Comment décrocher

Mature Female Friends Socializing In Backyard Together
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1. Prendre conscience de ses besoins Avant toute chose, éteindre le téléphone cellulaire et l’ordinateur. Les messages peuvent toujours attendre. Prendre conscience qu’on a de la difficulté à décrocher est déjà un premier pas vers le changement. Il suffit d’observer ses habitudes au moment du retour à la maison après le travail. Qu’est-ce qu’on fait ? Établir la liste de ces habitudes. Puis réfléchir à ce qu’on peut changer pour réussir à libérer du temps pour soi.

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2. Vouloir Selon Gilles Dupuis, psychologue à l’UQAM, on n’a pas besoin de faire une révolution pour changer ses habitudes. Cependant, il faut être convaincue des bienfaits de prendre du temps pour soi et vouloir se l’accorder. Un effort d’introspection est ici nécessaire pour mieux comprendre l’importance de ce geste.

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3. Découvrir sa passion personnelle S’investir régulièrement dans une activité agréable peut contribuer à réduire le stress et à rétablir l’harmonie avec soi-même. Il s’agit de dresser la liste des loisirs et des activités que l’on aimait quand on était enfant et adolescente. Cet exercice peut aider à ranimer de vieilles passions endormies. S’inspirer de ses habiletés manuelles, artistiques ou intellectuelles est un autre moyen pour trouver un centre d’intérêt.

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4. Entretenir des attentes réalistes Ne jamais perdre de vue que le but de l’entreprise est de se ressourcer, pas de se sentir écrasée ou coincée par un nouvel engagement. Ainsi, avant de s’engager dans quoi que ce soit, bien évaluer le temps dont on dispose, le style de vie que l’on mène, son budget, les déplacements et le matériel requis, etc.

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5. Se motiver Il suffit maintenant d’inscrire ce temps personnel à son agenda et de respecter ce rendez-vous avec soi-même. Quand on a bien fait son choix d’activité, on a toutes les chances de ne plus vouloir s’en priver. On peut aussi envisager une activité à deux : une bonne façon de se motiver mutuellement. Dans tous les cas, il faut en faire une priorité.

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6. Penser et bouger Lire, répéter au théâtre amateur, danser, étudier, chanter dans une chorale, collectionner les timbres, jouer d’un instrument de musique… Les exemples de loisirs et de réalisations ne manquent pas pour nous aider à décrocher des soucis quotidiens.
L’activité physique, dynamisante, est un cas à part, un must. Pour Francine Gagnon, 47 ans, représentante en placements, la meilleure façon de décompresser est de s’entraîner : « Depuis une vingtaine d’années, je m’entraîne deux fois par semaine dans un cours d’aérobique près de chez moi. C’est très intensif et ça me défoule. Toute la frustration accumulée au travail n’existe plus quand je sors de mon cours. »
S’arrêter. Pour une femme, cette chose toute simple relève souvent de l’exploit, prise comme elle est dans la spirale de ses obligations familiales, professionnelles et domestiques. Pas étonnant quand on voit les chiffres de Statistique Canada : les femmes consacrent chaque semaine au travail, rémunéré ou non, une moyenne de 78 heures. C’est 10 de plus que les hommes.
Si se ménager un peu de temps pour soi est essentiel à l’équilibre émotif, mental et physique, ça ne suffit pas pour autant. Pendant ces moments-là, il faut vraiment décrocher. Sinon, l’épuisement, la maladie et la détresse psychologique sauront nous forcer à le faire...
Le problème, c’est que les femmes ne savent plus comment décrocher. Elles sont nombreuses à se désoler de ne pas y arriver. Pourquoi ?
Les femmes en font plus
« Le phénomène s’est généralisé dans notre société, explique Gilles Dupuis, psychologue et professeur titulaire au Département de psychologie de l’UQAM. Le travail prend tellement de place qu’il crée un déséquilibre dans notre vie personnelle et familiale. On nous demande d’être plus productif et plus disponible. Même en vacances, nous emportons le cellulaire et l’ordinateur. Les exigences et la compétition au travail sont devenues très fortes et envahissent les autres sphères de notre vie – peut-être plus chez les femmes que chez les hommes. »
Les dernières données de Statistique Canada sont claires à cet égard : si vous êtes une femme, vous risquez de deux à trois fois plus qu’un homme de passer au moins 30 heures par semaine à prendre soin des enfants et au moins 10 heures à vous occuper d’une personne âgée. Et vous êtes trois fois plus susceptible que lui d’effectuer vous-même les tâches ménagères.
Voilà qui explique pourquoi les femmes subissent plus de pression que les hommes, donc plus de stress, pour réussir à concilier travail et organisation familiale – gérer les repas, les devoirs, les tâches domestiques, les imprévus, etc.

