Santé

Le mirage détox

Notre rédactrice en chef adjointe, Johanne Lauzon, parle des régimes détox qui abusent parfois (souvent) de la crédulité des gens.

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« Cinq astuces détox », « Le régime détox des stars », « 10 jours de jus ». Voilà des titres accrocheurs qui nous font croire qu’il faut nettoyer notre corps de toutes ses impuretés. C’est la période bénie pour ces promesses bidon. Repentante après les excès des fêtes, on cherche le salut dans tout ce qui pourrait nous permettre d’obtenir un regain d’énergie et d’éliminer les kilos en trop. Parce que derrière ces cures se cache un énième régime amaigrissant. Bannir alcool, café, sucre, céréales, viande, produits laitiers… et ingurgiter des suppléments vendus
à prix d’or.

Qu’avons-nous de si « sale » à l’intérieur ? Des toxines ? Des déchets ? Rien.

À moins d’une maladie grave, le foie, les reins, les intestins, la peau et les poumons jouent ce rôle d’élimination nécessaire à la survie, disent les experts. Nul besoin d’avaler des poudres de perlimpinpin pour purifier son organisme. Pire, ce qu’on trouve dans ces potions magiques est loin d’être sécuritaire. Santé Canada a déjà fait un rappel pour un produit issu de la médecine ayurvédique qui contenait du plomb.

Ce n’est pas avec ça qu’on se refait une santé… Des comprimés censés nettoyer le côlon contiendraient un agent de polymérisation qui transforme les selles en une espèce de matière plastique glissant bien dans la cuvette des toilettes. La belle illusion – non, il ne s’agit pas du résultat d’un décrassage ! Selon le grand chercheur en médecine complémentaire Edzard Ernst, cette industrie est condamnable. « C’est une exploitation criminelle de la crédulité de Monsieur et Madame Tout-le-monde, a dit récemment le professeur britannique au quotidien londonien The Guardian. Ça répond à quelque chose à quoi nous aspirons tous : un remède simple qui nous libérerait de nos péchés. Nous voudrions y croire mais cela n’existe pas. » Ah ! ce fond judéo-chrétien…

Pour écrire à Johanne Lauzon: Johanne.Lauzon@chatelaine.rogers.com

Pour réagir sur Twitter: @joa_lauzon