Blogue La course et la vie

Combien?!

Parlons peu, parlons bien, parlons d’argent.

L'auteure, Geneviève Lefebvre

L’auteur, Geneviève Lefebvre

Combien ça coûte se mettre à la course à pieds?

Autant que vous voulez y mettre.

Le budget d’un coureur est un élastique qui peut s’étirer à l’infini, de 0$ à … voulez-vous vraiment le savoir?  C’est ce que je me disais.

Cela dit, il n’y a aucune raison de virer fou. On va vous dire que ça vous « prend » ci, ou que ça vous « prend » ça.  En fait, ça ne vous « prend » à peu près rien. Un soutien gorge, des chaussures (et encore, pas besoin de les payer cher). C’est tout.

J’ai commencé avec des runnings qui dataient de l’époque où Jane Fonda pratiquait l’aérobie. Repêchés dans le fond d’un placard, ils étaient beaucoup trop blancs, preuve irréfutable de mon manque de volonté face à l’aérobie. Il allait bien falloir que « ça » fasse… et ça a fait pendant un bon bout de temps.

Je courrais avec un soutien gorge à peu près élastique, des vieilles « combines » grises de gars (ô la vision de rêve), pas de montre (je regardais mes temps sur l’horloge du poêle, en partant et en revenant, eh oui) et les t-shirts de travail de mon chum (joliment constellés d’huile hydraulique).

 

Si j’étais élégante, gracieuse et sexy? Ah, ah. Non. Mais ça a fait la job que ça devait faire, c’est à dire m’habiller le temps que je sache si cette liaison que je commençais avec la course allait durer.

 

Ça dure. C’est même devenu une histoire d’amour. Comme quoi, il ne faut pas négliger les liaisons sans garanties d’avenir. Mais je m’égare.

 

Budget de l’investissement premier? Du temps, de la sueur et (quelques) larmes.

 

Mais pas d’argent.

 

Après trois mois, mes « combines » étaient devenues trop grandes et mes chaussures trop petites. Pour ma première course « officielle », je suis donc entrée dans une boutique de course et j’ai acheté des cuissards (100$), un soutien gorge de course (60$) et des vrais runnings (130$).

 

C’était le début de la fin (je blague, enfin, pas tant que ça).

 

Oui, c’est le fun courir avec une montre qui a un GPS intégré (et qui vous donne votre kilométrage et vos temps), oui, c’est formidable avoir plusieurs ensembles de course (rose, noir, bleu), et oui encore, ça peut être utile (dans le désert par exemple) de courir avec une ceinture pour tenir les bouteilles d’eau…

 

Mais ce n’est pas essentiel.

 

Un jour, la Garmin lâche au début d’une course et on fait quand même son meilleur temps. Tiens donc. Un jour, exaspéré par la ceinture pleine de bouteilles d’eau qui « gosse » autour de sa taille, on la lance au bout de nos bras et on ne regarde pas en arrière. Un jour, on part sans musique, sans bouteille, sans montre, et on se rend compte que comme un enfant qui grandit, on vient de lâcher sa doudou.

 

Libre.

 

Ce qui change dans la gestion du budget, ce sont les priorités.

 

Depuis que je cours, je trouve indécent de mettre 200$ sur des sandales à talons hauts (ça fait maaaal), dans un pédicure hors de prix (pourquoi faire, les ongles d’orteil, ça sert à rien), mais je ne vois aucun problème à m’acheter une quatrième paire de running parce que ceux-là sont conçus pour courir dans les sentiers enneigés de montagne.

 

Ah. Oui. On ira courir dans la neige. En enfilant un pull « chaud mais qui respire » en laine de mérinos. Ça doit être cher le mérinos, non?

 

Heu. Un peu. Mais ça prend ça pour l’hiver. Et il faut bien s’entrainer l’hiver puisqu’on s’est inscrit à un marathon de printemps. Dans une autre ville. Où il faudra louer une chambre d’hôtel.

 

Combien ça coûte, courir?  Je vous l’ai dit, il n’y a pas de limites…

 

Une chose est certaine par contre; le prix de l’enfouissement du corps dans le divan est astronomique, et courir, même en rose, noir et bleu, sera toujours moins cher que de ne pas bouger.

 

Besoin de conseils pour courir : visionnez les vidéos de course à pied de l’expert Jean-François Harvey.