Responsables de tout
Est-ce à dire que si elles travaillaient moins les femmes se permettraient plus de décrocher, de s’offrir des loisirs ? Pas sûr. Car décrocher n’est pas seulement une question de temps.
Simone Landry, psychologue et professeure associée au Département de communication sociale et publique de l’UQAM, explique que, même si le partage des tâches entre les hommes et les femmes tend à s’améliorer, celles-ci restent encore la plupart du temps responsables de l’organisation familiale. « C’est ce qu’on leur inculque depuis des siècles : la femme est responsable des rôles de services et d’organisation de la maison, et elle est toujours interrompue dans son travail parce qu’elle a des enfants. »
Selon la psychologue, même si les femmes occupent plus de place dans la société, elles éprouvent néanmoins toujours de la difficulté à dire non aux demandes des autres et à imposer leurs limites. Et c’est encore plus difficile pour elles si leur estime personnelle dépend de la réponse qu’elles vont donner à ces demandes. « Alors cela devient presque un tourment de dire non, poursuit-elle. Dire non signifie accepter le risque d’être moins aimée et moins estimée par les autres. »
En fait, pour bien des femmes, les actions prennent un sens à travers le service. Pas surprenant qu’elles se retrouvent souvent dans des postes ou des professions liés au service. C’est un fait sociologique. »
Les femmes devraient donc apprendre, ajoute Simone Landry, à trouver légitime le fait de se réserver du temps pour elles-mêmes et de poser leurs limites à leur entourage. Sinon, la culpabilité se chargera de faire vaciller leur estime personnelle. À vouloir tout faire pour les autres, on relègue ainsi la satisfaction de ses besoins au dernier rang de ses priorités. On se contente de se reposer entre deux tâches.
Or, Gilles Dupuis fait remarquer que certaines habitudes, quoique reposantes, deviennent des obstacles au plaisir. Un exemple : si on passe deux ou trois heures chaque soir devant la télé, où trouver le temps pour d’autres activités plus dynamisantes ? Le danger, dans ce comportement, est de se perdre de vue. De finir par ne plus savoir ce qui nous ferait vraiment plaisir !
Alors s’enclenche le cercle vicieux. Comme on ne sait plus se faire plaisir, on prétexte le manque de temps pour remettre sans cesse à plus tard son besoin de décrocher vraiment, quelques heures par semaine, du tourbillon de ses obligations.

Attention, danger !
S’oublier peut avoir d’importantes conséquences. « Qu’on le veuille ou non, le stress a des effets physiologiques sur la pression artérielle, le système cardiovasculaire et le système immunitaire, dit Gilles Dupuis. Si on soumet son corps à une pression pendant 15 ans, ça risque de craquer là où le maillon est plus faible. Je ne dis pas que tous les problèmes de santé résultent du stress. Mais il ne faut pas oublier que lorsqu’on est stressée et pressée, la première chose qu’on laisse tomber, ce sont les bonnes habitudes de vie. On ne fait plus d’activité physique, on mange mal, on fume plus. On se retrouve donc avec un cocktail de mauvaises habitudes qui viennent accentuer les effets du stress lui-même. Bien souvent, on attend d’avoir un symptôme physique ou psychologique très grave avant de s’arrêter. »
Et la situation empire. « Les prestations versées par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) pour les accidents classiques demeurent relativement stables, fait remarquer Gilles Dupuis, alors que les prestations pour des lésions psychiques (épuisement professionnel, dépression) ont doublé en 10 ans. Le nombre de cas déclarés est passé de 530 en 1990 à 1 082 en 2001. » Les problèmes de santé psychologique au travail prennent de l’ampleur. Gilles Dupuis souligne en outre que les différentes études portant sur la qualité de vie au travail montrent une plus grande détresse psychologique chez les femmes que chez les hommes. Cette habitude des employeurs de toujours en demander davantage aux employés risque de leur coûter très cher au bout du compte, ajoute-t-il. Mais ça, c’est une autre histoire.

Comment s’y prendre
Pour sa santé, son équilibre et une vie plus intéressante, il faut apprendre à décrocher. Car, oui, cela s’apprend. Voici comment, en six étapes.
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