Blogue La course et la vie

Courir... et la sécurité des filles

Avec l’hiver qui revient, la lumière qui se fait rare et l’actualité qui se fait brutale, mieux vaut prévenir que guérir.

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Autant vous dire, c’est une chronique que j’aurais préféré ne pas écrire.

Mais voilà, avec l’hiver qui revient, la lumière qui se fait rare, les coureurs d’été qui désertent nos itinéraires préférés, et l’actualité qui se fait brutale, je vais l’écrire quand même.

Dans un monde idéal, je devrais pouvoir être la reine de la rue, y compris la nuit, et m’y sentir en toute sécurité.

Je ne vis pas dans un monde idéal. Je vis dans le monde tel qu’il est. Et si je n’aime pas trop le mot « prudence » qui rime trop souvent avec anxiété, angoisse et paralysie, j’aime bien le mot « intelligence » quand on parle de sécurité.

Laisser la peur contaminer nos vies ? Pas question.

Ignorer certaines réalités parce qu’elles sont désagréables à envisager ? Pas question non plus.

Alors voilà quelques trucs pour ne pas courir idiot quand on est une fille, qu’il fait noir de bonne heure, et qu’on a envie de courir l’esprit tranquille.

1)   Partir avec son téléphone, bien chargé, à l’abri dans un sac Ziploc, et y coller nom, et numéro de téléphone à rejoindre en cas d’urgence sur un adhésif prévu à cet effet.

2)   Glisser un billet de 20 $ dans le Ziploc du téléphone. Un taxi est parfois le bienvenu.

3)   Avertir quelqu’un qu’on s’en va courir. Personne à la maison ? Je laisse un  message sur la page Facebook de mon groupe de course. Ce qui me permet de faire d’une pierre, deux coups, avec la possibilité que quelqu’un me dise « je voulais justement y aller, attends moi, j’arrive ».

4)   Courir avec un/une partenaire quand c’est possible. Ou avec un groupe qui « ne laisse personne derrière ».

5)   Profiter des journées de congé pour aller faire ses longues sorties, à la lumière du jour.

6)   Changer régulièrement ses itinéraires, et privilégier ceux qui sont fréquentés, et bien éclairés.

7)   Courir face à la circulation, toujours. Une voiture qui s’arrête derrière nous se remarque moins vite que celle qui s’arrête devant.

8)   Courir les oreilles libres de musique. Être à l’écoute de son environnement, c’est faire preuve d’intelligence.

9)   Relativiser. Je ne vis pas dans un épisode de Criminal Minds, et les risques restent minimes.

10)  Même si les risques sont minimes, j’évite l’angélisme (je ne m’aventure pas toute seule derrière ce complexe industriel désert), et j’écoute mon instinct. Quelque chose cloche dans ce que je sens ? Je c… mon camp.

***

Enfin, à toi, le coureur inconnu qui change de bord de rue en me voyant pour bien me signifier que tu respectes mon espace et que je n’ai rien à craindre de toi, je n’ai qu’un mot à dire : merci. 

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