Ronde, et alors?

La culpabilité et les démons

Se sentir coupable et faire face à ses démons, notre chroniqueuse Joanie Pietracupa s’y attelle pour notre campagne #byebyeculpabilité.

Quand j’ai appris que Châtelaine et L’effet A lançaient la campagne #byebyeculpabilité, je me suis dit: «Let’s go! C’est le temps de faire face à tes démons et de partager avec beaucoup trop de monde tes plus grandes sources de culpabilité, aussi valables, ridicules ou insensées soient-elles, afin d’essayer de t’en débarrasser une fois pour toutes.» Les voici donc, sans plus tarder, en rafale et dans le désordre.

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  1. Je me sens coupable… de ne pas répondre illico à un texto, à un courriel ou à un message, amical ou professionnel, sur Gmail, Tinder ou LinkedIn. C’est à croire que quelqu’un, quelque part, me paye pour jouer le rôle de mon propre attaché de presse. Le pire? Je n’en retire rien, à part une petite boule de stress qui me suit partout, comme un chien de poche. Étrangement, je ne réponds presque jamais au téléphone ni à la porte s’il s’agit d’un appel imprévu ou d’une visite surprise. Faut croire que je suis tranquillement en train de me métamorphoser en vieille cat lady qui se méfie de tout et de tout le monde. À 31 ans. Bravo!
  1. Je me sens coupable… de ne pas plus profiter de mon mode de vie actuel. Je suis jeune, travailleuse autonome, célibataire, et en prime, je gagne un pas pire salaire. Je devrais avoir un super horaire, rempli de lunchs avec les copines et de tonnes de hot dates, voyager aux quatre coins du monde et m’offrir des vacances de rêve dès que je sens la moindre fatigue, pas vrai? Faux! Mes journées ressemblent plutôt à cette énumération longue et déprimante: je me réveille en retard après avoir «snoozé» pendant une bonne heure, je sors marcher pour me dégourdir les jambes et l’esprit, je «rushe» comme une folle pour terminer tout mon travail avant 17 h, je coure jusqu’à l’épicerie pour acheter quelques ingrédients afin de me préparer un souper digne de ce nom, je rédige des textos, courriels et messages à mes amis ou contacts (voir point 1) et je me couche, minuit passé, à la fois exténuée et pleine d’énergie, sans trop savoir ce que j’ai accompli d’important ou de pertinent dans les dernières 24 heures. C’est ça, #lavraievie

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  1. Je me sens coupable… de ne pas être capable de vivre des émotions tempérées. Je suis la personne la plus «intense» que je connaisse (après Éric Salvail, mais ça, ça ne compte pas). Croyez-moi, ce n’est pas un compliment que je m’offre en cadeau. Avec moi, il n’y a pas de demi-mesures: soit je nage en plein bonheur, soit je déprime sur un nuage de tristesse; soit j’aime à la folie, soit je suis complètement indifférente; soit je suis fière comme un paon, soit je suis gênée comme tout… Bref, vous comprenez le principe. Et c’est pareil avec le travail, les amis, la famille, le sport, l’alimentation, la confiance en soi, alouette. Si je ne donne pas mon 400 %, j’en offre 0. C’est tout ou rien. Ça me semble très sain, pas vous? #Not.
  1. Je me sens coupable… d’éprouver de la jalousie. Ben oui, je le sais, je vous casse les oreilles avec ça depuis presque un an déjà, mais je suis la première à avouer que je me compare aux autres. De moins en moins souvent, mais encore un peu, à l’occasion. Je travaille fort là-dessus, je vous le promets. Sinon, pour la petite histoire, je suis légèrement jalouse des filles à la plastique irréprochable, qui semblent avoir été façonnées par la main de Dieu (ou par celle de Vénus, tout au moins). Je suis aussi jalouse des fiancées, des mariées et des nouvelles mères. Celles qui vivent des choses que j’ai siiii hâte de vivre, depuis que je suis toute petite. Finalement, je suis jalouse des femmes fortes, influentes et indépendantes, qui surmontent les défis avec grâce et dignité, et qui jonglent avec des milliers de millions de balles à la fois. (Dites, c’est quoi votre secret? Vous partagez vos trucs?)
  1. Mais je ne me sens pas coupable… de manger le dernier morceau de gâteau au triple chocolat, même après avoir englouti un bol de macaronis au fromage. De regarder en rafale tous les nouveaux épisodes de la quatrième saison de House of Cards, même si le soleil brille dehors. De sauter un jour d’activité physique modérée ou intense, simplement parce que ça ne me tentait pas. De refuser une invitation pour une sortie, avec pour seules raisons: «Je suis fatiguée» ou «Je n’en ai pas envie». De ne pas avoir 100 000 $ qui dorment dans mon compte d’épargne, parce que je choisis de me faire plaisir plutôt que d’économiser de façon obsessive. (J’imagine déjà mon conseiller financier rouler des yeux en lisant ces mots. Désolée, Jonathan!) De ne pas être PDG d’une grande compagnie, parce que j’ai décidé d’emprunter un chemin différent pour me rendre au bonheur. Et, surtout, de ne pas être parfaite en tout temps. Parce que ça serait vraiment trop fatiguant, non? #byebyeculpabilité

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