Société

Entre les murs

Ma mère était gardienne de prison.

Photo: Maude Chauvin

J’aurais pu être astronaute. En fait, non, car la simple idée de me retrouver dans une navette spatiale me fait hyperventiler. Mais si j’avais vraiment voulu, j’aurais pu devenir astronaute, plombier ou policière. Sur ma liste de métiers palpitants, il n’y a jamais eu de case « emploi réservé aux hommes ».

Une évidence pour une trentenaire, dites-vous ? Pourtant, au cours des années 1980, le Québec a vécu une série de « Première femme à devenir… » et les personnages de Passe-Partout expliquaient encore aux petits garçons qu’une fille avait le droit de jouer au hockey ou de conduire un camion.

J’étais tout de même convaincue de pouvoir un jour exercer le métier qui me plairait, fût-il « pas pour les filles ». Et pour cause : ma mère était gardienne de prison.

Ce que j’ignorais à l’époque, c’est qu’elle faisait partie de la première cohorte de femmes à devenir agentes correctionnelles dans les pénitenciers fédéraux. Jusque-là, le milieu comptait bien quelques intervenantes, dont des psychologues, mais pas de gardiennes.

Leur intégration ne s’est pas faite sans heurts. Des collègues ont refusé de leur faire confiance. Des détenus ont testé leurs limites. Des supérieurs ont dû s’habituer à voir des agentes se faire remplacer pour amener le petit dernier chez le dentiste.

La grande majorité de ces femmes a su se tailler une place et, dans certains cas, gravir les échelons jusqu’à des postes de direction. Mais d’autres ont abdiqué en chemin.

Aujourd’hui, les femmes représentent presque la moitié des effectifs dans les pénitenciers du Québec. Mais leur quotidien n’est pas banal pour autant. Châtelaine vous raconte quelques-unes de leurs histoires.