagnole qui n’a pas pris une ride (ou presque). Les coches de caballos offrent tout un contraste avec les autobus nolisés qui peinent à se garer dans les étroites rues pavées. Trinidad est un musée à ciel ouvert avec ses maisons parées de fresques, ses demeures à colonnades et sa haute tour jaune canari. En grimpant les marches au pas de charge, je me fais la promesse de revenir. Cette fois, en prenant le temps de flâner et de dormir chez l’habitant. Car c’est aussi ça, « voir du pays », non ?

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Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclusPhoto: Lee Frost/Robert Harding

Voyage à Cuba, après Fidel et hors des tout-inclus

Celestyal Cruises, un pionnier à Cuba

Depuis quatre ans, le Celestyal Crystal, propriété du croisiériste grec Celestyal Cruises, vogue dans les eaux de Cuba – même l’été, nouveauté cette année. Contrairement aux compagnies américaines, Celestyal Cruises peut employer des travailleurs cubains. Ça donne une tout autre couleur au voyage, tant sur la scène – les spectacles thématiques sont montés par des artistes locaux – que dans l’assiette – les recettes sont typiquement caribéennes – et dans le choix d’activités – cours de salsa, conférences sur l’histoire du pays données par des professeurs havanais, programmes éducatifs... Bref, c’est comme s’initier à la culture cubaine en accéléré !

* Forfait croisière de 7 nuits : 1 759 $, incluant le vol aller-retour depuis Montréal, les activités à bord et les excursions.


La journaliste a été l’invitée de Celestyal Cruises.

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