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Soins du visage et du corps

Botox: ce que vous devriez savoir

Les traitements injectables de neurotoxines sont de plus en plus populaires pour atténuer les rides et ralentir leur apparition. Comment fonctionnent-ils? Quel est le meilleur moment pour commencer un traitement? Et combien de temps durent les effets? Nous répondons à toutes ces questions et à bien d’autres!
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Botox: ce que vous devriez savoir

Photo: Getty Images

Le Botox est utilisé pour traiter les rides depuis plus de 20 ans, mais il est soudainement devenu un sujet brûlant. Si vous avez l’impression que votre groupe discute constamment de traitements injectables, vous avez probablement raison: un rapport de l’American Society of Plastic Surgeons révèle que près de 9,5 millions de personnes ont eu recours à des traitements esthétiques à base de neurotoxines en 2023, une hausse de 9% par rapport à l’année précédente.

Que vous envisagiez le Botox pour la première fois ou que vous ayez déjà un rendez-vous récurrent avec votre injecteur, il y a plusieurs choses à prendre en considération. Nous avons posé toutes nos questions aux docteures Renita Ahluwalia, dermatologue en chef au Canadian Dermatology Centre, Valérie Dagenais de la clinique Dermapure à Montréal et Leah Smith, fondatrice et directrice médicale de My Beauty Doctor à Toronto.

Comment fonctionne le Botox?

Botox est le nom commercial d’une neurotoxine très populaire (la toxine botulique de type A), mais le terme est souvent utilisé pour désigner n’importe quelle injection de neurotoxine qui réduit l’apparence des rides existantes et ralentit la formation des nouvelles. Le produit agit en bloquant temporairement les signaux nerveux qui commandent la contraction des muscles.

Le Botox a été officiellement approuvé en 2001 pour traiter les rides de la glabelle (les fameuses rides verticales entre les sourcils, ou rides du lion), les pattes d’oie et les rides du front, bien qu’il soit également utilisé pour traiter d’autres préoccupations esthétiques. Dans sa pratique, Dre Valérie Dagenais et Dre Renita Ahluwalia utilisent des neurotoxines injectables pour relever les sourcils, modifier la forme du nez, lisser les rides de la marionnette (aussi appelées lignes de sourire) et rendre les lèvres plus pulpeuses grâce à une procédure très en vogue appelée lip flip (retournement des lèvres). Le Botox est aussi utilisé pour traiter certaines affections médicales, notamment les migraines chroniques, la transpiration excessive et la vessie hyperactive.

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Outre le Botox produit par Allergan, quatre neurotoxines approuvées par Santé Canada sont offertes sur le marché: Dysport, Xeomin, Nuceiva et Letybo. Elles diffèrent légèrement sur le plan moléculaire, mais leur mode de fonctionnement est le même. Le choix de l’une ou l’autre dépend de vos préférences personnelles – ou de celles du professionnel qui injecte.

Quel est le bon moment pour commencer les traitements au Botox?

Tout dépend de vos objectifs esthétiques. Ces dernières années, la demande de «Botox préventif» a augmenté chez les personnes dans la vingtaine et la trentaine qui souhaitent prévenir l’apparition des rides et ridules. La Dre Renita Ahluwalia reçoit également des patients âgés de 40 ans et plus qui essaient le Botox pour la première fois.

Il n’est jamais trop tard pour commencer les traitements, mais les trois expertes soulignent l’importance de gérer vos attentes. «Les résultats dépendent de la profondeur des rides et de leur ancienneté, explique la Dre Leah Smith. On peut les atténuer avec le Botox, mais pas forcément les faire disparaître lorsqu’elles sont bien installées.» Dans ces cas, la Dre Renita Ahluwalia recommande d’associer les neurotoxines à des traitements de resurfaçage au laser

Dre Valérie Dagenais suggère sinon de jumeler les injections de Botox à des traitements peu invasifs de radiofréquence. Cette approche anti-relâchement cutané repose sur des ondes électromagnétiques qui chauffent les couches profondes de la peau afin de stimuler la production de collagène, une protéine essentielle à la fermeté du derme. «On recommande parfois une cure de plus d’une séance et les effets sont visibles après quelques mois», précise-t-elle.

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«Je recommande toujours une consultation pour examiner les mouvements musculaires, la profondeur et la sévérité des rides, puis déterminer le bon moment pour commencer le traitement», explique la Dre Leah Smith.

À quelle vitesse voit-on les résultats?

