Une femme qui lit, court, s’implique

Entrevue avec Monique Lo, banquière, mère de famille et chef d’équipe des « Coureurs pour l’alphabétisation » au Défi Scotia* du 26 avril.

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Banquière le jour (conseillère principale, franchises, Solutions aux entreprises et international, à la Banque Nationale), étudiante au CPA (certification en comptabilité) le soir, nageuse et coureuse de l’aube,  membre du C.A. de la Fondation pour l’Alphabétisation, mère de deux jeunes adultes, et amoureuse de son homme, dit « le Chat » à temps plein, Monique Lo est l’une des femmes les plus dynamiques que je connaisse.

Son appétit pour la vie, les huîtres, et la beauté sous toutes ses formes, sa grande rigueur dans le chemin qui mène à ses objectifs allié à un prodigieux sens de la fête, font d’elle une femme au rire communicatif, à l’enthousiasme contagieux et au leadership redoutable.

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Ce printemps, Monique est en mission.

« Nous allons former une équipe de coureurs associés à la Fondation pour l’Alphabétisation, avec comme objectif d’être la plus grande équipe et d’amasser 15 000$ en dons d’ici le 26 avril 2015 ».

Avis aux intéressés… 

1)   Monique, tu as une vie foisonnante d’activités, et pourtant, tu trouves le temps de t’impliquer socialement. En quoi est-ce important pour toi ? 

Je travaille depuis plus de 25 ans. J’ai élevé deux enfants. Nous avons une bonne vie, je prends des vacances, je lis, je voyage, je mange, je suis en santé et je continue d’évoluer.  Dans mes objectifs de vie, il est essentiel que je redonne à la société et je crois résolument en la capacité des gens d’améliorer leur environnement.  C’est important de m’impliquer car cela me garde les deux pieds sur terre en me mettant en contact avec des réalités différentes de la mienne. 

2)   Pourquoi l’alphabétisation ?

Parce que mes capacités de lecture et d’écriture m’ont tant apporté dans la vie : des études qui me passionnent encore, de l’avancement professionnel, un mode d’expression, des voyages fictifs merveilleux, la connaissance du monde et des autres.  Je suis sidérée de voir qu’un grand nombre de personne ne sache ni lire ni écrire et qu’elles n’ont même pas accès à une autonomie fonctionnelle (nom des rues, guichets automatiques et tutti quanti).  Quand j’apprends que 49% des Québécois éprouvent des difficultés de lecture et que près d’un million d’entre nous est complètement analphabète, je veux aider. Nous bénéficierons collectivement de la contribution de tous.

3)   Quelles sont les valeurs fondamentales qui animent ta vie de femme?

Le travail (show up, be there, do it), l’autonomie, l’apprentissage, l’humilité, le partage, l’audace.  J’aimerais beaucoup dire que le zen y a sa place, mais ça peut attendre.

4)   Et les principes sur lesquels repose ta vie de coureuse ?

L’audace (le projet de fou dans lequel on s’embarque après un verre partagé entre coureurs), la foi (tu sais, celle de la tête de cochon), le dur labeur (ça fait mal, varge dedans, vas-y).

5)   Comment va ton entraînement ?

C’est dur et il fait froid. Au Défi Scotia, je vais courir mon 5e demi marathon. En course, j’apprends lentement, mais je suis fière de courir.  Je n’ai jamais été sportive avant d’entreprendre la course à 43 ans en 2010.  Je suis toujours un programme et j’ai toujours un objectif contraignant, car l’épreuve physique de l’entraînement favorise ma paresse.  Mais j’y vais, je suis mes programmes autant que possible dont celui de Jean-François Harvey), et je progresse.  J’ai réduit mon temps de demi à 2 :15 lors d’une course en octobre 2014, alors je me suis fixé comme objectif de le réduire encore à 2 :06 pour la course du 26 avril.

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6)   Est-ce que l’apprentissage de la lecture et celui de la course ont quelque chose en commun selon toi ? Si oui, quoi ?

Complètement.  Apprendre est une série d’épreuves et de petites victoires, à travers lesquelles on grandit sans arrêt.  C’est l’axe directeur de ma vie : apprendre  et  évoluer.  D’un point de vue poétique, la pratique de la course m’a ouvert des portes vers tant d’univers : de joyeux lurons (je te cite), et des endroits inexplorés (dans ma ville, dans mon pays, dans d’autres destinations).  Il est évident que l’apprentissage de la lecture ouvre autant, sinon plus, de portes sur tant d’univers autrement inaccessibles.

7)   Raconte-moi une des victoires de la fondation Alpha qui t’a marquée, et pourquoi.

Le 8 septembre 2014, lors de la journée internationale de l’alphabétisation, nous décernions – en tandem avec la Fondation Desjardins – les bourses « Je ne lâche pas, je gagne »  à cinq adultes ayant repris le chemin de l’alphabétisation.  L’un d’entre eux, Jocelyn « Mingo » Bilodeau, pompier, a repris le chemin de l’alphabétisation en suivant des cours pendant près de 10 ans.  Il a enfin pu écrire une carte de St-Valentin à son épouse.  Il s’agit d’une chose si simple pour nous et pourtant, un million de Québécois ne peut pas l’accomplir.

8)   Qu’aurions-nous à gagner, comme société, à (nous) investir dans la cause d’une population mieux (et plus) alphabétisée ?

Le développement social et économique du Québec repose sur la contribution de l’ensemble de ses ressources, et on ne peut se passer du potentiel de 49% de la population pour ce faire (travailler, voter, fonctionner, se développer intellectuellement et culturellement, construire). Sans compter que nous pourrons réduire les coûts sociaux des conséquences de l’analphabétisme (maladie, sécurité sociale, isolement et schismes).

9)   Comment puis-je m’impliquer pour aider la fondation lors du Défi Scotia ?

La première action possible est de joindre l’équipe de coureurs pour l’Alphabétisation pour courir 5k ou 21k dimanche 26 avril 2015 (le parcours est plat). La deuxième est de faire un don en ligne à la Fondation, directement sur la page des coureurs.

Les deux peuvent se faire via le même site web.

10) Et en dehors de la course, comment puis-je m’impliquer pour aider la fondation ?

En donnant à la Fondation, ou en participant aux nombreuses activités de la Fondation, dont la Lecture en Cadeau (programme de prévention de l’analphabétisme chez les enfants en milieux défavorisés).

Oui, la magicienne a réussi à son coup ! Votre blogueuse « course » est maintenant membre à part entière de la Fondation pour l’Alphabétisation, et à ce titre, elle courra le 21 km du Défi Scotia.

Soyez-y avec nous !

*DÉFI BANQUE SCOTIA. La course du 26 avril est une course populaire qui présente des distances de 5k et 21k et fait partie du championnat canadien du Demi-Marathon.  Elle inclut un volet caritatif qui permet aux coureurs de s’associer à une cause de leur choix afin de lever des fonds, alors que l’infrastructure technologique et les bourses sont offertes par le commanditaire principal, la Banque Scotia.  

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