Doit-on respecter la routine avec les enfants pendant le temps des fêtes?

C’est les vacances, les enfants font ce qu’ils veulent, quand ils veulent, au diable la routine? Peut-être pas la meilleure idée, a découvert Geneviève Pettersen.

 

Ma_parole

Je suis de l’école qui prône la désorganisation totale lorsque vient le temps des vacances de Noël. Exit la routine. Les repas ne sont plus servis à heures fixes, je joue au yoyo avec l’heure du dodo et les heures passées devant la télé ou les jeux électroniques ne sont plus comptées rigoureusement. J’ai aussi tendance à organiser un bar open de sucreries et de desserts pour les enfants et à tâcher d’ignorer le plus possible le manque de légumes verts dans leurs assiettes.

Little girl and boy in Christmas playing with lights
Photo: iStock

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Habituellement, tout se passe bien pendant deux ou trois jours. Nous vivons ce que j’appelle «la lune de miel» de Noël. Après ça, le mauvais caractère de mes enfants refait surface, exacerbé par la fatigue. Ils commencent à se chicaner encore plus qu’à l’habitude, ce qui n’est pas peu dire, et à brailler parce qu’il ne neige pas comme prévu et qu’il n’y a pas assez d’accumulation au sol pour aller glisser sur la butte derrière le chalet.

Je me suis toujours dit que ce changement de comportement était dû à la fatigue. Je pensais aussi qu’arrivés à Noël, on en avait plus qu’assez de la routine et qu’on avait besoin de décrocher. Je me disais que tout ça était normal et qu’à force de siestes et de balades en forêt, je viendrais à bout du grinch intérieur de ma progéniture. J’avais raison, et j’avais tort en même temps.

Je suis tombée par hasard sur un article fort éclairant écrit par la neuropsychologue Johanne Lévesque. Ce texte parle justement de la routine et du temps des fêtes. Il m’a fait réfléchir en plus de m’aider à comprendre ce qui se passait à l’intérieur de mes enfants à cette période de l’année.

La Dre Lévesque nous apprend que pour profiter du temps des fêtes et revenir en pleine forme en janvier, il faut prendre soin de nos lobes frontaux. «Nos lobes frontaux nous permettent, entre autres, d’avoir de bonnes capacités d’autorégulation, c’est-à-dire de bonnes capacités à gérer nos émotions, notre comportement et notre attention. Pour fonctionner de façon optimale, les lobes frontaux ont besoin qu’on se repose, qu’on mange bien, et qu’on leur fournisse suffisamment d’oxygène.» Autrement dit, il faut chouchouter nos lobes frontaux et, surtout, ceux des petits, si l’on veut que la magie de Noël opère.

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«Mais comment on fait ça?», vous dites-vous. Je me suis posé la même question. Il faut accumuler suffisamment d’heures de sommeil (8 à 10 pour les enfants, selon Johanne Lévesque), manger comme il faut et s’adonner à des activités qui nous tentent. Ça ne veut pas dire se coucher à 8 heures et ne manger que du quinoa aux légumes grillés. Ça ne veut pas dire non plus s’astreindre à une discipline sportive à tout prix ou interdire la bûche de Noël aux enfants.

Par contre, les petits doivent dormir en quantité nécessaire, même si l’heure du dodo a un peu changé, quitte à faire des siestes l’après-midi. L’apport vitaminique doit aussi être maintenu. On tente d’accompagner la tourtière d’une belle salade verte et de remplacer les sucreries par des fruits quelques fois.  On essaie aussi de «contrôler» l’accès au iPad et à la télévision. Je sais, on aime tous écouter deux films de suite ou jouer à Zelda huit heures d’affilée.  Mais il est prouvé que ces activités puisent de façon importante dans les réserves de dopamines. Ceci explique pourquoi mes filles et moi sommes démotivées, avachies et ronchonneuses après une longue séance devant un écran.

Dérogeons de la routine habituelle, donc. Parce qu’après tout, c’est les vacances. Mais tâchons tout de même de trouver un certain équilibre dans ce temps de l’année dominé par les excès.

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Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com
Pour réagir sur Twitter: @genpettersen
Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)

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