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Couple et sexualité

Que faire si la libido de votre partenaire diminue?

Si le faible appétit sexuel de votre partenaire vous déstabilise, ne vous mettez pas la tête dans le sable. Pour dénouer l’impasse, une bonne communication est essentielle.
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Que faire si la libido de votre partenaire diminue?

Photo: Canva

«Ça fait facilement un an que nous n’avons pas eu de relations sexuelles», confie Annabelle (prénom d’emprunt) à propos de son couple. C’est que son mari, dans la jeune trentaine tout comme elle, n’éprouve pratiquement plus l’envie de faire l’amour.

Au début de leur relation, il y a plus de six ans, les rapports étaient fréquents. Une fois installés ensemble, les amoureux faisaient encore l’amour environ une fois par semaine. Mais depuis la pandémie, l’appétit sexuel du conjoint d’Annabelle a presque disparu. Ce qui a beaucoup inquiété l’intéressée.

«La diminution du désir est le motif de consultation numéro un en sexologie, pour les hommes comme pour les femmes, ou même les personnes non binaires », indique d’entrée de jeu la sexologue et autrice Myriam Daguzan Bernier. Or, même si l’écart de libido est commun entre des partenaires de vie, il cause souvent de la souffrance, souligne Sophie Bergeron, professeure titulaire au Département de psychologie de l’Université de Montréal (UdeM) et directrice du Laboratoire d’étude de la santé sexuelle.

La tentation de désespérer peut être forte, surtout si on se compare au portrait typique du couple hétérosexuel que présente la culture populaire: l’homme débordant de désir et sa partenaire peinant à suivre le rythme. «Au début, ça a été très difficile, raconte Annabelle. Je pensais qu’il ne me trouvait pas belle, qu’il ne m’aimait plus. Je projetais mes anciennes histoires sur la nôtre. Dans une autre relation, quand on a cessé de faire l’amour, c’est qu’on allait se quitter…»

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Quand on se compare

Une forme de tabou entoure la diminution du désir masculin, selon Katherine Péloquin, professeure titulaire au Département de psychologie de l’UdeM et directrice du Laboratoire d’étude du couple. «On en parle peu, ça va à l’encontre des stéréotypes», convient-elle. En conséquence, les partenaires peuvent avoir le sentiment d’être anormaux et ressentir de la détresse.

Les études épidémiologiques menées sur la population générale montrent bel et bien que les hommes ont en moyenne plus de désir sexuel que les femmes, explique Sophie Bergeron. En effet, ils pensent plus souvent au sexe, se masturbent plus fréquemment et engagent davantage les rapports. En revanche, «beaucoup d’études démontrent qu’environ 15% des hommes rapportent un faible désir assez persistant, ajoute la chercheuse. Ce n’est quand même pas anodin.»

Dans d’autres types d’études qui sondent les couples hétérosexuels, environ 50% disent composer avec un écart de désir, relève Léa Séguin, professeure associée au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal. Or, la moitié du temps, c’est l’homme qui a moins souvent envie de faire l’amour. «Dans toutes les études qui ont [comparé les données de couples] que j’ai trouvées, ce sont chaque fois les mêmes résultats», précise la chercheuse, aussi autrice pour le Club Sexu, un média spécialisé
dans l’éducation sexuelle positive et inclusive.

Le sexe est-il un gage de bonheur? Les expertes consultées citent une grande étude scientifique américaine, publiée en 2015 dans la revue Social Psychological and Personality Science. «Quand on a des relations sexuelles régulières, on a tendance à être plus satisfait dans son couple, résume Léa Séguin. Mais il y a un effet plafond: au-delà d’une fois par semaine, il n’y a pas vraiment de différence.» Attention toutefois, il s’agit de moyennes. «Ça ne veut pas dire que c’est bon pour tout le monde, prévient-elle. Il faut prendre ces tendances avec un grain de sel.» D’ailleurs, d’après Katherine Péloquin, les couples qui durent feraient plutôt l’amour une à deux fois par mois en moyenne après la période de lune de miel.

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Y a-t-il un problème?

Annabelle est catégorique: sa relation avec son mari est très bonne. Complicité, humour, tendresse et écoute sont au cœur de leur quotidien. «Chaque fois que j’ai des doutes, je me dis que je préfère nettement cette base solide à des relations sexuelles plus fréquentes», assure-t-elle.

Myriam Daguzan Bernier dénonce les fameuses injonctions de fréquence. «Souvent, c’est [plutôt
fonctionnel]: “on l’a fait, on l’a coché, tout va bien” », rappelle la sexologue pour déconstruire l’idée selon laquelle une sexualité très active est une panacée. «Si pour vous, c’est une fois par six mois, mais que c’est super plaisant, que c’est votre moment à vous, parce que votre vie est pleine, c’est parfait!»

