Ronde, et alors?

Comment les selfies m'ont redonné confiance en moi

« “Ce que t'es belle!”, “Wow, tu es magnifique!”, “Superbe! ”. Allez savoir pourquoi, ces gentils commentaires me sont allés droit au cœur. Si des étrangers me disaient que j'étais jolie, ça ne pouvait qu'être vrai, non? » Joanie Pietracupa nous explique comment les selfies lui ont redonné confiance en elle.

Joanie-bandeau

Il y a tellement de choses à dire sur l’art de l’égoportrait qu’on pourrait probablement écrire un livre sur le sujet. Peut-être même une série de bouquins. Et je ne parle pas ici d’un recueil de photos aguichantes comme celui publié par Kim Kardashian l’an dernier, non. Je parle d’un vrai de vrai livre où l’on expliquerait en détail toutes les idées et toutes les émotions que peut véhiculer un simple cliché de soi-même.

Vous pensez que je délire? Qu’un selfie n’est qu’un gros trip d’égocentrisme qui sert à souligner notre propre narcissisme à grands coups de portraits flatteurs souvent embellis par des filtres ou Photoshop? Vous avez peut-être raison. N’empêche, je crois que ces photos peuvent avoir du bon et même faire du bien à certaines personnes. Comme à moi.

Jeune femme prend une selfie

Photo: iStock

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On m’a toujours dit que j’étais photogénique. Cent fois – pour ne pas dire mille fois – plus souvent qu’on m’a complimenté sur mon apparence. C’est sûrement un commentaire qui fait plaisir aux mannequins, étant donné que ces derniers gagnent leur vie en prenant la pose devant une caméra, mais pas à moi. Enfin, pas vraiment. Quand on me dit «Tu es photogénique!», j’entends «Tu es beaucoup plus belle en photo qu’en vrai!» Ce n’est sûrement pas ce que les gens sous-entendent, mais c’est ce que je comprends. Que voulez-vous, c’est mon défaut de fabrication: je cherche toujours à lire entre les lignes là où il n’y a même pas de texte.

Il y a quelques années, j’ai vécu une période plutôt difficile. Une grosse séparation m’a brisé le cœur – et l’estime de moi. J’ai pleuré des litres de larmes, j’ai déprimé, j’ai tout remis en question. Moi la première. J’ai commencé à m’insulter, à me dénigrer, à me regarder de travers. À haïr les traits de mon visage, à maudire mes kilos en trop, à détester mon corps tout entier. Peu importe ce que ma famille et mes amis me disaient, j’éprouvais tous les jours un peu plus de dégoût pour mon image corporelle. Parce que nos proches n’ont pas le choix de booster notre égo, right? De nous flatter dans le sens du poil, même s’ils ne le pensent pas vraiment, surtout quand tout va mal?

Pendant très longtemps, je me suis dépréciée… Jusqu’à ce que je prenne une photo de mon visage fraîchement maquillé et de mes cheveux tirés à quatre épingles, en route pour le mariage d’une amie. (Que voulez-vous, je trouvais ma mise en beauté particulièrement réussie, cette journée-là). Après quelques secondes d’hésitation, j’ai publié cet égoportrait sur mon compte Instagram. Surprise! Les likes ont afflué de toutes parts, comme les compliments. «Ce que t’es belle!», «Wow, tu es magnifique!», «Superbe!». Allez savoir pourquoi, ces gentils commentaires me sont allés droit au cœur. Si des étrangers me disaient que j’étais jolie, ça ne pouvait qu’être vrai, non? Sauf me faire plaisir (et rougir), que retiraient ces inconnus de leurs compliments gratuits? Pas grand-chose.

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J’ai refait l’expérience à quelques reprises dans les semaines qui ont suivi le mariage. Chaque fois, mes photos récoltaient les «likes» et les compliments à la tonne. Chaque fois, je retrouvais un peu plus confiance en moi. C’est niaiseux, non? Premièrement, je n’accorde pas beaucoup d’importance à l’apparence physique, la mienne et celle des autres. Sauf que c’est lorsque l’on souffre d’une grave carence en confiance en soi qu’on réalise que sans ça, c’est pratiquement impossible d’être bien dans sa peau. Deuxièmement, je sais très bien que l’amour virtuel n’est que ça: virtuel. Un mirage, un mensonge.

N’empêche, l’insécurité qui me rongeait a cédé sa place à l’estime de soi. Et ça, ça n’avait pas de prix pour moi. Même aujourd’hui, presque complètement guérie, quand j’y repense, je me demande où j’en serais sans l’amour inconditionnel de mes «suiveux» sur Facebook et Instagram. C’est pourquoi je suis toujours la première à plaidoyer pour qu’on arrête le fameux selfie bashing. Oui, ces clichés-là sont superficiels, égocentriques, narcissiques et un brin pathétiques. Mais savez-vous quoi? Des fois, ils nous sauvent de bien des maux. Des fois, ils nous aident à nous regarder avec des lunettes roses quand tout est noir autour et à l’intérieur de nous. Pour ça, juste pour ça, je vais toujours encourager les égoportraits. Et, promis juré, je vais continuer d’aimer et de complimenter vos photos sur les réseaux sociaux.

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