Ce que j’aime de moi

On souligne souvent à quel point c’est important d’être bien dans sa peau. Mais au-delà du fait de devoir vivre avec le corps qu’on a, on doit apprendre à s’aimer. Cinq femmes nous parlent en toute franchise de ce qu’elles apprécient d’elles-mêmes.

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Photo: Marjorie Guindon

Dominique Bernèche

Chef d’entreprise, Saint-Gabriel-de-Brandon

J’aime mes bras, qui ont porté mes cinq enfants, les ont bercés, dorlotés.

Je les apprécie depuis que je suis mère. Je ne m’en étais jamais vraiment préoccupée avant. Mais à partir de ce moment-là, ils sont devenus une source de réconfort intarissable.

Ce que ça révèle de moi? Ma fibre maternelle incroyable. Je l’ai toujours eue, d’ailleurs. Déjà toute petite, je voulais devenir enseignante et j’étais celle qui gardait tous les cousins et cousines.

Je les tiens de ma mère et de sa mère à elle. Comme les leurs, mes bras commencent à rousseler quand je vais au soleil (et j’y vais souvent!). J’aime beaucoup ces petites marques qui me rappellent d’où je viens.

Pour me sentir belle, je porte des vêtements tout simples, par exemple, des jeans et un t-shirt blanc. J’affec-tionne les basiques, les fibres naturelles comme le coton. Comme je suis entrepreneure, je ne travaille pas dans un bureau, alors mon premier critère est souvent le confort. Et puis, mon chum m’aime comme ça, pas compliquée.

On dit de moi que je suis passionnée. Quand je parle de ce qui m’intéresse, comme de mon entreprise, j’ai l’impression que je m’allume et que ça me donne du charisme. On dit que je suis une fille simple, et que je n’ai pas besoin de grand-chose pour être heureuse. Pour moi, rien ne bat une fin de semaine dans mon camp en bois rond avec ma petite famille. Sans WiFi, ni électricité, ni eau courante. C’est mon côté coureuse des bois.

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Photo: Marjorie Guindon

Edwige Gateau

Chef d’équipe au gouvernement du Québec, Saint-Jean-Chrysostome

J’aime mes lèvres, parce que c’est par elles que passent toute l’expression du visage, les paroles, l’amour, la reconnaissance.

Je les apprécie depuis aussi loin que je me souvienne. Je me rappelle, quand j’allais à l’école en France, j’avais plusieurs amies qui me jalousaient pour mes lèvres. J’ai vite compris que j’étais chanceuse de les avoir, qu’elles soient aussi charnues. Nous, les Noires, nous avons peu de variété dans nos couleurs de cheveux ou d’yeux, alors ce sont nos traits qui nous distinguent. Moi, ce sont mes lèvres.

Ce que ça révèle de moi ? Que j’ai le bonheur facile. Le sourire en dit beaucoup sur nous. C’est d’ailleurs ce que je remarque en premier chez les autres.

Je les tiens de ma mère. Je crois que ses ancêtres étaient d’origine peule, un peuple de nomades de l’Afrique de l’Ouest. Mais mon sourire, je le tiens de mon père. Il était un grand optimiste qui mettait de la joie partout où il allait. Il a été enseignant, puis directeur d’école, et tout le monde l’aimait. Mes fils en ont hérité aussi. Quand ils sourient, ces deux beaux jeunes hommes, c’est tout leur visage qui s’illumine.

Pour me sentir belle, je porte du maquillage. Un peu de fond de teint, d’ombre à paupières, du rouge à lèvres, et je suis prête à partir. Moi aussi je pâlis, l’hiver. Alors je trouve que ça me revigore.

On dit de moi que je suis toujours de bonne humeur. Dès que je passe le pas de ma porte, je veux rayonner, alors j’ai le sourire facile. On me dit souvent que je ne fais pas mon âge parce que je n’ai pas de rides. Peut-être aussi parce que je suis jeune de cœur.

Photo: Marjorie Guindon

Line Larouche

Conseillère jeunesse dans une institution financière, Laval

J’aime ma peau. Je la trouve douce. Elle ne me cause jamais de problème, comme des boutons ou de l’eczéma, elle ne brûle pas au soleil non plus.

Je l’apprécie depuis une quinzaine d’années. Ce sont les autres qui m’ont fait réaliser que j’avais une belle peau. Je me le faisais souvent dire par mes collègues, mes amies, mon chum. C’est fou comme il y a plein de choses dont on ne se rend pas compte quand on est jeune. Je n’en avais jamais pris conscience avant.

Ce que ça révèle de moi? Que j’aime toucher, je crois. Je suis ce genre de personne qui a tendance à toucher l’épaule, la main, le bras des gens à qui elle parle.

