Alimentation

Elles ont changé leur alimentation et elles se portent mieux

Migraines, douleurs chroniques, énergie en berne : Nadine, Mireille et Mélissa souffraient de petits et de grands maux. Chacune d’elles a décidé de revoir de fond en comble son alimentation. Depuis ce virage, elles sont radieuses !

alimentation

Photo : Michael Abril

Châtelaine rappelle qu’avant d’apporter des changements importants à son alimentation, il est conseillé de consulter son médecin.

Nadine Lefebvre 45 ans, technicienne en pharmacie, Napierville, Montérégie

À la fin de la trentaine, mon conjoint et moi cherchions tous deux à perdre du poids. Nous respections les principes du Guide alimentaire canadien et nous nous entraînions trois fois par semaine. Mais ça ne fonctionnait pas.

Mon conjoint a lu les livres du DJason Fung et a eu envie d’essayer sa méthode. Ce médecin de Toronto fait jeûner (de façon intermittente) ses patients pour les aider à maigrir et à recouvrer la santé. Des personnes diabétiques arrivent même à éliminer l’insuline après quelques mois.

Le jeûne intermittent consiste à passer chaque jour une longue période sans manger, 16 heures, par exemple, et à s’alimenter pendant la fenêtre de 8 heures restante. Souvent, les gens décident de sauter le petit-déjeuner. Cela me semblait une montagne insurmontable : j’ai toujours mangé dès mon réveil, vers 6 ou 7 h. Mais quand j’ai constaté que mon conjoint fondait à vue d’œil, je l’ai suivi dans l’aventure.

Au début, je trouvais mes journées difficiles. J’avais des étourdissements. Nous avons compris qu’il fallait nous y prendre autrement. Il faut rester bien hydraté et s’assurer que nos minéraux demeurent équilibrés. Quand on jeûne, notre corps tend à éliminer de l’eau, du sodium, du potassium, du magnésium et d’autres minéraux. Boire de l’eau salée aide à contrer ces malaises. Nous avons créé un groupe de soutien sur Facebook pour éviter ces erreurs à d’autres.

J’ai appris à distinguer la faim réelle de l’envie de manger. Je pratique le jeûne intermittent au quotidien depuis trois ans. C’est maintenant mon appétit qui dicte le moment où je me remets à manger. Je ne prends souvent qu’un seul repas dans ma journée, à l’heure du souper.

C’est plus facile d’y arriver avec une alimentation faible en glucides. Notre glycémie est plus stable et les lipides et les protéines nous soutiennent plus longtemps. J’ai donc commencé par couper les desserts très sucrés et le sucre dans mon café. Pendant un bon moment, j’ai pris 100 grammes de glucides par jour – en Amérique du Nord, les gens en consomment souvent trois fois plus. Puis, j’ai réduit encore, jusqu’à 20.

Je ne calcule pas les calories. Un exemple de repas ? Une cuisse de poulet avec des haricots verts, du beurre et un « riz » de chou-fleur. Ou bien un pâté chinois faible en glucides : bœuf haché et bacon, surmonté de chou-fleur en purée, sans maïs. Il peut être accompagné d’une salade verte et de noix.

Mon poids ne varie plus sur le pèse-personne, mais mes mensurations continuent de changer.

Je tire plusieurs autres bienfaits de ce mode de vie. Je souffrais de migraine deux à quatre fois par mois avant, et maintenant, j’en ai rarement. Mon syndrome du côlon irritable a presque disparu. J’ai pu cesser le médicament contre le reflux gastrique que je prenais chaque jour depuis 10 ans – je ne l’utilise qu’au besoin. Ma peau est plus belle et tous mes bilans sanguins sont normaux. Pourtant, j’ai des antécédents familiaux : ma mère et mon frère font du diabète de type 2, de l’hypertension et leur taux de cholestérol LDL est trop élevé.

alimentation végane

Photo : Michael Abril

Mireille Bénard 58 ans, conseillère syndicale, Montréal

Tout a commencé sur mon blogue. Un site sans prétention, où je note mes recettes pour les partager avec mes amis. Les photos des plats de viande me semblaient souvent moins belles et moins colorées que celles des légumes. J’ai donc peu à peu développé un intérêt grandissant pour la cuisine végétale.

Je me suis inscrite à une formation sur les bienfaits de l’alimentation végétalienne, doublée de cours de cuisine. J’y ai appris énormément de choses. Ce que l’on sait de façon intuitive y est confirmé par des études. Le végétalisme permet de perdre du poids, de faire baisser le taux de cholestérol, l’hypertension et même de renverser le diabète de type 2. Je n’ai consommé aucun produit d’origine animale à partir de ce moment. Cela fait maintenant quatre ans.

