Sophie Bourgeois: « La course m’a aidée à passer à travers une rupture »

42 ans, comédienne et maman de deux enfants (Charlie, 7 ans, et Tomi, 3 ans), Sophie Bourgeois raconte comment la course l’a littéralement propulsée vers l’avant.

 
Photo: Maude Chauvin
Photo: Maude Chauvin

Sophie Bourgeois

42 ans, comédienne et maman de deux enfants (Charlie, 7 ans, et Tomi, 3 ans)

Le grand tournant

Sophie Bourgeois venait tout juste d’emménager dans une magnifique maison des Laurentides avec son chum et ses deux jeunes enfants quand pschitt ! son homme est parti. C’était il y a un an et demi. « Ma famille avait éclaté, mon monde s’écroulait. Je passais mes journées à pleurer », se souvient celle qui jouait la belle Maude dans la télésérie C.A.

Elle s’est départie de sa résidence et a magasiné une maison usinée, plus abordable. Au bureau des ventes, ses yeux verts se sont posés sur la photo du coprésident de l’entreprise en train de relever le défi Ironman. « Je lui ai demandé en riant ce qui lui était arrivé pour qu’il participe à cette compétition de fou. Il m’a raconté comment le
triathlon l’avait aidé à surmonter le deuil de sa femme. »

La décision

Ne faisant ni une ni deux, le triathlonien a inscrit Sophie à une course de 10 km qui se déroulait un mois plus tard. Elle qui n’avait jamais couru de sa vie s’est astreinte à un entraînement rigoureux. « Je me sentais à nouveau combative. Je suis devenue Rocky ! » plaisante celle qui mesure 5 pieds 2 pouces. « J’avais en tête l’image du boxeur qui se défonce pour envoyer son adversaire russe au tapis. » Sauf que Rocky ne sanglotait pas en pleine rue. Pour ne pas être vue ainsi, la comédienne a pris la direction du bois. « J’avais besoin de me cacher en forêt pour crier et chanter si j’en avais envie. Je faisais corps avec la nature. Je sentais le sol sous mes pieds et je ne pensais plus à rien. Ç’a été salvateur. »

La remontée

Sophie a retrouvé le sommeil, l’énergie et la confiance en elle – sécrétées pendant l’entraînement, les endorphines sont des hormones du bonheur. La jeune femme a diminué sa con-sommation d’alcool. « Je partais courir au lieu de m’ouvrir une bouteille de vin ! » Elle a acheté un terrain boisé pour son nouveau nid et s’est mise à abattre des arbres à la tronçonneuse. La forêt est devenue son refuge, la course son second souffle. Elle a suivi en parallèle des thérapies qui l’ont amenée à modifier son rapport à elle-même et aux autres. « Il était temps que j’apprenne à m’aimer. J’ai vécu une période de guérison. La course m’a donné le courage de la surmonter. » Elle vise maintenant le triathlon. Personne ne l’arrêtera.

 

Ses trois conseils

Respecter ses limites. Commencer de façon lente et progressive. La première course de 5 km est la plus difficile, parce qu’on part de loin.

S’imposer une discipline. Je dois parfois me botter les fesses, car l’envie de courir n’est pas toujours au rendez-vous ! Je me suis jointe à un club de course pour me motiver et me surpasser.

S’étirer. Essentiel pour récupérer après une course. Je prends 5 minutes pour apprécier l’exercice accompli et sentir mon corps décompresser.

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