Allergies : gare aux moisissures!

Un allergène sournois qui affecte des milliers de Québécois

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Les yeux vous piquent, le nez vous coule, vous éternuez, mais vous n’arrivez pas à mettre le doigt sur la source de ces symptômes? Et s’il s’agissait d’une allergie aux moisissures?

Parfois insoupçonnée, cette allergie affecte pourtant des milliers de Québécois. La moisissure se caractérise par la prolifération de champignons microscopiques qui peuvent se développer sur les aliments ou les matières et surfaces humides. Ces champignons libèrent ensuite des corpuscules qu’on appelle des spores. Celles-ci sont présentes dans l’air qu’on respire. Inhalées en trop grande quantité, elles peuvent déclencher des symptômes allergiques chez certaines personnes.

Photo : Istockphoto
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Des moisissures chez vous?
Si elles sont très répandues dans les grands bâtiments comme les hôpitaux, les écoles et les tours de bureaux, les moisissures peuvent aussi se développer dans votre maison. Elles élisent domicile dans les humidificateurs, les systèmes de climatisation et de ventilation, les bouches d’aération, les poubelles, sur les surfaces des salles de bain et de lavage, le bord des fenêtres, et même dans le frigo! Bref, partout où l’humidité stagnante leur permet de croître.

Et si elles sont plus nuisibles à l’intérieur de la maison, elles peuvent aussi se développer à l’extérieur, dans le jardin, sur les accessoires et les contours de la piscine, dans les tas de bois ou de feuilles, etc.

Dans certains cas, elles sont visibles. Elles forment une sorte de tache ou de traînée blanche, noire, jaune, brunâtre ou verdâtre. Elles dégagent même parfois une odeur semblable à celle de la terre mouillée.

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Mais dans bien des cas, elles sont invisibles. C’est d’ailleurs ce qui rend l’allergie aux moisissures sournoise et difficile à identifier. Elles peuvent se former à l’intérieur des murs à la faveur d’une infiltration d’eau, d’une mauvaise isolation, d’une aération inadéquate ou d’un taux d’humidité trop élevé dans la maison. Il faut parfois aller jusqu’à ouvrir les murs pour dénicher la surface humide responsable.

Selon Santé Canada, les trois principales sources de moisissures dans les maisons privées sont :

  • la condensation d’eau sur les surfaces, causée par un excès d’humidité, un manque de ventilation ou une basse température;
  • la vapeur ou l’humidité excessive dans l’air attribuables aux bains, aux douches et à la cuisson;
  • l’infiltration d’eau causée par des fuites du toit ou de la plomberie, des fissures de fondation ou une inondation.

Il est recommandé de recourir aux services d’experts si vous êtes aux prises avec une infiltration d’eau ou après une inondation pour vous assurer que l’humidité sera totalement évacuée et que les surfaces touchées seront convenablement nettoyées ou remplacées.

Personnes les plus à risques
Si l’allergie aux moisissures affecte des gens de tout âge, les personnes souffrant d’allergies, d’asthme et de maladies respiratoires, les nourrissons et les jeunes enfants, les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli sont plus à risques de la développer.

Symptômes et traitements
Bien que les moisissures prolifèrent davantage pendant les saisons humides, elles peuvent irriter vos muqueuses l’année durant, provoquant la kyrielle de symptômes de la rhinite allergique qui peuvent être très incommodants pour plusieurs personnes.

Les symptômes :

  • irritation des yeux, du nez et de la gorge;
  • toux et mucosités;
  • respiration sifflante et essoufflement;
  • symptômes d’asthme.

Bien qu’aucun ne l’ait encore confirmé, des spécialistes soutiennent que l’allergie aux moisissures peut aussi, dans de rares cas, provoquer des symptômes plus graves comme une fatigue persistante et des douleurs dans les membres.

Selon leur nature et leur intensité, votre médecin vous recommandera un traitement pour soigner et maîtriser vos symptômes. Premier choix : les stéroïdes en inhalation nasale sur ordonnance pour soulager la congestion. Deuxième choix : les antihistaminiques en vente libre. Attention, toutefois, certains de ces produits ne soulagent pas suffisamment la congestion, et dans tous les cas, vous devriez consulter votre médecin ou le pharmacien avant de les prendre.

Dans les cas plus sévères ou si ces traitements ne donnent pas de résultats, une désensibilisation par vaccin peut être envisagée. Ces traitements d’hyposensibilisation s’avèrent efficaces à 70 % pour ce type d’allergie, mais exigent temps et patience (injections hebdomadaires pendant quelques mois ou quelques années). Et il faut parfois recommencer au bout de 15 ou 20 ans, car l’hyposensibilisation diminue l’allergie, mais ne la guérit pas. Un vaccin sous forme de comprimé à glisser sous la langue, actuellement à l’étude, devrait faire son apparition d’ici quelques années.

Premier traitement : éliminer les moisissures
Comme l’explique le Dr Denis Chauret, spécialiste en médecine interne et professeur de médecine à l’Université d’Ottawa, le premier traitement pour l’allergie aux moisissures est le contrôle de l’environnement. En clair, il faut combattre les moisissures sur leur terrain.

Voici les recommandations de l’Association des allergologues et immunologues du Québec et l’Association d’information sur l’allergie et l’asthme pour la prévenir et en limiter les symptômes.

– En été, installer un climatiseur afin de réduire l’humidité ambiante et limiter l’exposition. Ildoit cependant être bien entretenu, car des moisissures peuvent s’y développer.

– Éviter les travaux de jardinage.

– S’assurer que les infiltrations d’eau sont bien nettoyées.

– Contrôler le niveau d’humidité à l’intérieur de la maison (45 % et moins). Au besoin, utiliser un déshumidificateur dans certaines pièces, particulièrement au sous-sol.

– Éliminer toutes traces de moisissures dans la maison.

– Limiter le nombre de plantes d’intérieur, car des moisissures peuvent se développer sur la terre des pots.

– Laver fréquemment les composantes des humidificateurs à l’aide d’un détergent. Changer l’eau régulièrement.

– Évacuer l’humidité de la salle de bain après les douches et les bains. Essuyer les carrelages, au besoin. Installer un aspirateur à air ou entrouvrir la fenêtre.

– Éviter de laisser des serviettes ou vêtements humides dans le panier à linge.

– Faire fonctionner le ventilateur de la cuisine pour les cuissons à vif et pendant que les plats mijotent.

– Opter pour des poubelles munies d’un couvercle et les vider souvent.

– Surveiller la litière pour chat et vider le seau à couches régulièrement.

– Nettoyer le réfrigérateur chaque semaine. Éliminer les produits périmés.

– S’assurer que l’air de la sécheuse est bien évacué vers l’extérieur.

Installer un hygromètre
L’hygromètre est un petit appareil qui permet de mesurer l’humidité dans la maison. Plus ou moins précis, ces appareils peuvent toutefois vous donner une balise pour votre maison. Il en existe plusieurs modèles. Ceux qu’on trouve dans les quincailleries se détaillent à moins de 65 $, mais pour plus de précision, on peut opter pour un appareil plus sophistiqué vendu dans les commerces d’équipement technique et prévoir au moins 125 $. Fait à noter : tous les hygromètres doivent être étalonnés (recalibrés) périodiquement.


Pour en savoir plus :
Association des allergologues et immunologues du Québec
Association d’information sur l’allergie et l’asthme

Brochure Maison propre et jardin vert de la Ville de Montréal
Information sur le site du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

 

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