Nutrition

« J’ai adopté le régime végétalien »

Convaincue par son mari, Cindy a peu à peu écarté de son alimentation la viande rouge, la volaille, les produits laitiers… jusqu’à ce qu’elle mange entièrement végétalien. Elle raconte ce que ce choix a changé.

Cindy-Synnett

Photo: Maude Chauvin

Cindy Synnett, 32 ans, étudiante et chef d’entreprise
« Je suis devenue végétalienne ! »

La grande demande lui est venue de son amoureux : « Chérie, veux-tu… arrêter de manger de la viande ? » Cindy Synnett a failli s’étouffer avec son T-bone ! Son carnivore de mari lui annonçait tout de go qu’il leur fallait (oui, même elle !) couper bœuf, porc, agneau, poisson, décrétant que ce n’était pas bon pour la santé. « Je me suis dit que ça lui passerait, dit-elle en riant. Mais le trip a duré ! »

C’était à l’automne 2011, au retour d’un voyage en Jamaïque. Elle s’est dit que son homme s’était laissé séduire par les rastafaris et leur cuisine à tendance végétalienne (qui exclut les aliments d’origine animale). Bonne joueuse, Cindy s’est mise à lire sur les effets nocifs de la viande et des produits laitiers. À demi convaincue, elle s’est lancée dans l’aventure. Les premiers mois, la viande rouge a disparu du menu. Ont suivi la volaille et, un an plus tard, fruits de mer, poissons, œufs et produits laitiers. Le tout graduellement, le temps de s’habituer à de nouvelles recettes (« Rien de compliqué ») et à des aliments inconnus – tahini, graines de chanvre, huile de noix de coco, pain sans agent de conservation. Mais le plus difficile à couper, c’était le fromage. Et le sucre, mon Dieu, le sucre !

« J’étais accro, dit Cindy, qui souffre d’hypoglycémie. À la maison, on mangeait beaucoup de desserts – c’était un groupe alimentaire en soi. Quand je réussissais à tenir trois jours, je devenais folle ! » Aujourd’hui, elle a troqué les friandises contre des douceurs naturelles comme des brownies végétaliens. Dès qu’elle rechute, c’est l’éruption de plaques et de boutons.

Sans cette nouvelle façon de s’alimenter, cette workaholic croit qu’elle n’aurait jamais pu maintenir le rythme – elle étudie en comptabilité à plein temps et gère sa propre entreprise d’entretien ménager. « Dans les derniers mois, j’ai travaillé 12 heures par jour, sept jours sur sept. Et j’ai davantage d’énergie qu’avant. »

Son corps, elle en prend soin au-dedans comme au-dehors. Sensibilisée par le livre Du plomb dans votre rouge à lèvres (Les Éditions de l’Homme), elle a recomposé sa trousse beauté. « Je fais moi-même ma crème pour le corps et le visage de même que mon exfoliant. » Depuis tous ces changements, les compliments sur son teint rosé fusent…

Vous arrive-t-il de tricher ? Oui. Impossible de renoncer aux plats de riz collé (du riz aux haricots rouges à l’haïtienne). Ils contiennent du bouillon de poulet, mais c’est trop bon !

Ce que votre alimentation a changé ? Je suis moins fatiguée, je n’ai plus sommeil après les repas et, la nuit, je dors comme un loir. Mes symptômes d’hypoglycémie ont disparu, tout comme les ballonnements.

L’inconvénient ? Si je n’ai pas envie de cuisiner ou que j’ai oublié mon lunch, c’est compliqué. Les restos qui offrent des plats végétaliens sont rares.

Des ingrédients que vous mettez dans tout ? De la lime et de la coriandre.

Vos desserts préférés? Les brownies végétaliens, subtilement chocolatés ; le gâteau au tofu, noix de Grenoble et sirop d’érable, qui ressemble à s’y méprendre au gâteau au fromage.

Pour épater les invités, vous cuisinez… Des burgers aux champignons, à la farine d’épeautre et à la boisson d’amande, avec avocats et oignons rouges. Même les carnivores en redemandent !

Ce que vous gardez toujours dans vos frigo et garde-manger ? Boisson d’amande, noix, pois chiches, graines de chanvre. Et pour les petits écarts, des chips Lay’s nature. Pas santé, mais végétaliennes !

Pour moi, bien manger, c’est… Un défi. Il faut se nourrir en fonction de ses besoins et non de ses envies.