J’ai eu un cancer de l’utérus à l’âge de 39 ans. La peur de tomber malade, c’est quelque chose qui reste… Depuis que je suis végétalienne, je suis plus rassurée. J’ai l’impression de faire tout ce qu’il faut pour demeurer en bonne santé. Mes bilans sanguins sont parfaits et j’ai davantage d’énergie. Je prenais des hormones depuis cette ménopause précoce, il y a 20 ans. J’avais déjà tenté de diminuer la dose, mais j’avais eu de grosses bouffées de chaleur et des sautes d’humeur. Cette fois, j’ai pu arrêter de prendre les hormones sans problème.

J’ai aussi plus de satisfaction à manger. Les plats m’apparaissent plus savoureux. Je découvre des aliments moins connus et je fais souvent de nouvelles recettes. C’est stimulant­ ! Je ne connaissais pas du tout la levure alimentaire, par exemple. Je m’en sers entre autres pour préparer du « tofu magique », mariné avec du vinaigre de cidre et de la sauce soya. Émietté et cuit au four, on dirait des bouchées de poulet.

Les produits d’origine animale ne me manquent pas. J’ai des convictions environnementales. Et une fois que l’on connaît les conséquences de l’élevage des animaux sur les gaz à effet de serre, c’est difficile de se dire environnementaliste tout en continuant d’en consommer…

Recevoir des invités n’est jamais un problème. Je prépare un repas mexicain à base de légumineuses, un risotto ou des pâtes. Au baptême de ma petite-fille, par contre, j’ai fait une exception. J’ai préparé un brunch et j’ai tout cuisiné en double : un jambon et un jambon de tofu que j’avais fait mariner avec de la fumée liquide, des œufs et du tofu brouillé. Finalement, les gens ont apprécié la version végétalienne autant que la version originale.

Quand je suis invitée quelque part, c’est un peu plus compliqué. J’arrive donc toujours les mains pleines. J’ai de quoi me soutenir pour la soirée, et j’en apporte assez pour que tout le monde puisse goûter.

alimentation sans glucides

Photo : Michael Abril

Mélissa Parisé 34 ans, propriétaire d’une garderie en milieu familial, Maniwaki, Outaouais

Avant, j’étais constamment fatiguée. Après ma journée de travail, je devais faire une sieste avant de pouvoir préparer le souper pour mes trois enfants. La fin de semaine, je dormais des nuits de 12 heures pour récupérer.

Ma belle-sœur m’a parlé de l’alimentation faible en glucides. Je me suis informée et j’ai décidé de faire le virage. Quand je m’embarque dans quelque chose, ce n’est pas à moitié ! J’ai éliminé les boissons et les desserts contenant du sucre, ainsi que les pâtes, le pain et les céréales.

Je n’ai plus de difficulté à me lever le matin. Mon sommeil est beaucoup plus réparateur qu’avant. Des nuits de huit heures me suffisent et je n’ai plus besoin de faire de sieste. L’énergie est revenue ! Et elle est beaucoup plus constante tout le long de la journée. Je n’ai plus de pics et de creux comme c’est le cas quand le corps fonctionne grâce aux apports en glucides.

Autre bénéfice : j’ai perdu 27 kilos (60 livres) en 18 mois. Ce n’était pas le but, mais ça se prend bien !

Au début, mon conjoint n’était pas prêt à me suivre. Les enfants non plus. Je préparais mon souper, une viande et des légumes par exemple, et j’ajoutais un féculent, comme du riz ou des pâtes, pour le reste de la famille.

Mais j’avais de plus en plus de mal à acheter pour eux des produits qui contiennent du sucre. Au début de 2021, j’ai enfin réussi à les convaincre. J’ai fait le ménage du garde-manger et j’ai dit aux enfants qu’on n’achèterait plus de biscuits. Pour les petits, qui ont 4 et 6 ans, c’est assez facile. Mais pour mon ado de 12 ans, c’est une autre histoire ! Il est souvent chez son père, dont je suis séparée, où il continue à manger comme avant. Je lui laisse la liberté de choisir. Et je prépare des choses qu’il aime quand il est là.

Nous n’avons pas banni les desserts. Je cuisine des gâteaux et des biscuits avec de la farine d’amande ou de coco, plutôt que de la farine de blé. Et comme ingrédient sucrant, j’utilise de l’érythritol ou du fruit des moines. [NDLR: Le premier est obtenu par la fermentation du glucose de maïs et ne contient presque pas de calories; le deuxième provient d’un fruit originaire de l’Asie du Sud-Est et a un pouvoir sucrant 200 fois supérieur à celui du sucre.]

J’ai trouvé plusieurs façons de remplacer les pâtes. Je dépose une sauce à la viande sur des spirales de courgette ou sur des cœurs de palmier. Pour ma lasagne, j’utilise des tortillas faites avec des œufs. Le vendredi soir, j’aime préparer un plateau de charcuteries et de fromages. J’y dépose aussi des craquelins à la farine d’amande ou à la farine de chou-fleur. Tout le monde aime !

Merci aux Marchés publics de Montréal pour l’accueil.


Couverture numéro Septembre-octobreCet article est paru dans notre numéro de septembre/octobre.
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