Ils apparaissent assez rapidement, mais pas instantanément. «La plupart des gens remarquent une légère diminution des mouvements vers le troisième jour, mais le pic d’efficacité survient après deux semaines», dit la Dre Renita Ahluwalia.

À ce moment-là, les trois expertes font un suivi avec leurs nouveaux patients, au cas où des ajustements seraient nécessaires. Elles recommandent d’ailleurs de choisir un professionnel qui pratique ce suivi. «Le Botox n’est pas une solution universelle, rappelle la Dre Renita Ahluwalia. Nous essayons de prédire comment chaque personne réagira, mais il arrive parfois que des imprévus surviennent – que nous pouvons ensuite corriger.»

Pour un événement important, il faut penser à l’avance: «Idéalement, je vois la personne au moins une fois avant de la traiter pour un événement important, pour apprendre comment ses muscles réagissent et pour m’assurer que tout sera parfait», dit-elle.

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Combien de temps durent les effets?

Cela varie selon la personne et la zone injectée. En général, les résultats durent de trois à quatre mois, sauf dans les zones très mobiles, comme autour de la bouche, où l’effet ne dure que de six à huit semaines. «Souvent, c’est simplement une question de génétique», note la Dre Renita Ahluwalia.

La bonne nouvelle, c’est que, si vous n’aimez pas les résultats, ils ne sont pas permanents. La mauvaise nouvelle, c’est que contrairement aux agents de comblement, il est impossible d’inverser immédiatement le résultat du Botox avec une autre injection. «Si vous avez reçu trop de Botox, bougez beaucoup vos muscles: plus vous bougerez, plus il sera métabolisé rapidement», conseille la Dre Renita Ahluwalia. Mais avant tout, consultez votre prestataire pour voir si des ajustements sont possibles.

Les personnes qui font souvent de l’exercice physique ont tendance à métaboliser le Botox plus rapidement, bien que l’on ne comprenne pas encore tout à fait pourquoi.

À quelle fréquence faut-il recevoir des injections?

En règle générale, il est temps de consulter lorsque vos rides au repos vous dérangent.

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Les traitements doivent être espacés d’au moins trois mois, mais il est préférable — pour votre corps et votre portefeuille — d’attendre davantage. «Il existe de plus en plus de preuves qu’il vaut mieux éviter de surcharger les neurorécepteurs, car cela peut potentiellement entraîner une résistance au Botox», précise la Dre Renita Ahluwalia. La résistance survient lorsque le corps crée des anticorps contre la neurotoxine, ce qui l’empêche d’agir comme prévu.

Si vous décidez d’arrêter le Botox complètement, la nature suivra son cours; vous n’empêcherez pas le processus de vieillissement, mais vous le ralentirez. «Vous ne causez aucun dommage à votre peau ou à votre santé générale en cessant les traitements», rassure-t-elle.

Quelle quantité de Botox faut-il recevoir?

Là encore, il n’y a pas de réponse unique; cela dépend de votre corps et de vos objectifs esthétiques. «Je ne crois pas aux techniques standardisées, où tout le monde reçoit la même dose, dit la Dre Leah Smith. Les objectifs diffèrent, la force musculaire aussi, et chacun part d’un point différent.» Par exemple, les hommes ont tendance à avoir des muscles faciaux plus puissants et nécessitent souvent des doses plus élevées.

Il est essentiel de trouver un professionnel en qui vous avez confiance, qui propose une consultation initiale pour évaluer la structure sous-jacente de votre visage, la force de vos muscles faciaux, vos objectifs esthétiques et votre budget.

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La Dre Renita Ahluwalia préfère être prudente, tout en soulignant l’importance de faire confiance à l’expertise de votre prestataire: «Les gens demandent souvent la dose minimale par nervosité, mais si on traite un seul groupe de muscles sans équilibrer les autres, c’est là qu’on voit que vous avez eu recours au Botox.»

Le Botox présente-t-il des risques?

Le Botox est dérivé de la toxine botulique, qui provoque le botulisme, mais il est dilué et stérilisé afin de pouvoir être utilisé en toute sécurité à des fins esthétiques. Selon la Dre Renita Ahluwalia, il est généralement bien toléré, mais il n’est pas sans danger pour les personnes souffrant de troubles de la jonction neuromusculaire et n’est pas recommandé pendant la grossesse.

Les effets secondaires sont le plus souvent esthétiques. Par exemple, s’il est injecté dans le mauvais muscle, le Botox peut créer une asymétrie ou un affaissement des paupières. Utilisé trop souvent, il peut également entraîner une atrophie musculaire ou une résistance temporaire au traitement.

