Ronde, et alors?

Le jour où j'ai arrêté de me comparer aux autres

Pourquoi les femmes ne peuvent-elles s’empêcher de se comparer les unes aux autres? En maillot de bain ou au bord de la plage, aimons-nous! C’est ce que souhaite Joanie Pietracupa.

Il y a trois semaines, je suis partie en voyage à Zurich, en Suisse, pendant quelques jours avec une amie. Une ex-collègue devenue une copine avec les années, que je vois trop peu souvent mais que j’aime profondément. Une fille belle et lumineuse comme un rayon de soleil. Élancée, avec des courbes là où il faut et une chevelure de princesse de Disney. Un sourire à faire damner un saint et un style à tout casser, aussi. Le genre de fille que les autres filles adorent détester en cachette ou même plutôt publiquement. Sauf que celle-ci est si douce, gentille et généreuse qu’il est im-po-ssi-ble de la haïr. Croyez-moi, j’ai presque essayé.

Je suis donc partie en voyage avec l’une des plus belles femmes que j’ai vue dans ma vie. J’ai glissé quelques jolies robes dans ma valise, en espérant être à la hauteur – ou, du moins, ne pas me sentir trop «pichou» à ses côtés – pour nos sorties en soirée. Ça, des jeans et plusieurs vestes à manches longues. C’est que, voyez-vous, Météomédia annonçait beaucoup de pluie et un temps frais et humide. Parfait pour moi, m’étais-je dit, pas besoin d’exhiber mes bourrelets dans des camisoles, shorts et maillots! Mais – surprise, surprise! – on a plutôt eu droit à un soleil plombant et à une canicule accablante. Résultat: j’ai eu chaud, très chaud, pendant tout notre séjour.

 

Aerial view of Zürich city center with famous Fraumünster Church and river Limmat at Lake Zurich from Grossmünster Church, Canton of Zürich, Switzerland.

Photo: iStock

Au bout de quelques jours, mon amie m’a demandé si j’avais envie d’aller me baigner dans l’un des lidos de Zurich (des bains publics et unisexes où l’on peut nager à même la rivière Limmat). «Ouiiiii! Oh, mais j’y pense, je n’ai pas apporté de maillot étant donné qu’il annonçait super froid», lui ai-je dit. «Pas grave, on va aller t’en acheter un chez H&M!», a-t-elle répondu. Ouin, sauf que rien ne va me faire, là-bas, ai-je pensé. Vous auriez dû voir ma tête lorsque j’ai aperçu les différents modèles offerts en magasin: des micro bikinis, des culottes strings, des tops bandeaux format mini et des une-pièce ultra échancrés.

À LIRE: Comment les selfies m’ont redonné confiance en moi

J’ai choisi la plus grande taille (un 12, alors que je porte habituellement du 16 ou du 18) du maillot le moins bariolé (mais au décolleté vertigineux, on ne s’en sauve pas!) et je me suis dirigée vers les cabines d’essayage. Je l’ai enfilé, je me suis regardée dans le miroir, j’ai ri un bon coup, puis j’ai décidé de l’acheter même si j’avais l’air de Kim-Kardashian-la-toute-nue en vacances, pour la seule et unique raison que je rêvais de me baigner dans l’eau fraîche depuis notre arrivée en Suisse.

Photo: Joanie Pietracupa/Instagram

Photo: Joanie Pietracupa/Instagram

Une fois arrivées au lido, ma copine et moi avons vite enfilé nos maillots dans la salle de bain. Seul hic: je n’osais plus sortir de la cabine tant j’étais gênée de mon allure «Lil Kim va à la plage». Une main cachant mes seins presque entièrement exposés et l’autre camouflant mon ventre boudiné dans le une-pièce beaucoup trop ajusté, j’ai fini par émerger de la toilette. «Wow! Tu es magnifique! Le maillot te va à merveille et ton décolleté est top sexy!», m’a lancé mon amie, l’air vraiment sincère. Ah bon? J’ai zieuté tout autour de moi et j’ai vu des dizaines de femmes de toutes les tailles, de toutes les silhouettes et de tous les âges, qui se souriaient et s’admiraient entre elles. Pas un seul bras qui recouvrait un bedon rond ou une cuisse dodue. Juste de l’amour et de l’émerveillement à profusion. Et c’est là, au beau milieu de toutes ces filles à la plastique parfaite ou non, que j’ai enfin décidé d’arrêter de me comparer aux autres, une fois pour toutes. On sera toujours l’idéal de beauté féminine d’une autre. Alors pourquoi pas de soi-même?

À LIRE: En finir avec la peur des maillots de bain

Suivez Joanie Pietracupa sur Twitter (@theJSpot) et Instagram (@joaniepietracupa).