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Culture

Lire Anaïs Barbeau-Lavalette: 5 oeuvres inoubliables à découvrir

Anaïs Barbeau-Lavalette est engagée, voire indignée. Elle manie les mots avec virtuosité pour nous forcer à regarder ce que nous ne voulons pas voir. Mais lire cette brillante autrice, c’est aussi entrer dans un monde rempli d’espoir, écrit la chroniqueuse littéraire de Châtelaine, Myriam Comtois.
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Lire Anaïs Barbeau-Lavalette: 5 oeuvres inoubliables à découvrir

Photo: Andréanne Gauthier

La plume sensible et poétique d’Anaïs Barbeau-Lavalette révèle les failles d’une société abîmée depuis le tout premier roman qu’elle a publié, Je voudrais qu’on m’efface (2010), qui raconte la vie de trois adolescents dans un quartier défavorisé de Montréal. Depuis lors, les œuvres de la romancière trouvent écho un peu partout sur la planète (on peut la lire dans une douzaine de langues), car elles atteignent le grand en parlant du petit.

Avec La femme qui fuit (2015), Anaïs entre dans le cercle restreint des autrices québécoises à succès. Ce deuxième roman examine le passé nébuleux de sa grand-mère, l’artiste Suzanne Meloche, qui, excédée par l’état d’asservissement auquel la réduisent ses obligations familiales, a abandonné ses enfants au tout début des années 1950. Dans de courts chapitres adressés à son aïeule, la romancière remonte le fil de son histoire familiale et reconstitue avec sensibilité la vie de Suzanne, à l’aide de lettres et de notes découvertes après le décès de celle-ci. Ce faisant, Anaïs raconte le Québec du Refus global, mais, surtout, elle illustre la fulgurance des douleurs entraînées par les traumatismes qui se transmettent de génération en génération.

Dans Femme forêt (2021) et Femme fleuve (2022), Anaïs exprime haut et fort ses préoccupations environnementales. «Elle a clairement un pied dans l’action et le militantisme. Ces deux romans rendent compte d’interrogations et d’explorations qui s’inscrivent dans l’écoféminisme», affirme Élise Lepage, professeure agrégée en littérature québécoise à l’Université de Waterloo, en Ontario. Le premier suit deux familles isolées dans une seule maison le temps de quelques saisons, avec la nature comme seul terrain de jeu. Un huis clos d’une poésie grisante où l’écrivaine s’interroge sur les liens que nous tissons avec la nature et sur les émotions que la vie nous fait vivre. Dans Femme fleuve, les personnages sont décrits comme des éléments de la nature: les algues, la mousse, le fleuve lui-même. «Ils semblent de la même matière que les lieux où ils se trouvent. L’écriture souligne une sorte de fusion entre l’être humain et le territoire», note Élise Lepage.

Cet automne paraît Architectures de la joie, une jolie correspondance entre Anaïs et le comédien et auteur Steve Gagnon, qui a débuté lorsque le second a lancé à la première cette question candide: «Comment trouver le chemin de la joie?». S’est alors engagée une conversation intéressante et complexe où les petits détails du quotidien, le passé chargé de colère et les souvenirs heureux se mêlent aux réflexions inspirées de lectures et de la rêverie philosophique des deux écrivains. Des lettres intimes, émouvantes et drôles qui nous permettent de prendre un pas de recul pour apprécier la grandeur des petits riens.

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