Il peut y avoir de légers saignements immédiatement après l’injection et des ecchymoses durant quelques jours. Les neurotoxines n’entraînent toutefois ni engourdissement ni perte de sensation.

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Les injections de Botox relèvent de l’esthétique médicale et doivent impérativement être réalisées par un professionnel qualifié, dans un cadre parfaitement stérile. Les «soirées Botox», c’est-à-dire toute intervention en dehors d’une clinique, sont à proscrire. «Le produit doit être entreposé dans des conditions très précises et reconstitué avec un dosage exact», prévient la Dre Leah Smith.

Les injections de Botox sont-elles douloureuses?

La plupart des gens ne trouvent pas les injections particulièrement douloureuses, même si les personnes qui ont peur des aiguilles pourraient ne pas apprécier l’expérience. Les piqûres sont rapides et ne provoquent qu’une légère sensation de pincement. Certaines zones, comme l’arcade sourcilière ou la lèvre supérieure, sont un peu plus sensibles.

Comment se préparer et quoi faire après le traitement?

Les injections de Botox sont considérées comme un «traitement d’heure du lunch». Elles ne nécessitent ni préparation ni temps de récupération, ne provoquant que quelques rougeurs temporaires ou ecchymoses. Évitez les anticoagulants (comme l’Advil ou l’aspirine) et l’alcool pendant les 72 heures précédant les injections, ainsi qu’immédiatement après.

Après l’intervention, vous devez également éviter l’exercice physique intense, les saunas et les bains chauds pendant 24 heures afin de minimiser le risque de diffusion du produit et d’ecchymoses. 

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Dre Valérie Dagenais recommande d’éviter de vous pencher longuement (lors de tâches ménagères ou de séances de yoga, par exemple) ou de vous coucher sur le visage (lors d’une sieste ou d’un massage, par exemple) pendant quelques heures. Dre Leah Smith suggère à sa clientèle de ne pas s’allonger du tout durant environ quatre heures. «Essayez d’éviter de vous toucher ou laver le visage pendant cette période», ajoute-t-elle.

Comment trouver un bon professionnel du Botox?

Au Canada, les injections de neurotoxines sont effectuées par des professionnels de la santé : dermatologues, médecins, chirurgiens plasticiens et infirmières.

«Qui effectue le traitement? Quelles sont ses qualifications? Y a-t-il un directeur médical sur place? Quel type de produit utilisez-vous? Où vous procurez-vous le produit? Ce sont toutes des questions légitimes à poser pour votre sécurité», indique Dre Renita Ahluwalia.

Pour trouver un praticien qui comprend vos objectifs esthétiques, il vaut mieux demander des recommandations à des personnes de confiance dont vous appréciez les résultats. La Dre Leah Smith mentionne que les photos avant/après peuvent parfois être trompeuses (retouches, éclairage, angles) et donc que les résultats vus en personne sont plus fiables.

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Combien coûte le Botox?

Si les produits injectables sont de plus en plus courants, ils restent coûteux. Les prix varient selon la région, l’expérience du fournisseur et la quantité de Botox utilisée. Les injections esthétiques ne sont pas couvertes par l’assurance maladie provinciale ni par les assurances privées.

Les traitements sont facturés soit à l’unité (la mesure du produit), soit par zone traitée. En moyenne, il faut compter de 10 à 15$ par unité; un traitement du front peut nécessiter jusqu’à 60 unités. Un traitement complet du visage peut coûter jusqu’à 1 000$.

Il va sans dire que ce type de traitement demeure un luxe. La Dre Leah Smith insiste sur le fait que vous devez être à l’aise d’en discuter ouvertement avec votre praticien et ne jamais vous sentir pressée de procéder à une intervention si vous n’êtes pas convaincue de la vouloir ou qu’elle ne respecte pas votre budget.


La version originale (en anglais) de cet article a été traduite par l’équipe de Châtelaine en décembre 2025. 

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Andréanne Dion est journaliste pour les section style et beauté de Châtelaine.

Philippe Lépine

Philippe a été rédacteur en chef adjoint chez Châtelaine de 2023 à 2026 et signait l'infolettre stylée C'est extra. Il a travaillé au sein de médias d'information - La Presse, HuffPost, Métro, L'actualité - comme journaliste et directeur multiplateforme. Il se spécialise dans la couverture des enjeux sociaux, des tendances beauté, de la gastronomie, du voyage et du style. Lauréat du prix Lizette-Gervais de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), il allie professionnalisme et personnalité dans tout ce qu’il écrit. Vous risquez fort de le croiser dans un nouveau restaurant montréalais.

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