Ma parole!

De l’importance de douter de soi

«Dans une certaine mesure, douter de soi c’est sain. Avoir peur d’échouer aussi. Ça nous empêche de nous asseoir sur nos lauriers et de tenir les choses pour acquises.» Selon Geneviève Pettersen, pour avancer il faudrait, en plus de l’ambition, une capacité à douter de soi.

Ma_paroleJe vous l’ai dit la semaine dernière : je revendique mon ambition haut et fort. Mais je vous ai caché une chose. Chaque fois ou presque que je désire atteindre un objectif ambitieux, une maudite petite voix fatigante dans ma tête me susurre que je ne serai sans doute pas capable d’atteindre mes objectifs, que mes enfants vont en pâtir ou que mon couple va se mettre à battre de l’aile.

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Et je ne vous parle pas seulement de l’ambition liée à la vie professionnelle. Comme me le faisait judicieusement remarquer une copine sur Facebook, l’ambition est encore trop souvent associée au monde du travail, alors qu’elle touche tous les aspects de la vie. En plus d’être ambitieuse professionnellement, je fais preuve du même appétit familialement. Même au gym, je suis ambitieuse. J’aime pousser plus loin, me dépasser et gravir les échelons dans TOUTES les sphères de mon existence.

Photo: iStock

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Mais que ce soit sur mon vélo ou quand j’essaie de montrer à mes filles comment préparer le plus moelleux des gâteaux au chocolat (merci Ricardo), la même maudite petite voix se fait entendre. Et j’ai beau essayer de la faire taire en me rappelant tout ce que j’ai accompli jusqu’à maintenant, rien n’y fait. Elle continue à me faire douter de moi.

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Ça fait que j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule et d’arrêter d’essayer de l’éradiquer. Je me sers désormais de cette maudite voix fatigante comme d’un moteur. Quand elle me parle, je ne fais ni une ni deux et je tente de lui prouver le plus rapidement possible qu’elle est dans le champ, que je suis extraordinaire et que je peux réussir tout ce que je veux, même si les défis que je me lance me terrorisent. Et je ne vous parle pas de cuisiner un gâteau. Il n’y a rien d’épeurant là-dedans, du moins pour moi. Je suis certaine qu’il existe des femmes pour qui l’ascension du mont Everest est plus envisageable que la préparation d’un moelleux. Mais on s’en reparlera dans un prochain billet.

Ce que je veux vous dire, et j’insiste là-dessus, c’est que dans une certaine mesure, douter de soi c’est sain. Avoir peur d’échouer aussi. Ça nous empêche de nous asseoir sur nos lauriers et de tenir les choses pour acquises. Ces derniers temps, je trouve qu’on parle beaucoup de confiance en soi. C’est un message positif, mais il ne faudrait pas perdre de vue que le doute et les remises en question font intrinsèquement partie de la nature humaine et qu’il faut les cultiver pour avancer. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je ne voudrais plus me passer de ma petite voix. Main dans la main avec l’ambitieuse en moi, elle me permet d’avancer. Et vite à part de ça.

Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com
Pour réagir sur Twitter: @genpettersen
Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)