Deux veuves pour un testament, de Donna Leon

Le commissaire Brunetti est de retour dans cette 20e enquête. À Venise, comme toujours.

 


9782702143742

L’intrigue

Une dame d’un certain âge est retrouvée dans son appartement par une voisine, étendue dans une petite mare de sang. Mort naturelle, affirme le médecin légiste, conséquence d’une crise cardiaque suivie d’une commotion cérébrale – dans la chute, la tête a heurté le radiateur. « Oui, mais… », pense Guido Brunetti, chargé de l’enquête. Il y a quelque chose de pas net, cette marque, là, sur son cou… Mené par son intuition, le commissaire sillonne le centre de Venise, et nous avec lui, à pied ou à bord d’un bateau-bus.

 Les personnages

Guido Brunetti, bien sûr, avec qui les milliers de fans de l’auteure ont fait connaissance en 1992 dans Mort à La Fenice. Élégant, jamais très pressé, le genre à réfléchir sur le sens de l’existence entre deux rendez-vous, il est notre guide dans cette ville unique. D’origine modeste, Brunetti est marié à Paola, prof d’université au sang bleu – son père est comte –, et ils ont deux enfants, aujourd’hui jeunes adultes. Elettra, la secrétaire de son supérieur, qui ne semble jamais occupée mais qui en fait dirige le commissariat, en plus de souvent s’avérer une aide précieuse pour Brunetti.

C’est le 20e d’une série…

Faut-il d’abord lire les 19 romans précédents ? Non, car l’intrigue et les personnages, bien présentés, se suffisent à eux-mêmes. Oui, si, en découvrant l’univers particulier de Donna Leon, on tombe sous le charme. Brunetti est un personnage complexe, qui a 22 ans d’enquêtes et de réflexions derrière la cravate.

 Un extrait

« Elle prit une profonde inspiration, fit un pas, puis un deuxième, puis un troisième, et s’arrêta, se sentant incapable d’aller plus loin. Se disant de ne pas être idiote, elle se força à se pencher en avant pour regarder par la porte entrouverte. “Constan…” Elle s’interrompit et porta brusquement une main à sa bouche tandis qu’elle découvrait un avant-bras posé sur le sol. Puis un bras, une épaule, une tête, ou plus exactement une nuque. Et des cheveux blancs portés courts. »

Lisez les cinq premières pages de Deux veuves pour un testament, de Donna Leon.

Donna Leon in Venice

Donna Leon

Surnommée « la Simenon de Venise », elle est pourtant née bien loin du pont des Soupirs, ayant vu le jour à Montclair (37 850 habitants), dans le New Jersey. Professeure de littérature anglaise, elle a enseigné dans le vaste monde avant d’atterrir au pays de Fellini.Traduits en 20 langues,
ses romans ne sont pas disponibles en version italienne, un souhait de l’auteure. « Je ne prends aucun plaisir à être une personne célèbre », peut-on lire sur son site Web.
« La teneur de ma vie changerait du tout au tout si mes romans étaient traduits en italien, car je suis complètement anonyme ici ! »

Guido Brunetti, lui, est une vraie star, bien que fictive. Brunetti passe à table – Recettes et récits dévoile les secrets de ses plats préférés (car le commissaire est un fin gourmet) et propose des visites guidées des lieux qu’il fréquente.

Le commissaire tient aussi la vedette dans une télésérie allemande, tournée à Venise  dans les années 2000 et traduite en français. Aux fans de décider lequel des deux acteurs qui ont donné vie à Brunetti (Joachim Król ou Uwe Kockisch) ressemble le plus à l’image qu’ils se sont fabriquée de lui…

Un tête-à-tête entre deux romancières : Chrystine Brouillet et Donna Leon, à lire ici.

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