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Société

Démocratie et justice: trois Québécoises qui ont fait évoluer la société

Si de plus en plus de femmes se font une place en politique et dans l’appareil judiciaire, c’est notamment grâce à Lise Bacon, Louise Harel, qui ont occupé de hautes fonctions à l’Assemblée nationale, et à Louise Arbour, qui s’est démarquée sur la scène judiciaire internationale.
Par Isabelle Pronovost
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Démocratie et justice: trois Québécoises qui ont fait évoluer la société

Photos: Droits d'auteur, Sénat du Canada/ Gracieuseté du Parti Québécois/ Sylvain Légaré (L'ordre de Montréal)

L’intérêt de Lise Bacon pour la politique se manifeste tôt. À peine entrée dans l’âge adulte, dans les années 1950, elle commence à militer au sein d’associations de femmes libérales dans la province. Puis, en 1970, elle devient la première femme à présider le Parti libéral du Québec. Trois ans plus tard, elle se fait élire sous cette bannière, devenant la deuxième députée de sexe féminin à l’Assemblée nationale, après Marie-Claire Kirkland-Casgrain.


Lauréate du Prix Châtelaine: Véronique Hivon
Catégorie: Démocratie et justice


Lise Bacon brise un nouveau plafond de verre lorsque Robert Bourassa la choisit comme vice-première ministre (1985-1994). Également ministre des Affaires culturelles, elle fait adopter en 1986 la Loi sur le statut professionnel des artistes, qui vise à améliorer les conditions socioéconomiques des personnes travaillant dans divers milieux culturels, et l’entente Valenti-Bacon – du nom du président de la Motion Picture Association of America, Jack Valenti – qui exige que chaque film américain distribué au Québec soit doublé en français. Peu après la fin de sa carrière à l’Assemblée nationale, elle est nommée sénatrice (1994-2009).

En 1981, Louise Harel entre à son tour au Parlement à titre de députée du Parti québécois, pour la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve. Il n’y a alors que 7 femmes parmi les 122 députés de la province. Louise Harel siégera pendant 27 ans. De 1994 à 1998, dans les cabinets de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, elle dirige le ministère de l’Emploi et fait adopter en 1996 la Loi sur l’équité salariale. Puis, en 1998, elle est nommée ministre d’État aux Affaires municipales et à la Métropole, un rôle qui l’amène à piloter le délicat dossier des fusions municipales. Elle occupera aussi le fauteuil de présidente de l’Assemblée nationale (2002-2003), une première pour une femme.

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C’est dans l’arène judiciaire que Louise Arbour s’illustre, tant au Canada qu’à l’étranger. Après avoir été admise au Barreau du Québec (1971), puis à celui de l’Ontario (1977), elle enseigne le droit pendant plusieurs années à Toronto. En 1987, elle est nommée juge à la Cour suprême de l’Ontario et, en 1990, juge à la Cour d’appel de la province.

En 1995, Louise Arbour dirige une commission d’enquête sur l’émeute à la prison des femmes de Kingston, dont le rapport mènera à la fermeture de l’établissement et à une réforme des politiques correctionnelles pour cette clientèle. Jean Chrétien la nomme juge à la Cour suprême du Canada (1999-2004).

Louise Arbour se fait surtout connaître du grand public dans ses fonctions de procureure générale au Tribunal pénal international pour le Rwanda et au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie – tous deux créés par les Nations Unies – de 1996 à 1999. Elle entre dans l’histoire en faisant accuser pour la première fois un chef d’État en exercice (le président de la république fédérale de Yougoslavie, Slobodan Milosevic) de crimes contre l’humanité. Après son passage à la Cour suprême du Canada, elle devient Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (2004-2008).


Collaboration à la recherche: Marie-Ève Paré

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