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Comment choisir son vélo

Conseils de pros pour l'achat de la bonne monture.

Mosuno / Stocksy

Mosuno / Stocksy

Pas simple de magasiner une bécane. « Avec environ 2 000 modèles sur le marché, on doit absolument analyser l’usage qu’on en fera. Puis procéder par élimination pour choisir la plus appropriée », conseille Jacques Sennéchael, rédacteur en chef du magazine Vélo Mag.

On se rend d’abord dans une boutique spécialisée, en mesure d’offrir des conseils éclairés et un service professionnel. Ainsi, un technicien pourra faire les ajustements nécessaires sur la selle et le guidon – sinon gare aux maux et aux blessures !

Au moment de l’achat, la confiance est de mise. Mais pas une confiance aveugle, nuance Denise Belzil, directrice de Techno Cycle, une école montréalaise de mécanique cycliste. « Il faut demander au vendeur pourquoi il recommande tel modèle. Par exemple, quand ils voient arriver une cliente d’âge mûr, certains jeunes vendeurs ont tendance à proposer un vélo qui conviendrait à leur mère. Or, on peut être en bien meilleure forme physique que la dame en question et avoir besoin d’un vélo plus performant ! » s’exclame-t-elle.

Vélo à 150 $ ou à 1 000 $ : quelle différence ?

Un modèle bas de gamme offre moins de confort et son usage procurera peu de plaisir. Le freinage et le changement de vitesse seront difficiles et la conduite, déplaisante. Les composantes de mauvaise qualité briseront rapidement ou rouilleront. « En fin de compte, le vélo ne durera pas longtemps », résume Denise Belzil de Techno Cycle. Un piètre investissement si l’on recherche une bicyclette qui pourra nous donner de bons et loyaux services pendant plusieurs années – en échange d’un entretien régulier, évidemment.

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Pour se rendre au boulot : l’hybride, de 450 $ à 1 000 $

Cette bicyclette polyvalente se manie aussi bien sur les routes de gravier que sur le bitume. Avec ses pneus larges et sa robustesse, elle supporte des conditions de terrain difficiles : nids-de-poule, abrasifs, roches, etc. Et son guidon plat est adapté à la position assise droite.

Côté matériaux, l’idéal est de choisir un cadre en aluminium, plus léger que l’acier. « Pour les jantes, l’alliage s’avère la meilleure option. L’acier chromé ou peint en noir finit par rouiller, ce qui rend les roues fragiles et difficiles à aligner. Pour les rayons, on recherche l’acier inoxydable », indique Rémi Larose, chef d’équipe vélo et chef mécanicien chez Mountain Equipement Co-op (MEC).

Un choix astucieux : un moyeu à changement de vitesse intégré, sans dérailleur. C’est un peu plus cher que les autres mécanismes, mais tellement plus facile à utiliser (un seul levier qui fait tout). Pour rouler en ville, trois à cinq vitesses suffisent ; mais avec sept, on peut faire face à toutes les situations.

Pour arriver impeccable au boulot, on ajoute un garde-boue et un carter de chaîne, qui protège le bas de pantalon. Il s’agit d’une sorte d’enveloppe métallique recouvrant la chaîne et le système de transmission. Un bon achat pour la ville comme pour la campagne.

Modèle Mixed Tape, marque MEC, 575 $

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Pour se balader le dimanche : l’hybride performant, de 600 $ à 1 500 $

Un vélo conçu à la fois pour les petites et les grandes randonnées. « Il est plus léger et plus sportif que l’hybride, et on peut faire des pointes de vitesse si on en a envie », dit Jacques Sennéchael. Ses roues plutôt étroites génèrent moins de friction sur la chaussée, ce qui permet de rouler tout en douceur. Un modèle de qualité aura un cadre en aluminium, des jantes en alliage et des rayons en acier inoxydable. Pour un bon rendement, le dérailleur traditionnel est une option intéressante. Dans ce cas, miser sur un 20 à 22 vitesses.

Garde-boue et carter de chaîne dépendent, là encore, de l’usage que l’on compte faire de sa bicyclette. Ne la sort-on que par beau temps ? Porte‑t-on des vêtements de sport qui peuvent souffrir un peu ? En revanche, le porte-bagages sera bien ­pratique pour transporter le pique-nique.

Modèle Amsterdam, marque DeVinci, 1 249 $

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Pour s’entraîner : le vélo de route, de 700 à 1 200 $ (cadre en aluminium), 2 000 $ et plus (cadre en fibre de carbone)

Léger, le vélo de route aux roues étroites est l’allié des sportives. « Plus on veut dépenser d’énergie, plus on a besoin d’un engin performant », fait valoir Rémi Larose de MEC. Avec son guidon recourbé, il permet d’adopter une posture aérodynamique. « Une position droite ne convient pas quand on veut faire de longues distances », souligne Jacques Sennéchael de Vélo Mag.

Mieux vaut opter pour l’aluminium ou la fibre de carbone – plus chère mais plus légère et plus solide que les autres matériaux. Le vélo de route possède un dérailleur traditionnel, offrant en général de 20 à 22 vitesses. Si on prévoit grimper beaucoup de côtes, on préférera un modèle de 30 à 33 vitesses.

Un dernier conseil ? Choisir un vélo de fille ! Les vélos de route proposent des caractéristiques adaptées à la morphologie, selon le sexe. Par exemple, une selle pour femmes est plus large à l’arrière avec un nez plus court que les sièges pour hommes, de façon à tenir compte de l’­écartement plus important des ischions – os du bassin qui supportent le poids du corps en position assise – chez ces dernières. Elle est aussi plus rembourrée pour éviter la pression pelvienne. Ne pas hésiter à essayer différentes selles pour trouver celle qui convient le mieux.

Modèle Ravenna T3, marque Marin, 2 380 $

Bon à savoir

Dans les numéros de mars et d’avril 2014 de Vélo Mag, on trouve un guide d’achat du vélo de route et du vélo de montagne. Disponibles en bibliothèque ou en format numérique : velomag.com