Santé

Blanchiment des dents: tout ce qu'il faut savoir

Un sourire éclatant, c’est tentant. Mais avant de songer à se faire blanchir les dents, mieux vaut s’informer.

Photo: iStock.com/OlgaMiltsova

Ça y est, c’est décidé: fini le sourire terne, bonjour les dents immaculées! Qu’on choisisse une méthode de blanchiment offerte en pharmacie ou administrée par un professionnel, une précaution s’impose: on doit d’abord consulter son dentiste. Et pour cause.

« Le blanchiment peut aggraver une carie jusqu’à abîmer le nerf de la dent, ce qui nécessite alors un traitement de canal. Il peut aussi faire des dommages si on a la moindre lésion dans la bouche ou sur les gencives », explique le Dr Barry Dolman, qui était jusqu’à tout récemment président de l’Ordre des dentistes du Québec. Prudence, donc. 

Comment ça fonctionne?

Les traitements de blanchiment contiennent du peroxyde, en concentration variable. Cet ingrédient agit sous la surface de la dent, contrairement à certains dentifrices blanchissants qui ne s’attaquent qu’aux taches superficielles par un procédé abrasif.

Puisqu’il pénètre l’émail, le peroxyde peut rendre les dents beaucoup plus sensibles au froid ou à la chaleur. Si on est sujette à ce type de symptôme, le dentiste pourra ajouter un agent désensibilisant au traitement.

La méthode par gouttières sur mesure fabriquées par le dentiste offre plusieurs avantages. D’abord, le gel blanchissant peut y être placé de façon à cibler certaines zones précises de notre dentition. Ensuite, puisqu’on les utilise pendant plusieurs jours avec une concentration de peroxyde moins élevée, les gouttières risquent moins de provoquer de la sensibilité dentaire. On pourra aussi s’en resservir quelques années plus tard pour un nouveau traitement, si on le souhaite.

Pas chaude à l’idée d’avoir à étaler le processus sur plusieurs jours?

Certains traitements donnent des résultats plus rapides: le dentiste applique le gel à base de peroxyde directement sur les dents, puis il l’active à l’aide d’un laser ou lumière DEL. Toutefois, ce procédé n’en vaut pas toujours la peine, estime le Dr Barry Dolman. « Inutile de dépenser une fortune pour un traitement au laser. Le résultat sera exactement le même qu’avec des gouttières. » D’autant que, plus une méthode de blanchiment agit à courte échéance, plus elle nécessite des concentrations élevées de peroxyde. Les risques de provoquer une sensibilité dentaire sont accrus.

Un conseil: on s’adresse toujours à un dentiste pour les soins offerts en clinique. Le Dr Dolman mentionne le cas d’une personne s’étant retrouvée aux urgences avec de graves brûlures aux lèvres et aux gencives après avoir subi un blanchiment dans une clinique d’esthétique.

Les produits en vente libre

Les bandelettes et gels qu’on trouve sur les étagères des pharmacies blanchissent bel et bien les dents. Ceux qui portent le sceau de l’Association dentaire canadienne ont même été étudiés par des experts indépendants ayant vérifié qu’ils tiennent leurs promesses.

Mais attention: même si ces produits utilisent des concentrations moins élevées de peroxyde que les traitements offerts chez le dentiste, ils peuvent tout de même accroître la sensibilité dentaire.

Cela dit, ce ne sont pas les traitements vendus en pharmacie qui inquiètent le plus le Dr Aaron Burry, de l’Association dentaire canadienne. « Maintenant, les gens peuvent commander des produits d’un peu partout dans le monde. Plusieurs de ces traitements n’ont pas été testés par Santé Canada et pourraient non seulement être inefficaces, mais aussi présenter un risque pour la santé », dit-il.

Des résultats variables

On n’est pas tous égaux devant le blanchiment des dents. L’épaisseur de l’émail, par exemple, a une influence marquée sur l’efficacité du traitement. Certaines parties de la dent peuvent aussi réagir différemment. Et le peroxyde ne changera pas la couleur du matériau qui compose les couronnes et les facettes. Il n’agit pas non plus sur la teinte de la dentine, c’est-à-dire l’ivoire des dents normalement protégé par la gencive, mais qui peut se retrouver exposé avec l’usure. Elle est en général un peu plus jaune que l’émail.

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