Nous sommes toutes des «vraies filles»

Notre chroniqueuse Joanie Pietracupa n’a pas particulièrement aimé la réaction des internautes au sujet de la pub de lingerie de Lonely mettant en vedette Lena Dunham et Jemima Kirke.

 

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C’est sûr et certain que vous avez vu la nouvelle passer dans vos fils d’actualités la semaine dernière. Je pense que tous les médias, blogueurs et influenceurs sans exception en ont parlé. De quoi? De la nouvelle campagne de publicité lancée par la marque de lingerie fine Lonely mettant en vedette les actrices américaines Lena Dunham et Jemima Kirke. Dans les images léchées mais non retouchées, on peut voir les deux amies vêtues de jolis dessous coordonnés en dentelle, assises de manière désinvolte, mais surtout de façon à dévoiler leurs rondeurs plus ou moins prononcées.

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Photo: Lonely

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Je pense avoir tout lu sur cette campagne. Le meilleur comme le pire. Le meilleur étant que ça fait du bien de voir des «vraies filles» dévoiler leurs «vrais corps» en lingerie. Que ça nous donne confiance, que ça nous inspire et que ça nous rend heureuses. Qui? Nous, les femmes «ordinaires», qui enfin pouvons nous reconnaître dans une publicité de sous-vêtements (désolée, anges de Victoria’s Secret, mais disons que vous frôlez un peu trop la perfection pour le commun des mortels). Je trouve surtout génial que la campagne ne se vante pas en grande pompe de faire la promotion de la diversité corporelle, mais qu’elle le fasse à sa manière, tout simplement.

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Photo: Lonely

De la part des internautes, le pire que j’ai lu c’est que c’est très «confrontant» de voir des corps «imparfaits» ainsi dénudés et mis en scène dans des moments de la vie quotidienne. Que les bourrelets et autres petites imperfections des modèles sont choquants. Que ces photos ne sont pas «esthétiques», encore moins belles. Surtout pas inspirantes, ont écrit certains.

Ce qui me dérange le plus et que je trouve le plus dommage dans tout ça, c’est qu’on est tellement habituées de se faire gaver d’images «photoshoppées» à l’extrême qu’on s’extasie (ou qu’on se choque) trop facilement et trop rapidement lorsqu’on nous offre des photos de «vraies filles» non retouchées, comme s’il s’agissait de l’idée du siècle ou d’une innovation incroyable.

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Photo: Lonely

Nous sommes toutes des «vraies filles» qui vivons dans un «vrai corps». Pas besoin d’une marque de lingerie, ni même de Lena Dunham ou de Jemima Kirke, pour nous le rappeler. Suffit de regarder autour de nous – nos proches, nos amies, nos voisines, les femmes qu’on croise dans la rue – pour voir la beauté. La vraie beauté. Celle sans guillemets. Et, comme l’a si bien dit mon amie Julie Artacho dans un récent statut sur le sujet: «La diversité est partout autour de vous déjà. N’attendez pas que la société vous la présente et vous dise que c’est OK avant de la voir et de l’accepter.»

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Ah! Dernière chose. Cher Lonely, tant qu’à utiliser des «vraies filles» aux «vraies courbes» dans ta campagne publicitaire, pourquoi ne pas offrir des soutiens-gorges qui vont au-delà du 36D et des culottes de taille 2XL ou même 3XL? Tant qu’à chialer pour chialer, t’sais… Sincèrement vôtre, une femme «ordinaire» qui se sent pas mal extraordinaire, même sans airbrush.

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