Cancer: une révolution née dans les salles d’attente?

Des initiatives pour humaniser les salles d’attente des patients atteints du cancer.

 
Photo: Maude Chauvin
Photo: Maude Chauvin

Tout ça a commencé dans la salle d’attente, il y a une trentaine d’années, se rappelle le Dr Guay qui, à cette époque était déjà chef du département de radiooncologie de l’hôpital Notre-Dame, devenu depuis le CHUM. « Les traitements de radiothérapie contre le cancer du sein, c’est tous les jours pendant des semaines, raconte-t-il. Les mêmes patientes se rencontrent jour après jour. Et se parlent. De leur maladie et de leurs traitements mais aussi de leurs problèmes de voyagement, d’hébergement, du besoin de partager avec d’autres femmes.»

Pour répondre à ces besoins, une de ses collègues a commencé à offrir aux patientes des séances de massage et de méditation, bricolées avec trois bouts de ficelle. C’est comme ça qu’est née la Fondation Virage, le berceau des soins complémentaires en oncologie, qui aujourd’hui peut compter sur environ 70 bénévoles et un conseil d’administration qui, bon an mal an, réussit à aller chercher les 200 000 dollars qu’il faut pour faire fonctionner l’organisme.

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Pendant ce temps, à l’autre bout de la ville, une montréalaise quémandait la permission de servir du thé et du café dans la salle d’attente du département d’oncologie de l’hôpital général juif de Montréal. Une façon simple d’entamer la conversation avec les patients.

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Sheila Kussner était déjà passée par là. À 14 ans, elle n’avait survécu à un cancer qu’en acceptant d’être amputée de la jambe gauche, un traitement qu’elle avait trouvé plus traumatisant que la maladie elle-même. Vingt ans plus tard, mariée et mère de deux enfants, elle s’est retrouvée dans les mêmes couloirs avec son mari atteint d’un cancer à son tour. Et a découvert que rien n’avait changé, que les patients devaient encore se débrouiller seuls avec leurs angoisses et leurs questions. C’était en 1981. Aujourd’hui, c’est de loin que Sheila Kussner, 85 ans, veille sur la destinée de son bébé. Hope and Cope, devenu depuis L’espoir c’est la vie. C’est le plus important organisme du genre avec plus de 500 bénévoles et un budget annuel qui dépasse le million de dollars.  Nous rejoignons entre 80 et 140 patients par jour, dit la directrice Suzanne O’Brien. Nous pourrions en accommoder le double.»

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