Blogue La course et la vie

La question du vendredi

La motivation après-défi.

L'auteure, Geneviève Lefebvre

L’auteure, Geneviève Lefebvre

Jo  – Qu’est-ce qui arrive une fois que tu réussis ton défi?

Moi  – Qu’est-ce que tu veux dire?

Jo – Tu t’es donné un défi, un but, tu t’entraines pour l’atteindre, tu le fais, c’est formidable… mais après? Il se passe quoi? Comment tu fais pour continuer à être motivée?

Après… ?

C’est une excellente question. Et comme toutes les vraies questions, elle a le mérite de soulever… autant de questions que de réponses!

On parle toujours de l’avant, de ce qu’il « faut » pour y arriver,  de l’émotion ressentie au moment où on atteint enfin son but, mais rarement de ce qui se passe après.

La vérité, c’est qu’il n’y a pas un « après » qui soit pareil. Ça dépend de vous, de votre caractère, de la vie qui va (ou pas), de l’expérience que vous venez de vivre, de la façon dont vous avez envie d’aborder ce qui vient.

Une chose est sûre : quand on passe le fil d’arrivée de notre première course officielle, il faut fêter. Sauter dans les bras de gens qu’on aime. Pleurer, sans retenue. Ouvrir les bulles. Rire, sans retenue aussi. S’empiffrer d’un délicieux bagel dur et froid. Raconter sa course aux autres coureurs : « ça montait, ça montait, je vous jure, ça finissait plus de monter, j’ai voulu abandonner et là, j’ai pensé à mon père et je me suis dit, enwoye, diguidine». Écouter les péripéties des courses des autres, ceux et celles qu’on aime comme des frères et sœurs, rire encore, vider la bouteille de bulle, en ouvrir une autre et envoyer une délégation chercher de la poutine pour tout le monde.
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Ben oui, de la poutine, toi. Ça fait partie des capiteux plaisirs de « l’après ».  Avec la bière (eh oui), la joie juvénile d’une médaille autour du cou (toutes plus hideuses les unes que les autres, mais on les trouve ma-gni-fiques), les sels d’Epsom à la lavande, les courbatures de p’tite vieille et le grand sourire niaiseux étampé dans la face pendant trois jours.

Au fil d’arrivée de mon tout premier marathon, je savais déjà que j’avais envie de recommencer (bon, peut-être pas le lendemain). Encore ce buzz incroyable. Encore cette difficulté inouïe. Encore ce sentiment de vivre plus fort.

Bien sûr, j’aurais pu « me contenter » et me dire « voilà, c’est fait, je peux le cocher de ma liste et passer à autre chose ». Mais non! Je suis tombée dans la course comme on tombe dans un sac de chips. Avec l’intention de le vider.

Diana Nyad, qui, à 64 ans, vient de réaliser son rêve de nager entre la Havane et Miami, a eu une très belle réponse quand on lui a demandé pourquoi elle repoussait toujours ses limites; « parce que l’inconnu m’intéresse ».

Pour peu qu’on se garde l’esprit ouvert, chaque nouvelle distance nous apprendra quelque chose de nous. Quelque chose de neuf, quelque chose d’étonnant, quelque chose dont on pourra faire bon usage dans toutes les autres sphères de sa vie…

À la veille de courir mon 4ème marathon de l’année, je suis obligée de constater que pour moi, il n’y a pas d’après. Que le but est une étape, dont on doit être fier pour ce qu’elle nous aura appris, mais pas une fin en soi.

La course est un style de vie.

Et un fil d’arrivée, c’est déjà le début d’une nouvelle aventure.

Champagne (et poutine)!

 

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