Allergies alimentaires: 5 choses essentielles à savoir

Les allergies alimentaires sont de plus en plus fréquentes, particulièrement chez les enfants. Une étude réalisée par l’Institut canadien d’information sur la santé révèle que, durant l’année 2013-2014, environ 170 000 visites aux services d’urgence étaient liées aux allergies. Autre information peu banale: les visites associées à l’anaphylaxie (réaction allergique pouvant causer la mort) ont presque doublé en sept ans.
«Un problème de pays industrialisés», souligne l’allergologue Marie-Josée Francœur. «En Afrique, en Inde, au Pakistan, on ne connaît pas ça. Nos bébés naissent dans un univers aseptisé. Leur système immunitaire a peu besoin de travailler et finit par réagir à des trucs banals. C’est le prix à payer pour vivre dans un pays développé!» explique-t-elle.
Les aliments responsables de 99% des allergies alimentaires sont le lait, les œufs, les arachides, les noix, le soya, le blé, le sésame, la moutarde, le kiwi, les poissons et les fruits de mer. De plus en plus, les enfants allergiques aux arachides développent plus tard une allergie au soya. En revanche, l’allergie au lait, qui est la plus fréquente chez l’enfant, disparaît souvent avec le temps.
Certaines personnes (ou familles) se priveront, par précaution, d’aller au restaurant et de voyager. D’autres, comme le pilote de course Alexandre Tagliani, choisissent la liberté: «Je suis sur la route 220 jours par année. Je suis libre comme le vent, je ne suis pas isolé. À mon humble avis, il ne faut pas surprotéger les enfants qui ont des allergies alimentaires. Les programmes de sensibilisation doivent être axés sur les connaissances et la compréhension.»
Voici 5 choses essentielles à savoir sur les allergies alimentaires.
Allergies

1) Toujours avoir son auto-injecteur avec soi
L’anaphylaxie (nom donné à la réaction allergique sévère provoquée par l’allergène) peut survenir n’importe quand, et le seul remède à celle-ci est l’épinéphrine, contenue dans l’auto-injecteur. Bref, il ne sert à rien d’attendre du médecin le médicament d’urgence, car il injectera cette même substance.
«Sur les plus de 2,5 millions de personnes atteintes au Canada, j’aimerais que toutes se promènent avec leur EpiPen, dit Alexandre Tagliani. Celles qui n’ont jamais eu de réactions fortes sont malheureusement souvent difficiles à convaincre. Elles ne comprennent pas qu’elles risquent plus leur vie que moi en voiture de course à 400 km/h!» s’exclame-t-il. À titre d’exemple, il relate l’un des épisodes d’anaphylaxie qui lui a presque coûté la vie il y a quelques années, dans le hall d’un hôtel où il séjournait. Il avait oublié son EpiPen… dans sa chambre, quelques étages plus haut.

2) Un enfant peut aussi traîner son auto-injecteur
À partir de l’âge de raison (6-7 ans), on conseille que l’enfant ait aussi son injecteur sur lui. S’il est bien informé, il peut être capable de s’auto-injecter le médicament. Évidemment, il l’aura fait avec ses parents auparavant, et l’on doit prendre en considération son niveau de maturité.
* Pour faciliter l’apprentissage chez l’enfant (et l’adulte!), EpiPen fabrique des auto-injecteurs d’entraînement, sans médicament. La commande, gratuite, se fait directement sur le site d’EpiPen.
Malheureusement, l’idée que certains enfants traînent leur auto-injecteur dérange. Dans les écoles et les camps de jour, à titre d’exemple, on a peur que les amis de l’enfant ou les autres élèves prennent le médicament et jouent avec, d’où l’importance d’un programme de sensibilisation qui renseigne bien les personnes concernées, mais aussi la population en général.

3) Il faut savoir reconnaître les premiers symptômes
Les signes et les symptômes de l’anaphylaxie sont multiples: manifestations cutanées (démangeaison, urticaire, rougeur), écoulement des yeux et du nez, rougeur des yeux, crampes abdominales, nausées, toux, etc. Certains symptômes sont les mêmes que ceux d’une simple allergie saisonnière, mais, chez l’enfant, on peut parfois noter un timbre des pleurs différent.
Les parents ou les patients qui arrivent en pleine crise à l’hôpital invoquent de nombreuses raisons pour ne pas avoir utilisé l’auto-injecteur. Parmi celles-ci, l’oubli de l’auto-injecteur à la maison, la peur de l’injection, la peur des effets secondaires, mais aussi une mauvaise interprétation des symptômes. Vous avez du mal à évaluer la sévérité de la réaction allergique? Il vaut mieux procéder à l’injection tout de suite que de la donner trop tard.

4) Ne jamais donner un aliment à un enfant que l’on ne connaît pas
Certes, l’enfant doit comprendre son affection et apprendre à dire non à ce qu’on lui offre ou se tourner vers ses parents s’il a le moindre doute. Mais c’est aussi la responsabilité de tout adulte de prendre le problème des allergies alimentaires au sérieux.
«Un exemple parmi tant d’autres: les grands-parents. Ils ont beau adorer leurs petits-enfants ou être les meilleurs grands-parentsd du monde, cette nouvelle réalité est souvent loin de la leur. Combien de fois ai-je dû rappeler à mon père que sa petite-fille pouvait mourir s’il lui donnait tel aliment…», raconte Dominique Seigneur, qui soulève là un point extrêmement intéressant. Lorsqu’on ne connaît pas les réels enjeux des allergies alimentaires, on tend souvent à croire que l’autre exagère…

5) Les personnes les plus à risque sont celles qui ont des antécédents d’anaphylaxie
Plusieurs dizaines de milliers d’épisodes d’anaphylaxie surviennent chaque année au Canada. Heureusement, la majorité des victimes s’en sortent indemnes grâce à l’EpiPen. Mais, pour au moins 50 personnes (50 à 100 personnes chaque année), la réaction est fatale. Si vous pensez que votre enfant ou votre adolescent développe une allergie alimentaire, ne tardez pas à consulter. Les personnes ayant déjà vécu un ou des épisode(s) d’anaphylaxie sont plus susceptibles d’en avoir d’autres.
Votre enfant est encore un bébé et vous ne savez pas quand commencer à introduire certains aliments, comme les crevettes et les arachides, dans son alimentation?
La Dre Francœur se fait rassurante: «À partir de six mois, on peut manger n’importe quoi. D’un point médical, ça ne change rien d’attendre. Il suffit d’être attentif les heures suivant l’introduction de l’aliment. Si vous remarquez une réaction cutanée ou autre, allez immédiatement à l’hôpital. On y passe des tests d’allergies au besoin seulement.»
Quelques ressources pour aller plus loin
Le livre Déjouer les allergies alimentaires, de Marie-Josée Bettez et d’Éric Théroux.
Sur le Web : Déjouer les allergies et Allergies Alimentaires Canada
Selon l'auteure Marie-Josée Bettez: «Il est normal (et j’ajouterais même sain) d’être stressé lorsqu’on apprend que son enfant souffre d’allergies alimentaires. Par contre, rapidement, il faut aller chercher de l’information et s’organiser. Il faut aussi éviter de s’isoler. Intégrer un groupe de soutien comme celui que j’ai créé sur Facebook permet d’échanger avec des parents qui vivent la même réalité.» Des organisations comme Allergies Québec et l’Association Asthme et Allergies Québec «fournissent également de l’aide aux familles aux prises avec des allergies.»
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