Santé

Denis Fortier : quand l’empathie ouvre la voie à la guérison

L’empathie, cette aptitude à être sensible à ce que les autres vivent, ouvre souvent la voie à la guérison. Et ça s’apprend !

Mylène sera bientôt opérée au dos. L’anesthésie générale et l’hospitalisation l’inquiètent au point qu’elle a du mal à dormir. Quand elle s’en est ouverte au personnel soignant, la réponse a été cinglante : « On ne va quand même pas faire l’intervention dans votre salon ! » lui a-t-on rétorqué.

Pas certain que cette phrase l’ait calmée. L’anxiété préopératoire qu’éprouve Mylène est associée à des niveaux plus élevés de douleur, à une utilisation accrue d’analgésiques et à de plus longs séjours à l’hôpital. Ce problème doit être évalué, traité et surtout ne jamais être pris à la légère. Le mal-être ne sera jamais un vecteur de santé.

Le bonheur réside parfois dans de simples gestes et génère cet effet doudou qui nous rassure et nous fait du bien. Et si celui-ci s’invitait à notre prochain rendez-vous médical, comme une certaine chimie qui passe entre soi et l’autre, un baume qui ouvre les canaux de communication ?

C’est en plein l’effet que produit l’empathie. Elle permet de mieux ressentir, comprendre et mettre en contexte ce que l’autre vit.

« L’empathie, tu l’as ou tu l’as pas ! » a laissé tomber Mylène, lors d’une de nos rencontres. En fait, cette aptitude n’est pas qu’innée. C’est une compétence qui s’enseigne, s’acquiert et se développe. Et ses bienfaits étonnent !

La présence de soignants aptes à se mettre à la place d’autrui serait associée à une diminution de la douleur lors de l’accouchement et à un risque moindre de dépression chez les personnes atteintes de cancer. Donc seuls les patients en bénéficieraient ? Pas du tout. Ses avantages se feraient aussi sentir chez les soignants. Plus ils seraient à l’écoute de l’autre, moins ils risqueraient de souffrir d’épuisement.

L’empathie occupe à la fois le cœur et la tête, certes, mais elle ne devrait jamais nous envahir. Elle se distingue de la contagion émotionnelle, qui se manifeste par le transfert des émotions d’une personne vers une autre, à l’écoute. Cette contagion peut mener à la fatigue de compassion.

Force est d’admettre que notre système de santé agit souvent comme un éteignoir. Plusieurs études ont démontré que certains contextes découragent les comportements empathiques : le peu de temps accordé à chaque patient, par exemple, ou encore le manque de personnel et l’inévitable fatigue liée à ces situations récurrentes.

Soigner est parfois devenu un exercice comptable périlleux qui laisse peu de place aux rapports humains. « On n’est pas au département des miracles », ai-je souvent entendu.

Et si le miracle était possible ? S’il résidait justement dans la mise en valeur du lien de qualité et dans le maintien d’un terreau propice à la confiance, à la collaboration et à des soins plus efficaces ?

Plusieurs équipes de soignants parviennent à réaliser ce tour de force avec les ressources qu’on leur alloue. Il faut saluer leur travail et le valoriser. Grâce à leur humanité, ils font que la maladie et les moments de fragilité se vivent beaucoup mieux.

À voir.
La chaîne YouTube du psychologue Julien Besse, notamment sa vidéo intitulée « Tout ce que vous devez savoir sur l’empathie ».

À envisager.
Souligner à sa façon l’approche empathique d’un soignant en lui témoignant, par exemple, son appréciation. Cela fait du bien à tous et renforce le lien thérapeutique.

À lire.
Cessez le feu ! Comment désamorcer les violences du quotidien, un guide pratique de la travailleuse sociale Isabelle Côté pour vivre des relations plus saines, publié aux Éditions Trécarré, 27,95 $.

 

À lire aussi : Denis Fortier : le grand air, ce super antidote

Pour tout savoir en primeur

Inscrivez-vous aux infolettres de Châtelaine
  • En vous inscrivant, vous acceptez nos conditions d'utilisation et politique de confidentialité. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.