Société

Patience sur la route…

Prudence et patience derrière le volant sont de mise pour éviter les accidents et assurer une cohabitation sécuritaire entre joggeurs, piétons et cyclistes, rappelle Johanne Lauzon, rédactrice en chef adjointe et responsable santé.

Photo: iStock

Qu’est-ce qui était si urgent ce samedi matin-là ? Un mégasolde chez Holt Renfrew ? Un brunch avec des amis ? Un rendez-vous chez l’esthéticienne ? Je cherche à comprendre, mais je ne trouve toujours pas d’explications. C’était pourtant une matinée lumineuse, un début de week-end plein de promesses.

Alors, pourquoi as-tu accéléré quand j’ai traversé la rue en joggant ? Pour me faire peur ? Eh bien, tu as réussi. Pendant quelques fractions de seconde, j’ai cru que j’allais finir sous les roues de ton Land Rover. J’ai hésité, puis « figé » au beau milieu de la chaussée. « Non, mais elle me fonce dessus ! » Juste à temps, tu as freiné. Fiou.

Tu devrais plutôt te réjouir que je m’entraîne : je te fais économiser des impôts. Ma persévérance me permettra peut-être de rester en santé longtemps, donc de ne pas échouer trop souvent aux urgences. À moins qu’une p’tite dame pressée comme toi ne m’y expédie. Ce qui n’est pas exclu.

Quelques jours plus tôt, c’est toi, cher monsieur d’un âge avancé, qui as failli me renverser – et avec moi, une maman et son fiston de trois ou quatre ans. Nous étions en train de marcher au feu vert quand tu as surgi de nulle part en tournant sur ta gauche. J’ai presque senti les pneus de ta bagnole bringuebalante sur mes bottillons. J’en tremble encore juste à penser au bambin qui venait de lâcher la main maternelle au même moment.

Chaque jour, je t’observe dans ton char, toi, l’anonyme, qui te crois tout-­puissant dans ta boîte en métal. Je te vois « coller » les braves cyclistes – ceux qui roulent même en hiver ! – sur le bord du trottoir ou « couper » les piétons qui ne vont pas assez vite à ton goût… Sans compter toutes les fois où tu perds patience à cause de tes semblables derrière le volant. Juste comme ça, sais-tu que ton véhicule pèse plus de 1 000 kg ? Que ce mastodonte peut causer des blessures irréparables et la mort ? L’oublies-tu ?

Woh ! Lève le pied, s’il te plaît.

À LIRE: Les fous du volant