Art de vivre

Des ados d’ici devenus lutins sans frontières

Chaque année, des élèves de l’école FACE, à Montréal, s’envolent au Costa Rica pour aider d’autres enfants là-bas. En plus d’aider des gens démunis du centre-ville. De vrais lutins!

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Photo: Jean-François Lemire

Chaque année depuis 13 ans, des élèves de l’école FACE, au centre-ville de Montréal, s’envolent pour le Costa Rica. Mais pas dans le but de se dorer la couenne au soleil – San Blas, village de la province de Guanacaste où ils se rendent, n’existe même pas dans les guides touristiques. Plutôt pour organiser des activités de loisirs destinées à des enfants qui n’ont ni leurs moyens ni leur éducation.

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Chaque fois, les jeunes Montréalais emportent dans leurs valises de quoi gâter un peu les petits Costaricains. Violette Simard et William Henderson, 16 ans, y ont séjourné deux semaines. L’une en mars, l’autre en juillet. Et tous deux ont attrapé la piqûre des voyages humanitaires. « Dès qu’on est sortis de l’auto, les enfants se sont rués dans la cour en criant : “Ils sont là, ils sont là !” » s’exclame Violette, une brunette au sourire d’ange. « On a reçu le même accueil au camp de jour », enchaîne William, un grand blond aux yeux bleus.

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Attablée avec eux dans une salle de réunion, Linda Cloutier, leur prof d’anglais et d’éthique et culture religieuse, les couve d’un regard maternel. C’est grâce à cette femme extraordinaire aux allures de hippie si Violette, William et 300 autres jeunes sont allés à cette école de la vie. « Ils ont vu à quoi sert l’argent amassé à coups de ventes de sapins, d’activités d’emballage et de parties de bowling », se réjouit-elle. Un Noël, elle a pu envoyer à la communauté de San Blas la coquette somme de 34 000 $ pour la construction d’une salle d’ordinateurs. « Les parents nous disent de quoi leurs enfants ont besoin. » Cette année, elle prévoit leur fournir des chaussures et des effets scolaires.

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Ses actions ne se limitent pas à l’Amérique du Sud, loin de là. « La famille FACE a le devoir d’aider les gens d’ici », insiste-t-elle. Elle sensibilise ainsi ses classes à la réalité des jeunes sans-abri de Montréal. « Pendant nos cours d’éthique, on tricote des foulards qu’on donne à l’organisme Dans la rue », précise William. Tous les élèves du primaire et du secondaire sont invités à apporter des denrées non périssables pour les paniers de Noël de l’église Saint-Gabriel, dans le quartier Pointe-Saint-Charles. Dans Verdun, c’est l’église de Saint-Willibrord qui sollicite ses protégés pour la préparation et la livraison des paniers. Avec un groupe de filles, Linda prépare aussi une fête dans un refuge pour femmes en difficulté. « Je suis très fière de mes enfants, dit-elle. Ils apprennent tôt à donner. Ils savent que la pauvreté existe. Il suffit d’y mettre du temps. Pour nous, c’est une priorité. »

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