Sciences et santé: les chercheuses québécoises qui ont tout changé

PHOTOS: Brenda Milner (Le neuro - Institut-hôpital neurologique de Montréal) / Lina Chamberland (Meera Paleja) / Francine Descarries (Sylvain Légaré - L'ordre de Montréal)
La neuropsychologue de renommée mondiale Brenda Milner voit le jour en Angleterre en 1918. Dans la mi-vingtaine, elle débarque à Montréal avec son mari et obtient un doctorat en psychophysiologie de l’Université McGill (1952). Elle travaille ensuite à l’Institut-hôpital neurologique de Montréal avec le docteur Wilder Penfield, qui opère des patients atteints d’épilepsie.
Lauréate du Prix Châtelaine: Yvette Bonny
Catégorie: Sciences
Les recherches cliniques de Brenda Milner auprès d’épileptiques souffrant d’amnésie après l’ablation d’une partie du cerveau l’amènent à rencontrer, aux États-Unis, un patient qu’elle suivra pendant 30 ans, Henry Molaison. Ses observations de cet homme mènent à sa plus grande découverte: les humains ont différentes formes de mémoire, notamment la mémoire procédurale (qui touche les facultés motrices apprises avec la pratique) et la mémoire épisodique (qui concerne les souvenirs d’événements vécus). Ses travaux ultérieurs ont aussi permis d’identifier les régions du cerveau responsables du bilinguisme et de la mémoire spatiale.
Dans le domaine des sciences sociales, la sociologue Line Chamberland se démarque par ses travaux sur les minorités sexuelles. «Dans les années 1980, elle décide de s’intéresser à la population homosexuelle, alors stigmatisée en raison du sida. Elle choisit un sujet à contre-courant», souligne la directrice générale de l’Acfas, Sophie Montreuil. Line Chamberland, qui a enseigné au Département de sexologie de l’UQAM, effectue, en effet, de nombreuses recherches sur les discriminations dont font l’objet les personnes LGBTQ au travail et à l’école, de même que dans les milieux de soins. Elle se penche aussi sur le vieillissement de cette population et sur l’homoparentalité. En 2011, elle prend la tête de la nouvelle Chaire de recherche sur l’homophobie, qu’elle dirigera jusqu’en 2020. «Elle a été une actrice importante pour faire modifier la perception et la compréhension [de ce qu’est l’homosexualité] », juge Sophie Montreuil.
Sociologue elle aussi, Francine Descarries est, pour sa part, interpellée par le mouvement féministe. Elle entame ses études postsecondaires à 27 ans, alors qu’elle est déjà mère de 2 enfants. Pendant ses études de sociologie à l’Université de Montréal, en 1978, elle met sur pied avec deux autres étudiantes au doctorat le premier cours consacré à la condition féminine.
En 1986, elle devient professeure à l’UQAM et, quelques années plus tard, elle participe à la fondation de l’Institut de recherches et d’études féministes. Durant sa carrière, elle s’intéresse à l’histoire du mouvement des femmes, à la construction sociale du masculin et du féminin, ainsi qu’aux rapports maternité-famille-travail. Elle a contribué à institutionnaliser cette spécialisation dans le milieu universitaire, comme en témoigne la présence de divers instituts et groupes de recherche au Québec.
COLLABORATION À LA RECHERCHE: Marie-Ève Paré
Êtes-vous extra?
Votre dose de mode, beauté et déco par courriel.
