Blogue La course et la vie

La motivation, cet étrange animal

On ne peut pas piquer la motivation des autres (je sais, c’est regrettable); faut trouver la nôtre!

 

 

Motivés, nous sommes motivés!

Motivés, nous sommes motivés!

On a tous des passages à vide. La flemme. La fatigue. Le vide de « oumph ». La langueur monotone aurait dit l’ami Verlaine (un adepte du spleen).

Miss Motivation est aux abonnés absents, et quand elle se pointe au party, c’est pour manger tous les canapés et profiter du premier courant d’air pour se pousser avec un plus jeune, plus fou.

Cou’donc, motivation, me niaise-tu ?!

Elle me niaise.

On s’inscrit à des cours, en espérant que « ça » nous motive. Ça marche pas.

On se met au pied du mur en s’inscrivant à une épreuve pour « s’obliger » à se motiver. Pffft. Tout ce qu’on réussit à faire, c’est de pogner ledit mur. Solide. Déficit de motivation garanti et argent non remis.

On se lamente à nos amis coureurs, quémandant aux motivés une part de leur énergie, d’un coup que ce soit contagieux. Ça marche pas plus, et ça tape sur les nerfs de tout le monde (rien de pire que l’éternel démotivé qui a toujours besoin de quelqu’un pour le booster).

On ne peut pas piquer la motivation des autres (je sais, c’est regrettable), faut trouver la nôtre, celle des raisons intrinsèques, les seules qui nous font sortir du foutu spleen pour retrouver la musique de Vangelis.

Encore une affaire dont il va falloir s’occuper tout seul ?!

Oui.

La motivation, c’est un truc personnel, intime. C’est, comme disent les anglais, « what makes you tick ». Ce truc bien caché au plus profond de soi, si puissant quand on découvre enfin ce filon qui ne doit rien au paraître, et tout à l’être.

Il faut se poser des questions. Veiller à y répondre avec authenticité. Il n’y a pas de mauvaises réponses, pas de jugement, et on ne doit des comptes qu’à soi, alors autant être honnête (attention, ça fesse).

De quoi suis-je fait ? Qu’est-ce qui m’arrête ? Qu’est-ce qui me pousse ? De quoi ai-je peur ? Tiens, je sabote, pourquoi ? De quoi ai-je envie? Qu’est-ce qui me fait flamber ?

Je ne suis pas une enfant à qui on impose une pénitence en l’envoyant courir, j’ai choisi de courir. Maintenant comment puis-je nourrir cette étrange et insatiable bestiole qu’est ma motivation ?

Pour moi la réponse est simple. Je cours parce qu’à la minute où je met un pied devant l’autre, tout va mieux. Ma tête, mon corps, mes idées, ma patience, ma compréhension du monde, la gestion de mon stress et des multiples soucis du quotidien, tout.

La plus banale des sorties est source de bienfaits instantanés, qui sont autant de victoires (hey, pas besoin que ce soit grandiose), sur les vicissitudes de la vie, et ces victoires nourrissent, vous l’avez deviné, ma motivation.

Je ne vais pas courir parce que je suis motivée, je suis motivée parce que je vais courir.  Je sais que dans quelques minutes, même s’il fait froid, même si ça ne me tente pas, tout ira mieux.

Plus j’accumule les bienfaits, plus le compte de banque de la motivation augmente. Et comme disent les millionnaires, il n’y a pas de petit profit. Chaque victoire compte.

Victoires que l’on peut assaisonner de récompenses, histoire de veiller à la gratification de la coureuse (les bonus, c’est bon pour le moral des troupes) ; nouveaux fuseaux de Nike qui réveillent ma panthère intérieure, fou rires avec d’autres motivés (!), soupe à l’oignon (y croûton dirait Astérix) généreusement gratinée, bain parfumé à la lavande, pyjama douillet fraîchement lavé, dernière (snif) saison de « The Network » et sommeil du juste.

Je fais le focus sur les bienfaits. En plus, ils sont pas chers, faciles d’accès (ouvrir la porte de la maison, barrer la porte derrière soi, courir), et simples dans l’organisation (j’ai 30 minutes là là, j’y vais 30 minutes là là).

Sans compter  la colonne des « contre » qui reste glorieusement vide…

C’est comme ça qu’on devient millionnaire. Et comme vous allez aussi partagez vos trucs de motivation, on sera encore plus riches!

Elle est pas belle, la vie?