Dix choses que je déteste dans le fait d’être grosse

«J’ai eu envie, l’espace d’un instant, de vous partager tout ce que je n’aime pas de ma vie dans un corps de grosse. J’ai besoin de vous présenter la partie de moi que je montre rarement aux autres», confie notre blogueuse Joanie Pietracupa.

 

Joanie-bandeau

Avez-vous lu l’excellent texte «Lettre à moi-même – Écoute-les pas» rédigé par Gabrielle Lisa Collard pour son blogue Dix octobre la semaine dernière? Non? Alors je vous laisse un petit dix minutes pour le faire avant de poursuivre la lecture de mon billet, question de vous mettre dans le mood.

Ouf, hein? Trouvez-vous comme moi qu’il s’agit d’un véritable coup en pleine gueule? Ou d’un coup de couteau dans le cœur? Il faut croire que je suis inspirée par la brutalité des mots de Gabrielle, sorte de petites armes de destruction massive. D’ailleurs, ce n’est que quand j’ai terminé la lecture de son texte que j’ai réalisé que les larmes coulaient à flots sur mes joues. Ça m’a ramené à moi, à ma propre relation avec mon corps. Mon corps de grosse. Et j’ai eu envie, l’espace d’un instant, de vous partager tout ce que je n’aime pas de ma vie dans un corps de grosse. J’ai besoin de vous présenter la partie de moi que je montre rarement aux autres – et surtout pas à vous. La Joanie qui a peur, qui est émotive et qui se dévalorise.

Woman hiding face
Photo: iStock

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Je déteste… avoir peur de me faire lancer des insultes ou des regards méprisants dès que je quitte mon appartement, pour la seule raison que j’ai un surplus de poids apparent. Revenez-en, les gens! Personne ne se ressemble et c’est parfait comme ça.

Je déteste… me sentir paranoïaque quand je me retrouve dans un lieu public, entourée d’étrangers, parce que j’ai l’impression que tout le monde me dévisage et me juge par rapport à mon embonpoint. Je l’avoue, ça se passe sûrement entre mes deux oreilles, mais n’empêche qu’il y a probablement une bonne raison pour expliquer mon comportement, et voilà, je déteste cette raison.

Je déteste… tomber par hasard sur d’anciennes photos de moi, du temps où j’étais mince et élancée. J’ai vécu beaucoup de belles et de moins belles choses, ces dernières années, et bien que je m’entraîne souvent et que je fais attention à ce que je mange, mon corps est ce qu’il est aujourd’hui et je ne peux apparemment rien y changer. Et ça, croyez-moi, ça prend beaucoup de courage et de volonté pour l’accepter.

Je déteste… que quiconque me cède sa place dans l’autobus ou dans le métro parce qu’il ou elle croit à tort que je suis enceinte. Quoique je devrais peut-être simplement en profiter sans chialer étant donné que les sièges libres dans les transports en commun se font aussi rares que les discours nuancés de Donald Trump?

Je déteste… avoir peur d’être à l’étroit dans mon siège lorsque je prends l’avion, et avoir encore plus peur que mes voisins roulent des yeux ou soupirent d’exaspération en réalisant que je vais envahir leur espace personnel pendant tout le vol. Prenez un Xanax et fermez vos yeux, très chers amis.

Je déteste… être stressée à l’idée d’aller sur une date Tinder ou Bumble sans trop savoir si le gars a bel et bien vu mes photos en plan moyen où l’on aperçoit ma silhouette enrobée en entier. Va-t-il être déçu et quitter le restaurant d’un pas précipité en m’apercevant?

Je déteste… me sentir mal dans ma peau lorsque je magasine. On dirait que les tailles des vêtements rapetissent un peu plus chaque jour et que je dois maintenant presque exclusivement faire mes achats dans des boutiques taille plus. Vous trouvez ça normal, vous, de porter du 14 chez H&M et du 22 chez Forever21?

Je déteste… croire ceux qui disent que je devrais éviter de porter des crop tops ou des robes deuxième peau parce que ce n’est pas flatteur pour ma silhouette pulpeuse. Au moins, ça ne m’arrive qu’à l’occasion. Il me semble qu’on devrait tous avoir le droit de se vêtir comme on veut sans avoir l’impression qu’on défie le monde entier en portant un morceau de tissu écourté ou ajusté, non?

Je déteste… avoir à me définir comme étant une femme taille plus. Pourquoi devrais-je décrire ma silhouette de la sorte, pour la seule raison que je fais de l’embonpoint, alors que les gens minces n’ont pas à le faire? Quelle est la logique derrière ça? Je suis bien plus que mon apparence physique!

Je déteste… me sentir triste, déçue, confuse ou honteuse en regardant mon reflet dans le miroir. Heureusement, ça m’arrive de moins en moins souvent, mais j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir pour avoir une confiance en moi inébranlable. Et pour tout vous dire, c’est OK avec moi. Parce qu’il s’agit là du combat d’une vie, non?

À LIRE: Que pensent les autres de notre apparence?

Suivez Joanie Pietracupa sur Twitter (@theJSpot) et Instagram (@joaniepietracupa).

 

 

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