Toutes les expertes interviewées s’entendent pour dire qu’il n’est pas nécessaire de faire l’amour souvent, voire tout court si ça vous convient à tous les deux. Bien que la sexualité soit un moyen de répondre à une multitude de besoins fondamentaux, par exemple de connexion, de validation ou d’appartenance, «on peut les combler autrement», affirme Léa Séguin. Certains couples se satisfont pleinement de gestes tendres ou de longues conversations. «À moins de ressentir de
la souffrance, il n’y a pas de problème», conclut Myriam Daguzan Bernier.

Au lieu de vous comparer à votre entourage ou aux stéréotypes, mieux vaut porter attention à vos propres sentiments. La fréquence de vos rapports sexuels vous convient-elle? Avez-vous du plaisir? Si la situation vous dérange, essayez de comprendre pourquoi, puis parlez-en à votre partenaire.

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Ouvrir la communication

Lorsque la libido d’un des partenaires diminue, souvent «des problèmes de communication s’installent», fait remarquer Sophie Bergeron. Parler du problème est délicat, mais crucial. «La première chose, pour établir une bonne communication, c’est d’accepter d’être vulnérable. Mais, oui, ça va être difficile», concède Myriam Daguzan Bernier, qui conseille de briser la glace en nommant sa gêne ou son malaise. «Arrêtons de voir ça comme LA conversation, celle qu’on aborde une fois. Ça devrait être une discussion qui se poursuit au fil du temps.»

Plusieurs raisons physiques et psychologiques peuvent expliquer une panne de désir (voir l’encadré « Les causes possibles »). Parfois, l’homme ne se reconnaît tout simplement pas dans le rôle «d’initiateur» qui lui est attribué. Il est normal que le désir fluctue au fil des mois et des années. «On est dans une société où on dirait qu’il faudrait avoir le goût tout le temps! Eh bien c’est faux, ça ne marche pas comme ça», constate Myriam Daguzan Bernier.

«Plus il y a de pression, moins le désir va émerger, que la pression soit le fait de notre partenaire, de la société ou autre», confirme Sophie Bergeron. Annabelle craint d’ailleurs d’avoir creusé le fossé en manquant d’empathie lorsque les premiers signes d’une baisse de libido sont apparus. «[Mon mari] vivait beaucoup d’anxiété et de stress par rapport à sa famille à l’étranger, et moi, je n’ai pas pris le temps de le comprendre.»

Que faire alors? Il n’existe pas de formule magique pour dénouer l’impasse.

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«Si on attend que le désir naisse tout seul, ça ne se produira probablement pas», souligne Katherine Péloquin. Mettre à l’horaire des moments d’intimité peut fonctionner. «Il faut déconstruire cette idée que, si c’est planifié, c’est de la mauvaise sexualité», soutient-elle.

D’ailleurs, l’idée selon laquelle les couples devraient toujours éprouver du désir sexuel avant la relation est un mythe, d’après Léa Séguin. «Comme on dit, l’appétit vient en mangeant», résume-t-elle. Et ce n’est pas un problème, à condition que les motivations soient positives, par exemple si c’est pour se rapprocher de son partenaire.

Si vous souffrez de la situation et ne constatez pas d’amélioration, ou que la conversation est bloquée, mieux vaut consulter. Sexologues et psychologues sont des ressources de choix, mais leurs services peuvent être chers ou difficiles à dénicher. Le réseau public de santé ayant peu de ressources à proposer, les cliniques universitaires (moins chères que les cliniques privées) sont à considérer, tout comme les psychothérapeutes, qui ne peuvent toutefois pas poser de diagnostic.

Aujourd’hui, Annabelle ne sent pas d’urgence à reprendre une sexualité régulière avec son mari, bien qu’elle y aspire : «Ce n’est pas nécessaire de revenir à un rythme de chaque semaine». Même si tout n’est pas rose, elle est capable de relativiser les choses. Non, le sexe n’est pas essentiel dans son couple… et c’est bien correct.

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Les causes possibles

Trouver ce qui cause la panne de désir est un premier pas. Voici quelques pistes.

À tout âge, de nombreux facteurs psychologiques, circonstanciels et environnementaux, comme un deuil, une perte d’emploi, le stress, la fatigue ou l’anxiété (généralisée ou de performance), peuvent réduire l’envie d’avoir des relations sexuelles. L’état de santé peut aussi être en cause. Par exemple, certaines maladies et certains médicaments (antidépresseurs, antidiabétiques) sont susceptibles d’entraîner des dysfonctions sexuelles, telles qu’une panne du désir, des troubles érectiles ou encore
l’incapacité d’atteindre l’orgasme, qui peuvent causer de la gêne ou un malaise et nuire à l’envie de
rapprochements. L’âge est aussi un facteur important chez l’homme, comme chez la femme, «et toutes les maladies liées au vieillissement jouent un rôle [dans]», ajoute Sophie Bergeron.


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Amélie est adjointe à la rédaction chez Châtelaine et journaliste pigiste. Bien qu'elle soit une généraliste – curieuse et assoiffée d’apprentissages –, elle a développé plus d’expertise sur les sujets touchants la consommation durable et responsable sous toutes ses facettes, le plein air et l’équipement qu’il nécessite, les expériences de voyage et l’éthique en tourisme, de même que l’alimentation, le bien-être et la santé.

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