Blogue de la rédac

Une journée avec le chef Normand Laprise

J'ai suivi le fameux chef Normand Laprise toute une journée. Voici ce qui s'est passé «avant».

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Il y en a qui rêve de passer une journée avec une star du cinéma, de la chanson ou du sport. Moi, je voulais suivre un chef pas à pas. Je l’ai fait! En plus, avec Normand Laprise, célèbre chef du restaurant Toqué!, ainsi que de la Brasserie T! Le rêve s’est réalisé l’été dernier. Vous pouvez lire mon reportage, accompagné de plein de photos de Maude Chauvin, dans le Châtelaine de mai (en kiosque le 6 avril). Nous avions des centaines de photos, et un long, long texte… Il a fallu résumer tout cela! Parmi les trucs que je n’ai pas pu écrire dans l’article, il y a ce qui s’est passé «avant» le jour J. Alors, voici, pour vous, en  primeur…

J’ai fait ma demande pour ce reportage «24 heures dans la vie d’un chef» vers le mois de février 2011. Et patienté. Le chef a un horaire de premier ministre. La date d’abord choisie a été reportée. Trop tôt en saison. Avec l’arrivée des beaux jours et des primeurs maraîchères, les photos seront plus intéressantes a fait remarquer Normand Laprise. Avec raison.

La deuxième date fixée? Déplacée pour cause d’agenda débordant. Tournage de l’émission de télé Les chefs, saison 2 – Normand Laprise était l’un des juges. Période touristique hyper achalandée dans ses restos, avec les Francofolies et le Grand prix de Montréal. Il s’est excusé avec beaucoup d’élégance.

Puis, un samedi après-midi, il m’a téléphonée pour arrêter une troisième date (la bonne) et parler un peu du projet. Il était à Lac-Beauport, chez son vieil ami Daniel Vézina, chef du Laurie Raphaël, dont les 50 ans avaient été célébrés la veille avec, semble-t-il, pas mal d’intensité. Il m’a invitée pour qu’on parle du projet. Rendez-vous pris à l’heure du lunch au Toqué!

Pendant qu’on partageait un excellent repas (partager est une façon de dire, car je n’ai jamais vu quelqu’un avaler un plat aussi rapidement que lui), je lui ai présenté quelques exemples! D’abord des extraits du livre «Une journée à ElBulli» (restaurant du célèbre chef catalan Ferran Adrià). Normand Laprise a regardé un peu distraitement les pages. «Je vois», a-t-il dit avant de mentionner qu’il trouvait ces gens fort peu souriants. J’ai poursuivi en lui montrant des reportages déjà publiés dans Châtelaine, avec des photos de chefs visiblement de bien bonne humeur! J’avais une pile de photocopies. Il a fini par m’interrompre. «Ça va, ça va… Vous savez quand un jeune arrive ici, il a beau avoir un CV long comme cela, ce n’est pas ce qui compte. C’est ce qu’il a dans les yeux! Dans les tripes! Charles-Antoine avait des couteaux dans les yeux quand je l’ai rencontré.» Le gars en question, Charles-Antoine Crête, devenu son bras droit, venait alors d’être mis à la porte de l’École de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Message reçu. J’ai rangé mes papiers pour lui offrir mon plus beau sourire…