Léa & Louise

Le bal de la pureté

J'y comprends rien.

Lea et Louise hires

 

Chère Louise,

J’aime ta dernière lettre, parce qu’elle résume finement l’un des nombreux paradoxes des États-Unis. Comment peut-on valoriser la protection de l’ovule pas fécondé tout en favorisant des grandes iniquités sociales?

Le pays de l’Oncle Sam en est un polarisé. Est-ce que cela a un lien avec sa création? Après tout, le territoire des États-Unis a été conquis par des communautés religieuses. L’idéal du propriétaire terrien tout-puissant et individualiste a-t-il joué dans le développement du conservatisme au pays? En tout les cas, même si l’État se veut laïque, il ne demeure pas moins que la référence One Nation under God a bonifié le serment d’allégeance en 1954. Aujourd’hui, la devise In God We Trust figure encore sur la monnaie.

Ta réflexion me fait penser à ce documentaire diffusé le 4 juillet à RDI, Foi et virginité chez les Américains. On y voyait des croyants convaincus, qui veulent par-dessus tout protéger leurs jeunes filles des impuretés du monde et des garçons.

Afin d’assurer la virginité des adolescentes avant le mariage, on organise un bal de la pureté.

 

 

Ces soirées observent un drôle de rituel. Les fillettes « épousent » Dieu et valsent avec leur papa, digne représentant de la force omnipotente. C’est le paternel qui glisse au doigt de leur progéniture une bague de chasteté, symbole de l’abstinence sexuelle avant la soirée nuptiale. Certaines iront jusqu’à refuser d’embrasser leur amoureux avant le mariage.

Ces célébrations opaques me semblent tout à fait farfelues. Je n’y comprends rien, tout comme je ne pige pas le jugement de la Cour suprême qui permet à une entreprise de refuser, en raison de ses croyances religieuses, que l’assurance médicale quelle offre à ses employées couvre les frais reliés à certains moyens contraceptifs, dont le stérilet.

On va visiter l’Oncle Sam pour élucider cette énigme? Ça me tarabuste en titi.