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Culture

Arts, communications et médias: les éveilleuses de consciences

Alors que le Québec faisait ses premiers pas pour sortir de la Grande Noirceur, de courageuses pionnières se sont levées pour libérer la parole des femmes, abordant des thèmes jusque-là tabous. Voici trois des plus marquantes: Janette Bertrand, Aline Desjardins et Alanis Obomsawin.
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Arts, communications et médias: les éveilleuses de consciences

Photos: Joanie Fortin, Julien Faugère, La Presse Canadienne

Des années 1960 aux années 1990, l’émancipation des femmes passe par des canaux créés pour elles. Ainsi, la journaliste Aline Desjardins anime, de 1966 à 1979, le magazine télévisé Femme d’aujourd’hui, sur les ondes de Radio-Canada. Sous sa gouverne et sous celle de sa productrice, Michelle Lasnier – qui avait, en outre, cofondé Châtelaine avec Fernande Saint-Martin en 1960 –, des thèmes délicats sont abordés: l’avortement, la contraception, la violence conjugale, le divorce, l’homosexualité féminine ou l’égalité entre les sexes.


Lauréate du Prix Châtelaine: Anaïs Barbeau-Lavalette
Catégorie: Art, communications et médias


Femme d’aujourd’hui donne la parole à des expertes peu interviewées dans les autres médias. «Les femmes ont pu prendre la parole», analyse Josette Brun, professeure titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval et experte de l’histoire des femmes et des médias. «Ça a permis au féminisme d’être entendu parce que dans les bulletins d’informations, on ne parlait pas beaucoup des enjeux qui touchaient les femmes.»

À la même époque, une certaine Janette Bertrand entre dans l’espace public. Son téléroman Quelle famille!, coécrit avec Jean Lajeunesse et diffusé de 1969 à 1974, met en scène la famille Tremblay, qui évolue en pleine Révolution tranquille. Des sujets tabous – comme les problèmes conjugaux et le désir des femmes d’intégrer le marché du travail – sont explorés aux heures de grande écoute.

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Avec la table ronde Parler pour parler (1984-1994), dont elle assume la recherche et l’animation, et la série dramatique Avec un grand A (1986-1996), dont elle signe les textes, Janette Bertrand aborde des thèmes encore plus délicats. Ménopause, violence conjugale, prostitution, homosexualité, tout y passe. Des artistes appréciées du public, comme Ginette Reno et Clémence Desrochers, interprètent des personnages d’Avec un grand A.

Alors que la télévision grand public s’adresse à une majorité plutôt uniforme et laisse peu de place aux minorités et aux Premières Nations, l’artiste abénaquise Alanis Obomsawin trace son propre chemin. Elle présente d’abord, ensemble, des chansons autochtones traditionnelles et des histoires, en anglais et en français, avant de devenir consultante pour l’Office national du film du Canada dans des projets liés aux peuples autochtones, puis cinéaste, au début des années 1970.

«Son souci de donner la parole aux femmes autochtones traverse toute son œuvre», observe Josette Brun. À travers sa soixantaine de documentaires, elle montre les enjeux sociaux et territoriaux avec lesquels les communautés autochtones doivent composer. Ainsi, Kanehsatake: 270 ans de résistance (1993) offre un rare point de vue autochtone sur la crise d’Oka de l’été 1990.

Son travail et sa présence dans l’espace médiatique ouvrent la voie à des jeunes de communautés autochtones, dont l’artiste multidisciplinaire anishinaabeg Caroline Monnet; celle-ci lui a rendu hommage avec une grande fresque photographique créée dans le cadre d’une exposition qu’elle lui a consacrée au Musée d’art contemporain de Montréal en 2024.

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COLLABORATION À LA RECHERCHE: Marie-Ève Paré ET Isabelle Pronovost

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Julie a été rédactrice en chef de Châtelaine de 2023 à 2025. Elle baigne dans l’univers du magazine depuis plus de 25 ans, ayant notamment été à l’emploi de Protégez-Vous et de L’actualité. Sa plus grande passion? La cuisine. Elle est même allée jusqu’en Italie pour apprendre à confectionner des pâtes comme les nonnas.

Amélie Cléroux

Amélie est adjointe à la rédaction chez Châtelaine et journaliste pigiste. Bien qu'elle soit une généraliste – curieuse et assoiffée d’apprentissages –, elle a développé plus d’expertise sur les sujets touchants la consommation durable et responsable sous toutes ses facettes, le plein air et l’équipement qu’il nécessite, les expériences de voyage et l’éthique en tourisme, de même que l’alimentation, le bien-être et la santé.

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