Guide alimentaire canadien: ce qu’on doit savoir

Le nouveau Guide alimentaire canadien met l’accent sur les protéines végétales, les grains entiers, les fruits et les légumes. L’analyse de cette nouvelle version par la nutritionniste Cara Rosenbloom.

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Photo: Santé Canada

Bien manger. Bien vivre. Voilà le message que transmet le nouveau Guide alimentaire canadien. Après des mois de spéculations sur ces importantes recommandations du gouvernement, la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, vient de lancer le nouveau guide lors d’une conférence de presse tenue à Montréal.

La nouvelle mouture est beaucoup plus étoffée que l’ancien guide, en forme d’arc-en-ciel, qui tenait sur une page. Elle s’accompagne aussi de ressources en ligne, comme des conseils pratiques, des vidéos et même des recettes: guide-alimentaire.canada.ca.

Dans le nouveau guide – qui ne décrit pas seulement ce que les Canadiens devraient manger, mais aussi comment ils devraient manger – les illustrations ont été remplacées par de vraies photos d’aliments. La première page présente la photo d’une assiette, accompagnée des recommandations suivantes pour manger santé :

  • Mangez des légumes et des fruits en abondance (la moitié de votre assiette);
  • Mangez des aliments protéinés (le quart de votre assiette);
  • Choisissez des aliments à grains entiers (le quart de votre assiette);
  • Faites de l’eau votre boisson de prédilection.

À l’endos du guide, on rappelle aux Canadiens de prendre conscience de leurs habitudes alimentaires, de cuisiner plus souvent, de savourer leurs aliments et de prendre leurs repas en bonne compagnie. On leur conseille aussi de consulter les étiquettes des aliments, de rester vigilants face au marketing alimentaire et de limiter leur consommation de sodium, de sucre et de gras saturés.

Le document de deux pages destiné aux consommateurs s’accompagne d’une publication à l’intention des professionnels de la santé et des responsables des politiques, qui s’intitule Lignes directrices canadiennes en matière d’alimentation. Celles-ci sont fondées sur les données probantes de sources scientifiques, qui peuvent être consultées en ligne. Pour mettre au point ces documents, Santé Canada a examiné plus de 100 rapports traitant de l’alimentation, et précise que les études commandées par l’industrie ont été exclues, pour éviter tout conflit d’intérêts.

En fait, les craintes véhiculées par les médias concernant l’influence des entreprises alimentaires, des regroupements de producteurs spécialisés et des lobbyistes dans l’élaboration du guide alimentaire n’étaient pas fondées. Santé Canada est resté fidèle à sa mission et n’a pas rencontré les représentants de l’industrie pour discuter du guide. Le document final est fondé sur les données scientifiques les plus à jour en nutrition, sans tenir compte des opinions de l’industrie. C’est une victoire pour les Canadiens.

Qu’y a-t-il de nouveau dans ce guide alimentaire?

L’accent sur les protéines végétales

Tel qu’on s’y attendait, le guide recommande de consommer des protéines de source végétale, comme les haricots, les lentilles et les noix, au lieu de toujours choisir des protéines animales comme la viande, la volaille et le lait (qui font encore partie du guide, mais en quantité moindre). On est loin des quatre groupes alimentaires préconisés depuis des décennies, qui faisaient la part belle au lait et à la viande. Cette nouveauté, qui fait couler beaucoup d’encre dans les médias, ne plaît sans doute pas à l’industrie laitière et aux producteurs de viande.

La prépondérance des grains entiers non raffinés

Par le passé, les produits céréaliers comprenaient les grains raffinés et les grains entiers, alors que maintenant, seuls les grains entiers sont recommandés. L’idée de remplir le quart de son assiette de grains entiers pourrait répugner aux entreprises qui vendent des produits céréaliers raffinés (pain blanc, pâtes, céréales et riz), mais aussi à ceux qui croient que l’on devrait privilégier les diètes sans gluten ou faibles en glucides.

La réduction de la consommation de sucre – surtout dans les boissons

Le guide recommande clairement de réduire le sucre, en particulier celui contenu dans les boissons. Les boissons sucrées (boissons gazeuses, lait sucré et jus) sont la plus importante source de sucre dans l’alimentation des Canadiens. Elles sont donc mises de côté au profit de l’eau, du lait, des boissons végétales, du café et du thé. Ce qui n’est pas sans déplaire au Canadian Juice Council, financé par Pepsi et Coca-Cola. Le nouveau guide conseille aussi de réduire la consommation d’alcool, en raison de ses liens avec les maladies du foie et certains types de cancers.

Combien de portions?

La deuxième partie du guide sera lancée plus tard en 2019. On y indiquera les quantités de nourriture à consommer au quotidien. Mais – ô surprise! – ce document sera destiné aux professionnels de la santé et aux responsables des politiques, pas aux consommateurs. Il sera utilisé pour planifier les menus dans les garderies, les écoles, les hôpitaux, les résidences pour personnes âgées et les centres de soins de longue durée.

Le seul modèle à suivre est donc celui de l’assiette du Guide alimentaire canadien, qui nous montre la proportion de protéines, de grains entiers, de légumes et de fruits à consommer. Des études auprès de groupes de consultation ont révélé que ce modèle était beaucoup plus facile à comprendre qu’un nombre de portions quotidiennes à calculer.

Ce guide était très attendu et amorcera sans doute des discussions. Un autre document à venir fera des recommandations pour les Premières Nations, qui ont un plus haut taux de diabète de type 2 et davantage de problèmes alimentaires que les autres Canadiens. La discussion ne fait donc que commencer.

Cara Rosenbloom est nutritionniste, autrice, créatrice de recettes et experte en tendances culinaires.

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