Santé

Denis Fortier : le grand air, ce super antidote

Et si on passait plus de temps dans la nature  ? Après tout, les espaces verts sont la source de tellement de bienfaits.

Maria reprend son souffle après une séance au pas de course à pousser le fauteuil roulant de son fils. S’entraîner de cette façon, au grand air, lui permet de faire un pied de nez à l’épreuve qui lui est tombée dessus quand Joey avait huit ans.

Le diagnostic d’ataxie a changé bien des choses pour eux. Il leur a notamment appris que la santé et le bonheur ne se limitent pas à la fatalité chromosomique.

Depuis des années, mes voisins Maria et Joey prennent soin d’eux grâce au parc, cet écrin de verdure qui leur sert d’antidépresseur, de source d’oxygène et de travailleur social.

De ma fenêtre, je les vois sourire et respirer profondément. Leur joie de vivre est contagieuse.

La santé ne se maintient pas seulement par les médicaments, les visites chez le médecin et les hospitalisations, bien que notre système s’articule autour de cette triade, aussi inefficace soit-il.

Les urgences implosent. Les listes d’attente s’allongent. Pendant ce temps, on néglige un précieux déterminant de la santé : notre environnement immédiat. La nature doit en faire partie.

Vivre près d’un parc incite à bouger et à respirer profondément, ce qui déclenche une cascade de bénéfices prouvés par la science. Ainsi, cette proximité diminue la prévalence du diabète de type 2, des troubles cardiovasculaires et de la prééclampsie, une cause majeure d’accouchement prématuré.

La bienveillance de la nature se révèle aussi par les arbres, qui améliorent la qualité de l’air en agissant comme des filtres contre de nombreux polluants. Érables, bouleaux, chênes et autres favorisent le sommeil en réduisant le stress provoqué par le bruit.

Tous ces éléments positifs doivent être mis en valeur par les décideurs publics. Mais on dirait parfois que ce sont eux, les plantes vertes, puisqu’ils semblent incapables de considérer la santé dans sa globalité. Une inertie désolante.

Maria et Joey discutent maintenant sous le frêne avec le doyen du quartier. Éclats de rire et échanges amicaux. Un moment anecdotique ? Oh que non ! Fréquenter les parcs favorise aussi la cohésion sociale. C’est un puissant antidote à la solitude, ce terreau propice à la dépression, aux idées suicidaires et, étonnamment, à un risque accru de douleur chronique.

La nature soigne, été comme hiver. C’est vrai pour Maria, mère pugnace devant la maladie évolutive de son fils, aujourd’hui âgé de 31 ans. Espérons que ce sera bientôt tout aussi vrai pour chacun de nous. Que cette richesse foisonnante, gratuite et exempte de listes d’attente puisse le plus souvent possible nous revigorer !

À FAIRE CHAQUE JOUR. Trente respirations lentes et profondes sous notre arbre préféré. Ça active le système nerveux parasympathique, l’expert antistress.

À VISITER. Le Marais de la Rivière-aux-Cerises, à Magog, le seul milieu humide du Québec ouvert toute l’année. Un endroit privilégié et apaisant pour (re)tomber amoureux de la nature et se ressourcer.

À LIRE. Prendre soin – Au chevet du système de santé, d’Alain Vadeboncœur, Lux Éditeur, 148 pages. Un livre qui panse et repense la santé.

 

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