Je la tiens de mon père. Lui aussi avait la peau très douce. J’ai encore de très vifs souvenirs de ses mains, que je caressais. Je ne sais pas si elles avaient toujours été comme ça ou si elles se sont adoucies avec l’âge.

Pour me sentir belle, je porte du rouge à lèvres. Toujours. Tant que mes cheveux sont beaux et mes lèvres colorées, ça va. Je ne pars jamais sans ça. Quand j’habitais au Saguenay, dans un petit village, je disais à la blague que je ne pouvais pas aller chercher mon courrier à la boîte postale sans mon rouge à lèvres et mes talons hauts.

On dit de moi que je suis douce, fine et souriante. Que je suis patiente, aussi, car c’est rare que je me fâche. Mais c’est aux yeux de ma petite-fille de 11 ans que je suis la plus extraordinaire. Pour elle, je suis la meilleure mamie du monde.

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France Bellemare

Photo: Marjorie Guindon

Chanteuse d’opéra, Montréal

J’aime mes seins, mes épaules, mon cou. Ça fait partie de ma féminité.

Je les apprécie depuis mon adolescence, depuis que je suis devenue une femme. Il y avait d’autres parties de mon corps qui me plaisaient moins, comme toutes les ados, mais j’ai toujours aimé mon décolleté. Je trouvais que mes chandails m’allaient bien et ça boostait mon estime de moi.

Ce que ça révèle de moi? Que j’ai une bonne posture. Probablement parce que j’ai fait de la danse longtemps. Mon maintien aide ma présence sur scène, on me le dit souvent.

Je les tiens de ma mère, c’est certain. Tout comme mes fesses et mes cuisses. Je suis très heureuse qu’elle m’ait légué ses gènes, car c’est une très belle femme.

Pour me sentir belle, je porte des robes ou des hauts à fleurs, parce que ça me fait penser à la belle saison. Mais j’en porte à longueur d’année. Des talons hauts, aussi. Surtout quand ils sont originaux. J’accorde beaucoup d’attention à mes vêtements, à mes accessoires. Je prends le temps de les choisir. Je suis flattée quand les gens le remarquent, mais c’est vraiment pour moi que je le fais.

On dit de moi que je suis souriante et rieuse. Que je suis féminine aussi, mais pas dans le sens de délicate et fragile, plutôt de sensuelle. Mais la plupart du temps, quand les gens m’abordent, c’est pour me parler de ma voix, bien sûr. C’est mon métier d’impressionner par ma voix et mon chant.

Photo: Marjorie Guidon. Mise en beauté: Martine L’Heureux avec les produits MAC et Kevin Murphy. Virginie Vandelac
avec les produits MAC et L’Oréal. Assistantes de la photographe: Audrey Belval et Jenny Aubut.

Isha Bottin

Directrice générale d’un organisme philanthropique et autrice jeunesse, Montréal

J’aime mes mains et la couleur de ma peau, parce qu’elles montrent mes origines indienne, québécoise et belge.

Je l’apprécie depuis toujours, pour ce qui est de ma peau. J’ai toujours aimé la facilité que j’ai à tolérer le soleil, et le fait qu’elle change d’une façon tellement radicale que je suis presque une personne différente l’été et l’hiver. Mes mains, elles, je les aime depuis que je connais mon conjoint, donc depuis 12 ans. C’est lui qui me les a fait remarquer. Il me dit toujours que j’ai de belles mains d’Indienne.

Ce que ça révèle de moi? Mon parcours unique. Les gens sont toujours intrigués devant la couleur de ma peau et mon accent étrange. Ils n’arrivent jamais à savoir précisément d’où je viens.

Je la tiens d’un mélange de ma maman indienne et de mon papa québécois. Je suis très fière de mon métissage. Pour mes mains, mon conjoint a raison, ce sont vraiment celles de ma mère, des mains d’Indienne.

Pour me sentir belle, je porte des couleurs. Jaune, turquoise, vert pomme, leur côté éclatant me plaît. C’est lumineux, joyeux, ça me permet de sortir du lot. Et avec mon teint, j’ai la chance de pouvoir les porter toutes.

On dit de moi que je suis à l’écoute, empathique, attentionnée. Quand je rencontre quelqu’un, je pose 15 000 questions, je m’intéresse à ce que les autres vivent. Ce n’est pas pour rien que j’ai fait des études en travail social. J’ai toujours eu tendance à me porter au secours de la veuve et de l’orphelin. Enfant, je défendais  sans cesse mes petits frères et sœurs quand ils se faisaient chicaner.

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