Santé

Boit-on trop?

Un verre ou deux, ça va. Mais davantage?

Photo: Carsten Witte/Getty Images

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Compter le nombre de verres qu’on boit dans une soirée ? Ce n’est pas pour moi. Je me fie à mon baromètre interne : quand la chaleur me monte aux joues, je sais qu’il est temps d’arrêter.

Le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, n’est pas enchanté par ma méthode. « Trois ou quatre consommations en une seule occasion augmentent pas mal notre moyenne hebdomadaire », dit-il. Et la plupart des gens, les jeunes et les femmes surtout, sous-estiment la quantité d’alcool qu’ils consomment. Selon les recommandations canadiennes, les femmes ne devraient pas prendre plus de deux consommations par jour, jusqu’à concurrence de 10 par semaine. Trois consommations lors d’occasions spéciales. « Très exceptionnellement, on peut aller jusqu’à quatre », précise Hubert Sacy.

Plus qu’hier, moins qu’ailleurs

Le hic, c’est que, quand la fête bat son plein, on perd vite le compte. Sans oublier que certains verres à vin ont la taille d’un bol à soupe !

Collectivement, nous buvons davantage. Entre 1997 et 2010, la consommation annuelle par personne, au Québec, est passée de 6,9 litres à 8,5 litres d’alcool pur – l’équivalent de 22 litres de vin ou 96 litres de bière.

Et les femmes ne sont pas en reste. Entre 1994 et 2005, la consommation d’alcool à risque a doublé chez les Québécoises. À risque, c’est-à-dire au-delà des quantités recommandées. En effet, bien des filles lèvent le coude comme des gars. Le problème, c’est que le foie féminin métabolise moins facilement l’alcool que celui des hommes.

Tout de même, les recommandations canadiennes ne sont-elles pas trop sévères pour être respectées ? En France, le total permis pour les femmes est de 14 verres hebdomadaires, 4 de plus qu’au Canada ! Par contre, dois-je ajouter, aux États-Unis, c’est sept verres par semaine, pas plus.

Comme ces directives sont basées sur des études scientifiques, elles devraient théoriquement être identiques. Mais, selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé, elles doivent prendre en compte la culture du pays. C’est donc dire qu’il existe un certain flou… éthylique en matière de recommandations.

Pas si bon pour la santé

Oui, mais… De plus en plus d’études arrivent à la conclusion que l’alcool accroît les risques de cancer même à raison d’un seul verre par jour ! C’est du moins ce que révélait, en 2012, la revue Annals of Oncology. D’autre part, le CIRC détient assez de preuves scientifiques pour affirmer que l’alcool est associé aux cancers du cerveau, de la gorge, du sein, de l’intestin et du foie. Le vin rouge n’est même pas une panacée pour le cœur : au-delà d’une consommation modérée, le risque de troubles cardiovasculaires, dont l’AVC, est plus grand.

Difficile à accepter, non ? Pendant des années, on nous a répété que le vin rouge était bon pour la santé. On découvre maintenant que l’éthanol, composant principal des boissons alcoolisées, est cancérigène. Et que bu en grandes quantités l’alcool augmente la tension artérielle. Et endommage le foie.

Faudrait-il cesser de prendre un verre ? Bien sûr que non. Par contre, le conseil d’Hubert Sacy est certainement judicieux : y aller au pif n’est pas la meilleure méthode. Il est temps de commencer à compter le nombre de verres que nous buvons dans une soirée… et dans une semaine. OK, je m’y mets au prochain cinq à sept.

Une consommation, c’est…

  • 140 ml de vin
  • 340 ml de bière
  • ou 45 ml de spiritueux.

Quelques trucs

  1. Boire de l’eau pour étancher sa soif avant de prendre un verre. Alterner ensuite eau et vin.
  2. Éviter les grignotines salées, qui incitent à boire rapidement.
  3. Découvrir d’autres façons de décompresser en fin de journée.
  4. Noter le nombre de verres que l’on boit et à quelle occasion pour mieux connaître ses habitudes de consommation.

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