Ma parole!

Un enfant devrait-il avoir des comptes Facebook et Instagram?

Même s’il faut avoir 13 ans pour ouvrir un compte Facebook et Instagram, Geneviève Pettersen a constaté que des camarades de classe de sa fille de 9 ans sont actifs sur ces réseaux. Et notre chroniqueuse trouve cela beaucoup trop jeune.

Ma_paroleJ’ai appris que plusieurs enfants dans la classe de ma fille possédaient des comptes Facebook et Instagram. C’est elle qui me l’a dit lorsque je lui ai gentiment, mais fermement, rappelé qu’elle ne pourrait pas être présente sur les médias sociaux avant un méchant bout. Oui, j’ai eu droit à «tous mes amis sont sur Facebook» et au sempiternel «tu es la mère la plus poche», mais ça ne me dérange pas une miette. Je m’en fous d’être la moins cool dans l’univers parce que, sur ce coup-là, je sais que j’ai raison.

Photo: iStock

À LIRE: La dictature des tailles

Voulez-vous bien me dire ce que des enfants de neuf ans font sur les réseaux sociaux ? Et pire encore, pouvez-vous m’expliquer pourquoi certains ont librement accès à internet sans surveillance parentale? Il ne passe pas une semaine sans que ma fille ne me demande la permission de jouer à tel jeu en ligne ou de télécharger telle application. Je ne suis pas contre internet et j’adore les médias sociaux. Je pense même être une mère assez ouverte et informée sur la question. Je lui accorde donc une certaine liberté et la laisse naviguer sous ma supervision. Ce qui veut dire que je vérifie chaque jour attentivement le contenu de sa tablette, que je valide chaque application avant qu’elle ne la téléverse dans la machine (l’option partage familial est en ce sens une véritable merveille), et que je lui interdis de s’enfermer dans sa chambre pour naviguer.

Vous me trouvez excessive ? Eh bien pas moi. Comme je passe la plupart de mon temps sur internet, je sais ce qui s’y trame et je sais surtout que parmi le contenu amusant, divertissant et bien ficelé, il y a des choses moins édifiantes et des prédateurs qui guettent.

Quand je vois des enfants sans surveillance sur la toile ou actifs sur Facebook, je suis renversée. Pourtant, je ne juge pas leurs parents parce que, souvent, ils ignorent comment cet univers fonctionne. Ils ignorent même, dans certains cas, que leur enfant est sur Facebook ou Instagram. Bon, il y a certaines personnes pour qui la tablette est un moyen d’avoir la paix, mais j’ose croire que la majorité des parents se préoccupent de ce que leurs jeunes consomment sur internet.

À LIRE: Les enfants et le sexe sur internet : comment en parler?

J’imagine que ces parents-là voudraient sans doute mieux comprendre le fonctionnement de tout ça, mais peinent à s’y retrouver. Et les enfants aussi, pour être bien honnête. Je ne comprends pas pourquoi on n’offre pas de cours d’éducation numérique dans les écoles. Parce qu’il est indéniable que tablettes, ordinateurs et téléphones intelligents font désormais partie de l’univers social et sont là pour rester. Alors, pourquoi laisse-t-on les jeunes et leurs parents naviguer sur cette grande mer numérique sans repère aucun?

Je ne veux pas dire qu’internet est dangereux et que la tablette est une machine du diable. Par contre, quand je vois des parents laisser leurs jeunes utiliser internet comme bon leur semble alors qu’ils ont peur de les laisser marcher seul vers l’école (qui est sur la même rue) ou qu’ils hésitent à les envoyer jouer au parc, je suis perplexe. Je ne peux pas m’empêcher de penser que la menace la plus réelle et tangible dans la vie de nos enfants se trouve juste là, sous notre toit, dans les méandres de l’ordinateur familial ou dans la salle de discussion d’un jeu en ligne.

J’ai découvert grâce Nellie Brière, ce guide pour Instagram pour les parents.

À LIRE: S’avouer vaincue

Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com
Pour réagir sur Twitter: @genpettersen
Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)