Société

Quand devient-on une personne ?

Cinq réponses possibles.

Quand on peut  souffrir ? Quand on peut survivre seul ? Quand on est conscient ? Il y a plusieurs réponses possibles. Voici les cinq plus courantes.

Photo: Erik Isakson/Tetra Images/Corbis

Photo: Erik Isakson/Tetra Images/Corbis

Dès la conception
Un ovule fécondé est une vie humaine. C’est la position de l’Église catholique, des pro-vie et de la droite religieuse, américaine en particulier.

Cette prémisse implique qu’on doit limiter la recherche sur les embryons et les cellules souches. Et, en fécondation in vitro, interdire la congélation d’embryons surnuméraires et la détection de maladie génétique d’un embryon avant l’implantation.

Autour du 14e jour
C’est le moment où le système nerveux central commence à se mettre en place et où le fœtus ressent de la douleur réflexe. Cette définition incite certaines juridictions à limiter la recherche sur les embryons aux deux premières semaines (comme aux États-Unis).

À partir de 22 semaines
Le fœtus peut survivre en dehors du corps de sa mère. Le seuil de viabilité varie selon les pays (un bébé africain né à 23 semaines n’a pas les mêmes chances de survie qu’un bébé américain), le sexe (les fœtus féminins s’en tirent mieux) et le type de grossesse (les triplets sont davantage à risque).

Au Canada, le Collège des médecins de la Colombie-Britannique et celui de l’Alberta interdisent les interruptions de grossesse dès le stade de viabilité. Même chose dans plusieurs États américains.

À partir de 25 semaines
Le système nerveux est fonctionnel : le fœtus reconnaît des sons et ressent de la douleur. D’un point de vue scientifique, il devient conscient,
c’est un être humain.

À la naissance
Au Canada, le fœtus devient une personne au sens de la loi lorsque la tête et les deux épaules sont sorties du ventre de la mère. En vertu de cette définition, le Canada n’impose pas de restrictions à l’avortement, au même titre que la Chine, la Corée du Nord et la Somalie. Mais depuis la décriminalisation de l’avortement au pays, grâce à l’arrêt Morgentaler rendu par la Cour suprême en 1988, au moins 45 tentatives ont été faites à la Chambre des communes et devant les tribunaux pour en restreindre l’accès.